humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
PLANETE NOUVELLE
Nous étions en 1943. C’était la guerre. L’école faute d’argent m’avait attribué une médaille en carton.
Comme je pleurais, maman m’emmena dans la boutique des livres d’occasion, à l’enseigne d’Ali baba. On me choisit un Jules Verne presque neuf, pas cher, à la couverture patinée, décorée de volutes à l'antique. Une histoire de poulpe géant, de maelstrom effroyable, de marin tombé dans un gouffre des mers du Nord. J’ai adoré. Les vampires, c’est pour les enfants, n’est-ce pas ? Lors, mon tonton Albert, m’invita à la bubliothèque minucipale, portail tout en bois précieux de cèdre sculpté, avec un squelette de baleine à l’entrée.
Je me mis à dévorer (certes progressivement) bouquins d’anticipation, aventures extraordinaires, merveilleux Robinsons, et puis l’œuvre foisonnante de Monsieur Jules (Verne). Son île mystérieuse, le rayon vert, le capitaine Némo, la mystérieuse Bégum, et tout et tout.
Un jour dans un rayon caché... un roman bien à lui. Qui contait l’histoire étonnante d’une queue de comète frôlant la terre, un soir d’orage. Laquelle (la queue) allait kidnapper près d’Oran, sic, j’insiste, un groupe de colons ahuris. Mon cœur battait. Par surprise évidemment. Ce que j’aime chez cet auteur, c’est la magie avec laquelle il arrive à nous illusionner de Sciences du possible.
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Les voici donc dans une étrange planète à la végétation poil de carotte.
La même queue d’ailleurs les renverra bientôt, ô flux et reflux, sur la terre chérie. Incroyable odyssée.
Donc là-bas, tout était dans les roux, je me répète. Le ciel bizarrement safrané. La mer en robe orange amère faisait danser des vagues mandarine. Le sable prune, les mouettes cerise. Les fruits d’or pur ou d’un roze très doux. Ils prirent en bons colons des graines dans leur mouchoir, leur chapeau, leurs chaussettes retroussées, espérant bien revenir à la maison...
Et, qu’ils sèmeront bien entendu sur la Terre retrouvée.
Lors, miracle, ô toi l’enfant sage qui m’écoute... vont pousser les fameuses plantes, dites de la Comète, de couleur grenadine - écarlate - abricot mûr - ou encore betterave écrasée. Une exaltation me saisit tout entier, je serai... romancier. Frisson du créateur.Afin d’écrire l’histoire folle et presque vraie d’un savant parti en ballon, qui s’étant endormi, le vieux savant, va découvrir au réveil un continent inversé.
Las, mon roman ne fut jamais terminé, car au fur et à mesure de mes lectures, il s’agissait d’atolls inconnus, de planète nouvelle, de voyageur Lilliputien, de fourmilière en cristal ! Et puis vers treize ans du fameux... embarquement pour Cythère, cette île vous savez où les filles par les garçons se laissent embrasser, oui, OUi, sans faire le moindre chichi.
De toutes façon n’étant point de Paris, grand romancier ne le pouvais.
Guy