humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Lors nous vivions à Madagascar dans une villa un peu isolée du collège, entourée de verdure.
La véranda ouverte sur le back ground baignait d’une lumière bleutée, le soleil filtrait entre les grands lilas de Perse, au feuillage clair foncé. J’affectionnais ce moment de l’après midi où j’admirais ces arbres, dont les troncs réguliers frémissaient de rayons. La concession n’était pas grande, mais pour moi qui arrivais d’une ville crispée de chaleur, où l’eau était presque mirage, mon bel Oran que nous venions de fuir, ce jardin lumineux était forêt légère.
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Un peu comme le chantait Baudelaire dans «correspondance» où l’arbre est un vivant symbole, un temple, une prière même … Et mon regard vagabondait entre les fûts réguliers, caressant ému leur frondaison tachetée de bleu ou de vert, et parfois de gris noir. Nous avions un tourne disque assez performant d’une vieille marque disparue, Teppaz je crois. Un disque vinyle de Mozart berçait lentement le silence, sans le rompre ni le gêner.
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Un requiem si je m’en souviens.
Imprégné d’inconnu et de rêve, je songeais…

J’étais heureux vous savez, quelque chose prenait possession de mon âme, quelque chose de très fort et d’heureux, et de doux à la fois, une communion paiienne me semble-t-il, avec un peu du grand univers. Mon sentiment était mêlé, la musique me traversait. Mon épouse me prit la main. Plus tard elle m’a dit que je l’avais tenue sans fin…

Une plénitude m’envahit, je frissonnais, ma pensée tremblait, je n’apercevais plus le mur de clôture, les troncs semblaient piliers et le rêve était réel vous savez. Une impression de protection, de chaleur, presque d’envoûtement en même temps que de liberté. Alors j’ai su que ce moment d’extase me rapprochait du divin…
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Pardon, j’ai remercié Dieu de sa création, de cet ineffable instant de bonheur vécu, de la musique venue d’en travers cette nature, qui permettaient cela sans pour autant peser.

J’ai ressenti cela une autre fois sur la route du Sud, ou plutôt c’est mon épouse qui me l’a tout simplement à l’oreille murmuré. Je vous le dirais…
Guy