«Le petit chat est mort !» Non ce n’est pas une réplique de Molière dans «l’école des femmes», c’est une bien triste réalité. La dame de haute Normandie n’est pas heureuse, elle en a perdu joie de vivre et même instinct nutritionnel, ne nourrissant la maisonnée sinon que de conserves.
Le Chat avait bien perdu ses repères depuis un certain temps. Elle (il) faisait pipi sous la télé, interminable sieste entre les fils de l’ordinateur, buvait longuement l’eau de pluie sur les chaises du jardin, ne grignotait que des trucs hyper appétissants tout en faisant la difficile : pâté d’ortolan caviar écrémé jambon totalement rose, sardines sans huile… Et encore dans la douce main de sa maman.
On a vu l’horrible vétérinaire, celui qui a une grosse tache noire sur le cou vous savez. Il a parlé de sénilité. L’a endormie en finale pour un dernier voyage chut !
Depuis la maman pleure. Certes, kakoo ne servait à rien, ni souris ni oiseau ni papillon. Rien, je vous l’assure. Elle occupait cependant la meilleure place dans le cœur de la dame. Lors, j’essayai de distraire la propriétaire de ce cœur malheureux, lui parlant d’un autre chat ! Blanc angora ou aile de corbeau avec des yeux verts. On me rabroua. Horreur ! La dame de haute Normandie refusait toute consolation.
J’eus l’idée d’un chien, comme avant avant notre premier chat. Tiens lui dis-je sur la vitrine du véto il y a un lévrier Afghan de classe supérieure, à longs poils, élégant élancé, museau argenté, laissé avec peine par un propriétaire désolé pour des raisons sans doute politiques. Elle haussa les épaules, toc toc il est toc toc, je le savais, un chi*yen ? Il ne manquait plus que cela.
Ne me désespérant pas, je pensai à une émission qu’elle aimait sur les animaux, une dame de quelque part qui soignait des paresseux : je pourrais la retrouver par Internet, ou bien… Tu n’es pas sérieux, ce sont des animaux qui grimpent sur les tentures, au plafond, et ne veulent plus redescendre. Pour me venger misérablement, je lui parlai de grosse araignée velue tropicale…qui ne faisait de mal qu’aux mouches ! Elle me regarda d’un air mauvais assassin…
Alors chers amis si vous avez une idée, pour apaiser la dame, et lui redonner l’élan vital, culinaire par exemple, combien ô combien reconnaissant je vous serais !