humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
18 12 14 Déjà, tout gosse, mes premières interrogations … voguaient sur le mystère du Divin. Je me souviens de séances de pré maternelle ; deux vieilles anglaises avaient ouvert un atelier d’éveil, elles nous fourraient les mains dans la peinture en pâte, avec des doigts pinceaux. Elles nous énuméraient pour commencer les multiples couleurs… les bleus turquoise, les verts émeraude, l’indéfinissable caca d’oie. Et nous les artistes en herbe découvrions la Toscane italienne dont les vagues en collines’couleurs m’enchanteraient plus tard.

Terre de Sienne, brûlée de préférence, je n’avais pas trois ans, je crois, j’étais «bout de chou», déjà j’appréhendais du vivant un peu du grand mystère. Et Dieu là dedans… mais c’était la Couleur n’en doutez pas. Merci maman pour cette initiation à la beauté comme une joie, une peinture, divinité première.
/http%3A%2F%2Fperlbal.hi-pi.com%2Fblog-images%2F112589%2Fgd%2F1256324647%2FFemme-deesse-2009.jpg)
Mon papa était musique : il possédait un grand meuble qui faisait du bruit, il l’appelait «Sa Tin’sef», en acajou à facettes avec des lampes cachées derrière le grand portail du Rêve. Il y passait des disques de chansons espagnoles, où l’on parlait chantait riait de «séguedilles en castagnettes je crois », avec des voix gaies chevrotantes à l’ancienne ; les grands dansaient même…

C’est bizarre, j’associais la musique avec le mystère. Des fois je voulais savoir ce qu’il y avait d’Humain derrière le portique d’acajou : il n’y avait cependant que des fils des bobines. Alors je comprenais que le réel réel me serait difficile à décoder. Ainsi je pris l’habitude de transposer le vrai le concret en des images de sons de couleurs. Et si… Le monde n’était que figuration, du second degré.

La guerre vint, les mécanismes devenaient irréparables, mais la magie n’avait jamais disparue, elle déclenche encore d’ailleurs l’intense rayonnement du divin qui nous embarque, nous mène, nous tient la main, nous fait voguer dans notre cher hier.
/http%3A%2F%2Flemotetlachose.blog.lemonde.fr%2Ffiles%2F2013%2F11%2Fdivinecomedieenluminee_Leguay_Dervy.jpg)
Plus tard j’ai su que le divin se vêtait de sons et lumières.
Vous direz : mais toi l’enfant devenu homme, tu l’as toujours su !
Guy