humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Tout commence vers leur troisième année. Le papa, bon à peu et tête en l’air, les oublie dans la voiture où ils dormaient, semble-t-il, comme les enfants des contes de la fée Carabosse. Las, la fourrière imbécile va emporter l’automobile mal garée au dépôt minucipal... Les marmots dorment toujours, bouche ouverte poings fermés, anges blonds, innocents, sur la banquette, sans ... de rien se douter.
Ils se réveillent, commencent à se battre comme de coutume, en criant : on veut manger, on veut boire, on veut une maman... La gardienne affolée par tout ce tintamarre, sort en bigoudis, tignasse hirsute, mal démaquillée, leur ouvre la portière. Ouf !
Ils déambulent alors sur le trottoir, entrent dans une vitrine de pâtissier, s’empiffrent de tartelettes à la liqueur. La boulangère, effarée, ouvre des yeux ronds, implore le ciel, téléphone enfin au bureau des enfants trouvés. Un abruti de fonctionnaire de service mal payé se trompe, zappe sur les objets trouvés.
On les prend par les pieds, on les place sur une étagère poussiéreuse, avec des étiquettes en latin, le garçon tenant toujours dans sa main la bouteille de kirsch chipée dans la vitrine.
Les enfants se re’sauvent, s’ennivrent atchoum. Et puis se dirigent en titubant vers la forêt minicipale de sapin de noêl mis en réserve, trouvent un ermite à longue barbe si longue si longue qu’elle lui sert de manteau, seul son nez brillait dans la pénombre chevelue, comme celui du chien de la mère Denis, vous savez un coton de Tuléar, tellement poilu-bouclé-mouton’frisé que l’on ne voyait que la truffe mouillée. L’ermite leur offre des pilules magiques pour devenir munuscule, avec un sézame secret, chut, top défense, afin de jouer au géant.
Lors, ils deviennent si petits que pour eux une coccinelle semble un cheval de labour ou bien si tu veux un palefroi de chevalier, une fleurette modeste devenant grand chêne rustique de Brocéliande par évidence. Ils trouvent enfin un hélicoptère posé sur une marguerite. Ils grimpent sur le dos de la libellule-machine, vroumb, rlwwiz, shnaff, s’envolent ravis, découvrent un morceau choisi d’univers !
Le garçon dit alors à sa sœur : regarde...dis moi où maman crèche ? A trois ans, savez-vous, on apprend plein de mots bizarres à la maternelle. La sœur plus dégourdie comme le sont souvent les filles à ces âges tendres désigne une maison bleue sur la colline, sic, dans laquelle vivait une communauté de mères porteuses clandestines. Un rôti des plus appétissant fumait cependant sur le barbecue. Ils demandent à dame libellule-hélicoptère de bien vouloir les déposer, poussent enfin le sézame, etc.
Ils embrassent les mamans attendries. Sur ce, advient un papa... Les mamans en chœur lui disent que l’on ne peut oublier des enfants dans une voiture, que ça ne se fait pas, que cela est impossible, que jamais même les medias de l’horreur n’auraient osé pensé imaginer pareille cruauté. Elles le renvoient à coups de rouleaux de tapisserie.
Bien fait.
GUY
PS - Les jumeaux hétérozygotes étaient de même mère mais avaient été conçus juste l’un après l’autre, à trois minutes près, étrangement presque ensemble, par deux papas bien différents ! Sic ! Cela explique ceci. C’était d’ailleurs montré hier à la télé en indirect. Miracle de l’amour. Une émission, je n’te dis pas ! Interdite aux moins de trois ans. Quant aux mères porteuses, elles sont bien portantes, merci.