humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Le jour où je suis entré en guerre…
…ce fut par le grand portail de la caserne, quartier d’Eckmuhl à Oran.
La sentinelle gardait l’entrée, filtrant les appelés, lesquels entraient ô combien hésitant. Colette qui m’avait accompagné, restait en extérieur. J’eus forte envie de la serrer encore une fois dans mes bras. Le soldat de garde refusa : naiive hérésie ! On entre avec un billet bleu, c’est le jeu, mais on n'sait jamais quand on sort.
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Un mystère indispensable à la magie militaire, la ligne d’arrivée étant celle d’un non retour. *Quand je partis réellement faire la guerre, ce fut un peu plus tard. La montagne !

Je devais tirer au canon. On m’y prépara. Hausse, dérive, logarithme, pas d’erreurs, garde à vous, point permis. L’ennemi était de chiffres de lettres, et d’angles interdits. On chantait bien quelque chanson sur un artilleur inconnu, amoureux de son canon… Aussi ne trouvais point amusant la situation. Pas du tout même ! Colette espaçait ses missives, elle n’aimait pas trop écrire voyez-vous…

Lors de nos longues canonnades, par les longues nuits romantiques étoilées, j’entreprenais quelque poème pour chanter mon ennui : car, j’avoue, je croyais bien être malheureux. J’en ai retrouvé un, voyez-vous. Faut-il être bête quand on a vingt quatre ans. De toute façon, gente dame, *normale, mon amie m’avait vite quitté, oublié je ne sais.
Car vous comprenez, la guerre c'n’est guerre sérieux.

Pourquoi je vous en parle ? Mais pasque les nouvelles ne sont pas bonnes aux infos.
Guy vingt-quatre ans dans le Djebel Algérien le spleen de l’aimée perdue...
Voici donc le texte retrouvé, cinquante ans d’âge !
« En pensant à toi Colette »
Dans la nuit du soldat sans armes
le canon jette sa haine, il rallume soudain la détresse
puis de la guerre toute la tristesse
Dans la brume lourde de l’automne
qui pèse, qui tonne, d’un alcool sombre est noyé ton verre.
petite lueur de la nuit, ta cigarette
est loin par terre, comme mégot
qui brûle que tu jettes puis tu t’en vas tu fais la guerre
Le canon jette toute sa haine ?
Pourquoi le brouillard pesant, la nuit lourde de ceux qui veillent
Sont-ils plus fluides quand le canon en longs sanglots jette sa peine.
D’un alcool sombre est noyé ton verre...
Il tonne, tu écoutes sa voix grave
qui n’a ni cœur ni patrie ni amie, tu le supplies de se taire.
Mais voilà tu fais la guerre
GUY