Je viens d'apprendre qu'il s'en est allé ! Sa plaque se trouve dans "le cimetière des arabes" près de Bourail, Calédonie ! J'ai de la peine, vois-tu, une grande amitié pourrait ainsi se diluer dans l'infini ! 
Décor : une station de gazole solitaire pierreuse au milieu de la grand route, plantée d'un vieux mandarinier! Je dis à ma "blonde" empoussiérée toute fatiguée par un voyage qui dure, "tiens un vrai clémentinier comme hier, tu sais l'hier que l'on ne peut laisser ! Lors un bonhomme ridé buriné en vieux chapeau surgit : "vous savez j'en ai plein dans la Chaîne" : Ce lieu mythique cher à tout vrai broussard de Calédonie. Je téléléfone pour annoncer à ma fille que nous allions à Nessadiou en lieu et place de Nouméa : bizarre je la sentis soulagée, elle avait dix sept ans vous comprenez." /http%3A%2F%2Fustke.org%2Fphotos%2Fkarine%20jimmy-a.jpg)
La maison étant une fermette australienne venue par avion en pièces détachées renforcée de tendeurs pour les cyclones et une véranda en bois portant un antique grand père sur une chaise à bascule. Lequel armé d'un vieux fusil à la crosse rafistolée de fils de cuivre avait pour rôle de tirer sur les buses ennemies des poules. 
Tita sa compagne mit la table avec un cochon sauvage rôti et des trucs affriolants ! Un lit tout de ferraille à Baldaquins nous souriait. Réveillés au chant du coq, un café chaud nous attendait... "On va visiter mon morceau de chaîne ...", dit Noré. Il appela son chien, un bleu méchant d'Australie, prit son sabre, ramassa des Kapoks troués devant sa porte, portant de jeunes papayers et autres arbres fruitiers, avec un sac de graines séchées pour meubler les espaces libres de la chaîne. Il m'expliqua en effet "je sème pour les cochons sauvages et les biches !" Et aussi pour offrir aux visiteurs. 
L'entraide étant une vertu majeure en ce pays lointain ; d'ailleurs, dans l'après midi un escogriffe basané, tout droit sorti du Haut Atlas, tapa à la porte : il tendait un cuissot de cerf sanguinolent à mon ami avec ces simples mots : "la part du bon dieu"... En échange, quelques conserves trouées avec un petit letchi joli. Noré m'expliqua que c'était une vieille coutume arabe, ramenée par les bagnards d'antan, qui se perpétuait. /http%3A%2F%2Fse-preparer-aux-crises.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2012%2F10%2Fse-preparer-aux-crises-_-3-salades-bio-en-conserve.jpg)
on se chargea de victuailles et divers agrumes ; puis enfin nous partîmes pour Koumac, tête et coeur emplis de souvenirs. C'est ainsi que naquit une grande amitié. Un indice en effet m'intriguait, à peine prononçais-je un début de phrase qu'il la terminait naturellement et sans fausse note ...
Mystère !
GUY