humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Impressionné, l’empereur lui envoya un palanquin empli de concubines et de colombes, un bol à soupe doré, des serviteurs portant banderole de bienvenue calligraphiée. Des musiciens chassaient les démons à coups de tambour et de cymbales. Lors dame Cunégonde voulut retrouver son seigneur le Marquis Candidus et dame Ouighour son cher Marco. Tout baignait dans le meilleur des mondes. Mais les frustrées de la cour grimaçaient de jalousie…
A Pékin ce fut la fête. Orchestre Mandchou, habit brodé, lampions en ribambelles, pétarades joliment mouillées, tigresses de chiffon ou de papier, danse du dragon. On festoya d’un panda bien gras rôti aux pousses de bambous gingembre sauce piquante. Voilà pop’olo devenu coqueluche des foules. On arrêtait son cortège pour lui tirer long nez - barbe bouclée - plume de bonnet, geste humain de curiosité. Lui, soupirait en cachette : son chat persan s’étant envolé.
Adoubé grand amiral, il devait conquérir Cipango le Japon. Autre pays, autres mœurs. Là tout se tenait à l’envers. Autant que la Chine l’était d’ailleurs de l’Italie. Le bazar… indescriptible. Les gens se promenaient en couverture de soie à nœud papillon, avec des sabres en bois. De temps en temps, un gros méchant Aiino immigré d’hokkaiido, impressionnant poilu sauvage, embarbé jusque au sommet du crâne, le reste rasé, lançait dans les rues de carton mâché : «Oyez oyez braves gens, nobles braves samouraii, un terrimoto terribolo adviendra bi’ento. Et pif, cram, flouc, tout se renversait… Cependant personne n’avait peur, pasque. Il renonça à civiliser ces sauvages qui de plus mangeaient de la baleine crue en baguette. Dans des sauces sucrées.
Rentré, sain et sauf ouf, au pays, il supplia l’empereur de l’envoyer loin de l’empire du milieu, en extrême orient de légende, chez les Aztèques, toltèques zapotèques, etc. Là le chroniqueur perd quelques neurones du souvenir. Pop’olo partit, ne revint pas. Lors toutes ses épouses et concubines se refirent belles pour de nouvelles mandarinades.
Marco voguant toujours vers l’Est, arriva dans un port breton. Barons et curés lui firent l’aubade et, pendant la cérémonie, on pilla jonque, ducats, pistoles, habits de soie. Lors les Britons étaient pirates, queue de vaches folles, chevelure lanterne, en fanal ou chandelle de chanvre. Et longs mousquetons. Même les corsaires de Vannes vieux parents des vénitiens pourtant.
Comme il rouspétait, on l’attacha au mat de son bateau, qui vogua vogua vogua au fil de l’eau... Bien plus tard on le mit au cachot, et, plus tard encore, on en fit un héros.
Guy
Ainsi va el mundo