humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Là-bas, «dji», pour le Lundi de Paques, on avait coutume de pic niquer sous les grands pins de la «montagne» Santa Cruz, et de partager la «Mouna» ! Toute une institution. Il y avait des familles arabes, d’autres juives, d’autres chrétiennes. Sur l’herbe. Un oecuménisme convivial étonnant, d’ailleurs Pâques tombait parfois la même semaine, pour les juifs comme pour les chrétiens toutefois...
Il nous faut maintenant présenter la Mouna, brioche tassée, ciselée, parfumée à la fleur d’oranger. Oeuvre d’artisan. Signée souvent pour mieux vous servir. Des fois en couronne, parfois en colline et toujours avec des morceaux de sucre candis craquants bien épais. Certains raffinés, peu catholiques chut, il y en a, ajoutaient des fruits confits. H’mm !
La dernière fois que j’ai participé à la cérémonie, c’était en Avril 54. Invité par des amis. Puis, ensuite, il y eût les Evènements, vous savez... Je m’en souviens encore, il y avait une famille indigène avec des jeunes filles en foulards. Très plaisantes, je n’avais d’yeux que pour la plus vive pardon, mais je n’osais pas la dévisager trop longtemps, ça ne se faisait pas. Je me suis levé, ai offert une tranche de gâteau, et nous avons baissé les yeux ensemble. C’est mon premier et (seul) contact avec une gente musulmane.
Je ne dirais pas «algérienne» car ce terme avait été créé par nous, pour nous, comme le mot algérie. Puis il a changé de mains. Ainsi va la vie...
Depuis je suis tributaire de quelque pâtissier émigré. Justement à Vernon, il y en a un, bien authentique ou presque, et quand je l’ai découvert une bourrasque de souvenirs m’a pris à la gorge. Je lui achète aussi pour le remercier mon bon pain bûcheron très cuit adorable croustillant au levain du four à bois, etc, cela pouvant s’inverser.
La Mouna *elle, c’est sur commande espéciale.
Evidemment nous ne sommes pas encore à Paques ! Direz-vous ? Mais ça ne saurait tarder, c’est pour bientôt n’est-ce pas ? Le soleil s’est caché certes, cependant derrière le nuage de l’hiver il est là il le faut il reviendra vite...
...réchauffer nos pôvres cœurs meurtris.
Petit Guy