humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Arrivés à Madagascar, nommés en Brousse, voilà-t-y pas qu’ une gente demoizelle nous naquit. Avec un peu de recherche, on avait tout trouvé, pour sa garde robe et ses repas, sauf incroyable de bons œufs frais. Vous direz avec tous les paysans du coin... Des poules–oui. Des œufs-non.
Lors quelqu’un de confiance me lança, faites donc un poulailler ! Aussitôt dit, aussitôt presque fait. Grillage au mètre, galvanisé, des poules vivantes de l’épicerie d’Analavory, le village d’à côté. Sept poules ! Plus deux canards préalablement offerts. Miracle pour un vazaha (étranger blanc comme cachet d’aspirine), j’avais deux à trois œufs par jour, allélouya.
La Ramatoa (femme de ménage) les nourrissait avec des restes de cuisine et du riz brisé entier. Mine de rien les pieds de Madeleine traçaient dans les hautes herbes un chemin bizarrement tortu-i’heux. J’en achetais une huitième... Malheur, les autres poules l’ont assassinée ! A coups de bec. Il fallait qu’elles soient de même couvée, m’a-t-on expliqué. D’évidence.
Une autre fois, elles sont toutes décédées, oui toutes, dans la nuit... Le doyen du personnel me donna l’adresse du préposé à l’agriculture du village. Lequel me dit : « normal elles ont eu le choléra » ! Je renouvelais donc le cheptel, des poules de brousse bien vivantes et cette fois dûment vaccinées.
Le train train reprit, deux beaux œufs chaque jour ! Une nuit un vacarme... Tout le collège était là, un chat-chien "fossa" masiaky (méchant, sauvage) et de plus tout noir du type le plus honni (alika mat ou chien des morts) avait percé le grillage et menaçait mes poulettes...
Un coup de carabine ! C’est alors que Madeleine me dit, un jaloux vous a fanafoudé (ensorcelé), c’est sûr. Le Vieux du personnel, hocha la tête et me jura : je vais vous faire un de ces «boucans» (enfumage magique) irrésistible.
Hé bien, chiche, je fus tranquille désormais. Sauf que, une semaine maudite, plus d’œufs du tout. Oui, plus du tout. On me dit sur un sourire moqueur, vous ne savez pas que les poules s’arrêtent des fois de pondre. Comme ça ? Oui comme ça.
Et plein d’aventures encore pour une prochaine fois, si vous avez aimé ce conte tout à fait vrai !
Guy