Quelles festivités direz-vous ? Sinon celles de juillet ! Mon cœur n’est pas en fête.
«Tout amour est à douleur» chantait Aragon. Encore faut-il que l’amour de la patrie soit si désespéré ? Oui, la déception le rejet infligés par sa propre mère, restent les plus poignants, blessure inguérissable, toujours saignante. Pardon, j’ai vécu cela. Sur le moment je n’arrivais pas à croire, puis encore à pardonner, plus tard ensuite à oublier. Mais oublier, quand on a aimé plus que soi-même, cela est presque impossible ?
Ce mois de juillet est sombre d’ombre et de sang, de chagrin sans nulle pitié, trois mille personnes massacrées, en Oran, sans que la garnison française n’intervienne… Un dimanche comme les autres… Certes c’était jour d’indépendance. Mais le soleil, l’amour de la Métropole, la confiance, que dis-je la foi, les premiers retours de plage, éblouissaient. Et si l’on pouvait rester dans ce pays aimé ?
Non, impossible, l’amour de la patrie se doit d’être tragique douloureux, absurde. Et puis ce paquebot «France» chanté plus tard, qui vagabondait dans les Antilles, avec sa cargaison de festivaliers, au même moment ? C’est aussi un dix sept juillet date anniversaire de la rafle du Vél d’hiv. Et puis Juillet, la grande révolution exaltante de la Justice enfin triomphante, qui sera bientôt celle du massacre de Vendée. Victime de l’intolérance religieuse, à son tour. Alors devant la fête et les pétards d’artifice, la honte, la peur, le doute, l’incertitude me prennent à la gorge. Les bals, quelle dérision !
Que suis-je, qui suis-je ? Un grain de sable qui grince dans le rouage de son pays ? Alors je pense à toute la misère des révolutions, et je pleure. Il n’y a pas d’amour heureux, oui ! Et ce qui me trouble le plus de la France ma patrie, c’est sa non reconnaissance des torts et des erreurs commises. Des excuses humbles auraient suffi sans doute pour panser cette plaie d’amour. De lui permettre de cicatriser… *Accepter la Vérité, ses fautes et ses erreurs.
Certainement, plus encore que de la femme, la souffrance reçue de l’homme est la plus implacable.