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MURAILLE DE CHINE, le seul bâtiment de la terre qui se voit sur la lune
Fils du grand Doge de Venise, lui-même neveu adultérin d’un pape célèbre, il menait une vie sans soucis. Des frasques certes, mais de son âge. Courseur de damoiselles écervelées, bretteur d’époux scrongneugneux, buveur de schnaps de contrebande, joueur - tricheur - beau parleur et j’en oublie. Son père le fit incarcérer à Gênes dans une prison du XI° siècle à mâchicoulis. Pour dette. Il se calmerait... En cellule un grabataire mis au trou jadis sans raisons aucunes, lui chevrote à l’oreille sa destinée mirobolante : il te faut t’échapper, tu es appelé à de si grandes tâches... Chose dite chose faite, les voilà sur les quais mal famés de Gênes, dans les bas fonds mariniers. Le vieillard lui expliqua alors que pour aller à Cathay, le pays d’Eldorado, deux chemins s’offraient : tous deux arrivant au pays de Mongolie, où batifolent les fameux chameaux à trois bosses.
* Par le Nord d’abord. On passe les Karpates où vivent les derniers aurochs et le comte Dracula, puis dans les steppes des tribus Porusses ou bien Koâzaks, puis on traverse des fleuves sauvages portant des noms de femmes étranges : Mère Olga, Belle Lena, l’Amour... oui ! Et on aboutit dans le désert nord de Mongolie, par les monts Karaboum boum boum !
Prince tartaresque ou cosaque de la mère Olga
* Puis celle du Sud. Byzance, l’Arménie, les Tchétchènes atchoum, ensuite le désert Ouzbeck que certains disent Kazak ou l’inverse, lors on escalade l’Altaii nommé le toit du monde. Et on arrive chez les Ouighours ! Des femmes altières aux longs cheveux, tirant à l’arc aux yeux bleus, les guerrières, farouche et tendre, l’arc évidemment. Les amazones n’est-ce pas, hier contées par Ulysse. Et qui ont sans doute bien existé. Marco plutôt frileux choisit le sud, croyait-il tempéré, acheta quelques chameaux à trois bosses plus confortables, constitua une caravane, sans oublier son chapeau à plumes et son chat persan.
AUX YEUX BLEUX
En chemin, des savants griots lui apprenaient les langues inconnues, sauf le vénitien et la langue d’oc dite des troubadours à lui enseignée à la mamelle de sa nourrice, la doulce et noble Eulalie de Montadour.
Le désert de Gobi, brûlant le jour, glacé la nuit, plein de loups en maraude... Enfin, il arriva au pied de la muraille de Chine, rejoignant par pur hasard l’autre caravane qu’il avait refusée et que Candidus et Cunégonda (sic), un jeune couple de chevaliers francs avaient menée.
OUI UNE OUI * GHOUR
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Là, ils fusionnèrent, chameaux en premier. J’avais oublié de vous dire que Marco avait en chemin épousé sa princesse ouighour au manteau somptueux de zibeline du Pamir. L’échange fut difficile, la princesse pleurait, il dû lui jouer un air catarrhe où l’on chantait en vieux françouès l’éternité. La caravane sanglotait, les chameaux bramaient, au loin les loups hurlaient. Comme à l’opéra, tu sais, pour la finale.
Mais escalader la muraille de Cathay ? En plus il y avait des soldats mandarins, en chapeau pointu, qui leur criaient des injures affreuses : «nez longs, furets puants, allez ouste vous cacher, trop blancs pour être honnêtes, faces de lune», et ils leur jetaient force pétards en poudre magique, et même des plaquemines (kakis espèce de tomates sucrées) pourries, «vous sentez mauvais, la mort, retournez chez vous, fainéants, métèques, voleur de poules, de recettes de macaronis en sauce».
Là, l’auteur d’une voix off timide se permet de dire que, si jusque alors tout était vrai, les macaronis, eux, de vrais purs Cathayens chinois, en Italie, ne sont pas encore arrivés. De plus, la sauce sera inventée par les conquistadors qui vont ramener les fameux pomodoros rossos bien après du Mexique avec le chocolatl. On en fit moult canciones. Et même une danse goûteuse dite la Salsa au rhum de Cuba.
Mais, n’écoutant que leur courage, ils sautèrent par-dessus la Muraille que cependant Marco dans ses mémoires, écrites plus tard pour les enfants de sept à soixante dix sept ans, et mises en bande dessinée chez Nathan, qualifiait «de Touchant la Lune, le Ciel et les Etoiles!»
LE KARAKOUM BOUM BOUM
Ah ces méditerranéens... Don Quichotte, Tartarin, Ulysse, et tant d’autres, contèrent eux aussi leurs murailles de Chine : avec des moulins, des lions, des sirènes, etc. Alors, des chameaux à trois bosses...
Guy
CAMELIDE DE BRETAGNE OU DU PEROU
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Ps / D’ailleurs Prima ne se nommerait-elle pas Prim’ûla en vieux chinois ?