humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
L’était donc une fois un gars tout à fait médiocre, la trentaine bedonnante, qui vivait bien au chaud chez sa maman !
Un jour advint un évènement étrange : sa maman pourtant si sage, fit une fugue... Il l’attendit longtemps, dépensa son maigre pécule. Enfin, sa vie dut la gagner. Of course. Situation nouvelle, imprévue, without solution. So and so. La voisine d’en face l’aimait en secret. Elle vivait seule chez sa mère grand, comme le content les vieux romans policiers, dans une soupente ombre lumière perroquet. Elle frappa à sa porte pour lui donner une idée : Vas à Niouw Yiork, on y demande des garçons d’ascenseur, français d'éducation ou d'apparence, fais fortune, reviens m’épouser. Je t’attendrais. Quel romantisme ! Elle tirait là sa dernière cartouche, son chignon commençant à griser... Bien coiffée, quel charme cependant elle avait ! Ö my love.
...Il fut engagé : son job consistait à appuyer sur des boutons de couleurs variables au gré de la demande, sans se tromper, yiès, en cravate s’il vous plaît, l’air béat et satisfait. Comme dans les photos des séries B. Prenez garde, ô my smiling frenchy : il te faudra absolutly ignorer le treizième étage, qui d’ailleurs n’existe pas, supprimé par ordre de la direction. Cela même si on te le demande en insistant...
Toujours imperturbable, impeccable et bien habillé, with sweet charming, and french touching, il appuyait sur des boutons en valet stylé, se détournant discrètement pour ne pas voir quelque scène délicate ou scabreuse : harcèlement, baisers sur la bouche en apnée, mains baladeuses, conversation mafieuse, secret politique ou bien ésotérique, pornographie inavouable avouée. Quand un jour ce qui devait arriver arriva ?
Une dame chapeautée, gantée de noir velours, demanda en minaudant : le treizième, please, my dear ! E*tonné… il chercha en tâ*tonnant. Ces mots ne pouvant s’inverser. Ne trouvant pas le bouton rouge, il appela la direction : je ne peux satisfaire une cliente étrange qui veut absolutly monter au treizième ciel du sky-gratte, avec moi ! Impatiente, la voilà d’ailleurs qui me grimace, ô my heart !
La dame d’en bas toute de rose à son habitude pomponnée, lui dit alors -en se signant- dans son mauvais anglais : la dame au velours noir, la black velvet, ô la la, mais c’est la mort qui veut t’emmener. Ö toi mon petit français que j’adore. Yo te quiero. Et elle se mit à pleurer. En latino espagnol. Au téléphone cela s’entendait.
Il sourit sans écouter, vers son destin il lui fallut aller, au quatorzième *ô le pauvre gars, puis redescendit à pied jusque à l’étage du dessous, tenant la main glacée de la dame juponnée enrubannée, à l'élégance gothique distinguée, poussa la porte et disparut... Ö my god.
On ne le retrouvera jamais. La dame en rose du rais de chaussée, dont on déjà parlé, garda précieusement sa paye dernière, dans une boîte à soulier au cas où un jour il reviendrait. Avec la médaille de Marine gagnée par son papa, héros de la guerre des Pashtouns à Kaboul.
Guy