humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Lamartine pensait trouver dans la nature la dimension d’éternité.
Je sais des lieux, emplis du souvenir, que l’amour habite. Combien de fois, en un nuage qui passe, on y reçoit un frisson de déjà vu. Lors, le jardinier du paysage qui contemple la création se sent enfin chez lui. Tiens je suis déjà venu au pied de la colline, de la fontaine, sous ce tilleul noueux, main dans la main, pour parler, me tenir tout près. De chaque pierre s’exhale un effluve, une clarté. On était bien
l’un en l’autre chaudement bercé. On s’aimait.
Dans un jardin que l’homme a quitté, on sent une présence légère, attachée à un massif, un buisson, une plante intime. Le propriétaire visite son œuvre toujours présente, qui respire la sérénité. Alors il souffle immobile sur les feuilles pour les protéger. Un lieu resté vivant, que les oiseaux les insectes emplissent de
mouvement de lumière.
La vie ne part pas comme cela, elle s’éteint doucement, renaît parfois, s’exprime à pas lent. Ainsi dans les vieux cimetières où les plantes foisonnent longtemps longtemps après que l’homme soit parti, en signe de continuité- d’espérance- du refus de l’oubli. Des fois sur le bord d’une stèle aux pierres un peu disjointes des fleurs poussent, hasard d’une germination ou vieille dame attachée au passé qui fleurit la dalle d’à côté sans oublier la voisine ?
Certains lieux sont des jardins où l’on vient volontiers, où l’enfant joue tandis que la maman prie. Des temples de joie, de vie, d’ailes d’oiseaux, ce même à la tombée du soir par les nuits d’été… et qui sentent si bon… Si paisible tu sais. Où le silence est musique… Deux endroits sont à visiter quand on s’installe quelque part sur la terre, le cimetière et le marché. Dans les deux cas, on reçoit en un don d’absolu le divin message de vie.
Guy