..... que l’on découvre parfois au détour d’un chemin, en un éclair léger ou un simple battement d’aile. Puis encore une attirance animale, végétale, pour un ailleurs, comme si tel ou tel personnage de l’univers, tel héros imaginaire, telle chimère, étaient nôtres, nous donnant l’impression d’un déjà vu.
Dans certaines religions, disent-elles, on aurait plusieurs vies, pas toujours humaines, dans l’attente d’une perfection. Ainsi on ne doit faire souffrir ni tuer aucun animal. Il nous faut respecter le végétal, remettre les choses à leur juste place, car tout objet est vivant.
Ainsi certains peuples dits primitifs, quand ils vont à la chasse nourricière, prient pour l’âme de la bête lui demandant de les excuser. Ils ne tuent pêchent cueillent jamais au-delà du nécessaire. La mal existence du monde vient de cet oubli ce mépris ce rejet même, orgueilleux avide suffisant, de l’homme dans sa désespérance.
Je crois en cet appel venu de la nature extrême. Les chiens ont des regards d’admiration de regret plus souvent d’adoration, sans jamais manifester le moindre désamour. Les chats, eux, semblent plus féminins, c'est-à-dire profonds intérieurs secrets mystérieux, pensifs, ils sont «morceaux de poésie»... Mon cœur balance !
Chacun de nous possède sa correspondance, sa coiincidence de vie, encore faut-il la retenir, l’écouter, l’entendre.
Je me souviendrais toujours de ce serpent sur la piste, j’ai su plus tard une vipère cornue... J’ai ralentis et suis passé en bien la contournant. Yousoufo, le «boy» qui m’accompagnait, avait pourtant élevé la voix en disant avec insistance : «crase-le l’est méchant». Je l’ai laissé disparaître dans la brousse de son pas tranquille, pépère... Alors Yousoufo m’a regardé avec étonnement, perplexité, marmottant en lui-même : il est fou ce «blanfoué», tout comme les autres d’ailleurs.
Cela n’a demandé que quelques secondes, infinies cependant, en un temps pesant palpable épais.
J’ai à peine réfléchi, mon action était celle d’un grain de poussière dans l’univers immuable éternel qui me dépasse. J’admirais sa démarche sinueuse et lente, amicale, paisible, un peu lourde, si sûre.
Le drame de notre vécu, ce mal de vivre dont sans cesse on nous instruit, semble la perte des repères du vivant qui nous entoure. Le mythe biblique de l’arche de Noah conte la vie comme un tout. Sinon tout sombrera...
Et nous sommes au pied de l’océan !
Guy