humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Dans une ruelle perdue
du vieux Paris d’hier,
un immeuble mouillé
chaussé de pavés gris.
D’allure géométrique austère,
portant presque beau,
il offre cinq étages...
désespoir et misère,
d’une humanité dégradée.
Chaque palier conte son histoire
injurieuse graffitée,
chaque porte en bois ancien
s’ouvre honteuse vers un monde... laissé.
Dans les pays du Sud, ô ma lumière
le vertical des pauvres est différent,
il s’étend en aplat en colline,
d’arbre en arbre protégé
contourné, il chemine
entre les pans de papier mâché
de tôles rouillées qui entourent
un petit espace d’ombre,
paix familiale convivialité,
de minuscules courettes où flotte
le linge au vent léger !
On y entend des fois,
si tu veux bien écouter,
la mélopée étrange
venue du fond des âges,
... intemporelle et lente,
gutturale rythmée,
une aiieule berce un bébé.
Laideur lassitude tristesse, ô ma beauté,
la misère suinte et pleure
là et ici comme ailleurs,
en gouttes de larmes,
de souffrance, de pluie...
Et dans le fond du puits
la lumière froide des jours mauvais...

On y sent, cependant ô ma tendresse,
percer le voile timide étonné
de cette antique charité,
faible fragile douce clarté
venue... de mondes oubliés.
Une fois un immortel bien habillé
quelqu’un de la ville, tu sais,
est arrivé, comme ça, disait-il
pour les sauver...
Nous allons vous loger
dans de grandes maisons fières,
mathématiques dignement cimentées !
Cependant les hommes ne voulurent pas
s’en aller vivre ailleurs solitaires
dans des paliers d’ombre grise griffonnés
sans cette frêle lueur d’humanité
dont nous avons parlé.
Un peu d’amour, ô mon amour,
de connivence d’intimité,
un sourire que l’on cache
... vers toi adressé.
Ainsi chaque homme espère
ce court instant de liberté,
tu sais cette brûlante étincelle
qui traverse à jamais le souvenir !
Etait-ce cela le bonheur ?
Dans ces mondes à plats,
on abandonne rarement,
à la dure vie des aveugles,
l’homme blessé, la fille mère...
On arrive toujours et encore
à partager.
Guy
Un texte inspiré par certains articles
d’un blog qui m’est devenu cher, et
sur une expérience Africaine, où
la folie orpheline de la Ville était
soignée par la chaleur du village tout entier