humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
…On l’appelle ma foi le chemin des escholiers.
C’est amusant «à dormir debout». Mais cette histoire ne peut être soporifique, sinon je vous ferais bailler en la contant. Nous venions d’arriver en Madagascar, quand ce fut la fête du Bain de la Reine. Le personnel avec des tambours et des trompettes sonnait à ma porte... Etonné j’ouvris et vis l’orchestre disparate, chacun avec le sourire et merveille un cadeau !
L’un une oie, l’autre un canard, le troisième une paire de poules, et mm des pigeons -dont on avait coupé les plumes des ailes- cela ne pouvant s’inverser. En échange, il fallait du rhum et du tafia. Alors ils se mirent à jouer une sérénade, de juste voix mes chers(es), accompagnée de force coup de chapeaux. Pour les remercier, du rhum local à foison. Plus je leur en donnais plus ils faisaient résonner la grosse caisse, boum boum !
A leur départ en musique, j’entrepris donc un poulailler, avec du grillage une casserole d’eau une grosse marmite de riz vieux et des épluchures. La «ramatoa», autrement Madeleine, amenait les épluchures au grillage, à cinquante mètres de la maison. A force d’y aller elle avait tracé dans la concession de hautes herbes un chemin zigzagant poétique languissant amen. Pourtant les pieds de Madagascar comme beaucoup de pieds du monde préfèrent la ligne la plus simple facile droite courte rapide (?) etc, et surtout point tordue…
Par la suite, me suis rendu compte que ceci était coutumier en cette contrée d’hémisphère sud. Je cherchais longuement. Et je compris enfin la juste raison : le terrain quelque peu montueux, faisait de çi de là hésiter la marche, entre le contournement d’une buttée malencontreuse plutôt qu’une montée légère mais toujours fatigante.
Plus tard, on me répétait Amour Amour, à toutes mes tentatives de ligne droite, alors je m’y suis habitué voyez-vous ! Même plus tard dans un lycée cartésien de Normandie, je fis tracer les allées sur la pelouze non par un géomètre -grossière erreur- mais préalablement par les pieds des potaches. Lors le chemin devenait voluptueusement-sinueux, atchoum, à vos souhaits.
C’est ainsi que j’inventais une nouvelle géométrie appliquée, celle de l’Amour Amour. Avec l’effort minimum de l’Instinct. Pas trop vite le matin tout doucement le soir.
La ligne la plus courte n’étant pas la meilleure bien entendu...
Guy