...je rêvais d’une princesse charmante. Mais j’étais si timide que je ne pouvais lever les yeux plus hauts que le genou d’une demoiselle. Voyant toutefois ma libido déborder... on m’inscrivit dans un club de jeunes .
d'expression folklorique.
J’observais donc attentivement les pieds des demoiselles du groupe, avec délicatesse. Certain mollet rondelet d’une blancheur remarquable parsemé de taches de rousseur me séduisait particulièrement. Je le suivais du coin de l’oeil, tout en m’enfermant dans mes pensées. La propriétaire du mollet m’invita pour une danse... Sans lever les yeux au delà de son genou, je lui répondis que je ne savais pas danser...ce n’était pas vrai, à la maison on faisait des bouguys endiablés avec ma sœur. Elle reprit, toujours de haut en bas, d’une voix douce, ce n’est pas difficile vous savez. Je me levais donc tête baissée pour quelques pas !
Le lendemain, comme par hasard nous nous assîmes assez près. Là, je lui proposais de marcher sur le front de mer. C’est éclairé romantique, bafouillais-je alors en rougissant. Nous nous promenâmes longuement et je la raccompagnais. Je suis fatiguée, dit-elle une autre fois, asseyons-nous. Elle avait deux ans de plus que moi, déjà son bac, avait choisi le métier d’institutrice. J’osais un doigt, elle refusa, puis une seconde fois elle voulut bien me laisser sa main. Je ressentais le besoin de conseil ?
Dans ma classe, y’avait un vieux de dix huit ans, qui était plein d’assurance. Que faut-il faire pour un baiser ? Tu lèves enfin, enfin, la tête et pose tes lèvres, tu as un goût de miel ! J’essayais, elle refusa. Le lendemain à l’école, j’en parlai avec le vieux. C’est ainsi me dit-il, les filles font semblant de reculer, en voulant dire qu’elles avancent. J’essayais à nouveau, mais le miel n’était pas au rendez-vous, discrètement elle s’était même essuyée les lèvres.
C’est alors que je vis son visage pour la première fois. Des yeux vert doré sous une chevelure bouclée. Je sentis la foudre me pénétrer tout entier...
L’Amour, c’était sûr.
Guy