humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Depuis un temps long lent et qui dure enfin, le soleil illumine le jardin.

Alors devinez, tout mûrit à la manière d’hier, tu sais, quand chez nous c’était une fin de printemps trottinant vers l’été prometteur. Je dis chez nous, pasque ce jour est une journée de plage, d’ailleurs la pelouse est si bleue que le vert semble de l’écume de mer, et que les papillons blancs volent sur le sable.

Je dis mon hier, pasque il est en moi tu sais, certes un peu caché, timide, mais qui ressurgit dès que brille la lumière… En débraillé en tonga en vieux chapeau de paille, je m’allonge sur le rocking et prends le soleil. Ö la longue dormeuse est bien vieille, toute usée même, un peu rafistolée, bariolée à tout va, mais je l’aime, c’est ma barque refuge. En elle, je découvre ma part d’océan avec ses îlots de fleurs inconnues aux mille couleurs. Et puis comme écueil d’écorce grise, un arbre qui flotte.
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Tu diras, manquent les dauphins et la tortue de mer déboussolée, recueillie sur la plage de Poum, remise mille fois à l’eau, qui revenait toujours sur la grève. Ah, mais je la vois, c’est une brouette animale renversée, échouée sur les algues. Alors je fais voile vers l’horizon qui m’appelle… Je suis redevenu marin, en exploration, mon cœur tout neuf bat la chamade de l’aventure. Oui, ma chaise longue est une nef de bon bois entoilé, encore solide, qui navigue.
C’est l’été comme avant, le jardin me protège, me cocoone pardon pour ce mot presque affreux, me materne, et je ferme les yeux, et je suis enfin heureux ! Les bouts d’herbe coupée étincellent, la pelouse est enchantée. Au dessus dans le ciel un oiseau passe en dentelle, éveillant la beauté du monde.
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Mon dieu, mon dieu, disait Verlaine, la vie est là, simple et tranquille… Des vers qui me viennent, m’envahissent, caressant mon âme blessée, guérie pour un court jamais.
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Guy