humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Je marchais sur la dune, goûtant le printemps du monde...
Les mimosas dans la lumière tiède du midi embaumaient la garrigue. Les pins, bousculés par le vent de la mer, avaient pris des formes animales intéressantes amusantes.
Ils aguichaient le promeneur d’en haut de la falaise, l’invitant à se poser en leur ombre torsadée.
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Des fleurs inconnues, des buissons nains, des asperges vertes pointaient leur nez et, miracle, des bouquets de glaiieuls sauvages entre les trous de pierre discrètement souriaient. J’étais heureux, solitaire, imprégné de rayons. La nature exprimait calme et sérénité. Le monde semblait si proche!

Nul ne pouvait imaginer un instant que le sable poudreux et mol ne garderait pas l’empreinte du pied de l’homme. Le ciel d’un clair si bleu, les nuages légers du décor, le vieil argent à reflet rose, tout exprimait la beauté de la création... Je me sentais aimé, en accord profond avec le désert si favorable au rêve.

Au loin, tout près, au bord de ma mémoire, la grande ville fumait du sang des bombes. C’était la fin.
Tout s’effondrait... Dans un mystère mouillé de mal aimance. La misère des pauvres qui pleurait.
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La Nature immuable allait donc dans la lumière, comme si rien ne pouvait gêner son parcours. Indifférente au bruit des êtres, de la haine, de la mort, éternelle renaissante, elle allait... Et je marchais sur les bords de la falaise millénaire... oubliant désespérance et désamour, me gorgeant de l’instant présent, comme si je devais capter cette image à jamais.
Une douce musique m’enveloppait. Pardon… Illusion, je crois que je l’imaginais.
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C’était peut-être la vague joyeuse qui caressait la plage tout en bas, baignant la dune, ou bien le souffle d’Eole sur les ajoncs et les palmiers nains... Ou encore le destin qui me chantait la berceuse de la mère à l’enfant...
La guerre faisait rage, mais on ne l’entendait pas !
Guy