humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Après la pluie, les oiseaux reviennent. Picorer les figues sur le sol tombées.
Ils doivent terminer les pauvres le fruit dans l’arbre laissé. Presque mûr, hier avant l’orage…
Mais l’oiseau est ainsi, il ressemble à l’homme, il mange parfois jusque à plus faim ou bien par caprice d’enfant gâté ? Il avait entamé la figue d’un coup de bec bien à lui, puis posé quelque goutte de senteur musquée afin de mieux la retrouver.
Le chat lui s’était endormi.
Et moi, derrière la vitre, rêveur je regarde le jardin mouillé. La danse de la vie tu sais. Le vert de l’herbe en une dentelle de gouttes revêt sa tunique neuve brodée d’or et d'argent gris perlé. Ou bien de vermeil bruni comme chevelure de jeune fille qui se métamorphose. Tout resplendit ! La fin du monde s’en est allée dans le monde mauvais, le bon soleil l’a chassé, on ne la verra plus jamais... La preuve, ce sont les diamants oubliés sur les feuilles, les flonflons de la fête au lointain, un bout de ciel rose couleur bébé, et la Lumière bleue qui m’entoure, me réchauffe, mystérieuse ondulante parfumée.
Mon épouse, dame confiturière expérimentée, pétrit moult marmelades pectinées au miel de mirabelle ou encore à la chair de figue au four (degré quarante) longuement laissée. Et puis sa précieuse purée «bonne maman» caramel nougatine mijotée, recette trouvée dans un grimoire ancien. Elle vient doucement, retenant son souffle, en femme accomplie, poser sur mes lèvres étonnées une cuiller à goûter. Tiens, devine... Je dis prune ! Non mûres ! Sans épines, une à une ramassées, voyons, répond la dame moqueuse… cuisinées dans le chaudron de cuivre tu sais, sucrées de roux en dose infime.
Alors me dis que ce serait sans doute cela le vieux bonheur que les filosofes poètes cherchent depuis l’aurore des choses - le début des temps ! Platon en parlait je crois dans le *Banquet.
Guy