humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Un jour à table mon papa fit tinter un verre en cristal pour épater maman. J’avais trouvé cela rigolo. Déjà quelque peu organisateur, je sortis le service de ma maman enfermé soigneusement (le service) dans une vitrine ? Il ne servait à rien, qu’à faire beau, bien que nid à poussière d’araignées.
Avec ma tite sœur Michoulou, nous alignâmes les récipients, les emplîmes de bonne eau du robinet (en anglais tap water), faute de vieux bordeaux ou de Château neuf coteaux du Pape rouge, expression ben goûteuse n’est-ce pas ?
Et avec une fourchette, en tapant sur les bords, on donnait naissance à des sons mélodieux. Vite nous compliquâmes l’affaire en emplissant le réceptacle à moitié, au quart, au cinquième, à l’ouie d’œil, etc.
Et nous réussîmes peu à peu à produire de douces musiques, de gracieuses mélodies, par exemple «do ré mi fa sol - la ’ si dorée» ou même «papa les tis bateaux qui vont sur l’eau… ont-ils des èh’ail-es» ? J’adore la suite…
Cela s’est su dans le quartier et des gamins, certains de faciès inconnu, montaient à l’étage. Avec le temps un véritable orchestre, parfois cacophonique pardon, s’était établi car on se mettait à plusieurs pour taper sur les verres. Je commençais à me sentir une aura de créateur et j’envisageais un concert pour la fin des classes.
Une voisine a tout rapporté à ma mère qui mit le Hola.
Alors faute d’instruments de travail aux tonalités magiques, on se rabattit sur l’orchestre habituel de saison, couvercles-cymbales, casseroles-guitares, grosse bassine-de-zinc boum-boum avec cependant catcharroulo et zamboumba… Lesquels produisaient toutefois un ti quelque chose d’original et d’hilarant ! Ainsi ma deuxième vocation fut annihilée.
Mais je n’avais pas dit mon dernier mot.
Guy