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15 ‘ 02 ’ 13 Le volage et le survol du monde
Un jour comme ça, me suis trouvé en l’air, au plafond pour préciser. Tout surpris évidemment. Puis au sol retombé. Lors ai recommencé, par pur hasard … Puis en ai pris coutume et même découvert en fin la plus simple manière m’envoler.
Pour cela, il faut d’abord bien le vouloir, ne plus avoir d’attaches ni de soucis de dettes sur le sol des hommes. Ainsi, on peut voguer en paix.
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Certes le temps donné est toujours court, surtout au début : On pense à sa maison, son jardin, son épouse, son piano, ses jouets, le poisson rouge dans le bocal de cristal … la dernière cravate de la saint Valentin. Et on regarde d’en haut le petit poisson lequel vous admire d’en bas ou le contraire. Lors, la bestiole fait des bulles, la maison minuscule, le jardin semble un bout de mouchoir en chiffon vert de soie. L’épouse, elle, ne se rend compte encore de rien pasque elle en avait pris l’habitude … son mari si distrait ne la voyant qu’à peine.

C’était pourtant une épouse parfaite, «d’avant avant» la découverte du balais à moteur. D’ailleurs l’égalité des sexes ne se criait pas encore sur les toits, que nenni que nenni. Les femmes tenant depuis le début du monde le feu de la cheminée à broche du foyer à bûches, les temps anciens restaient toujours présents, et les maris s’envolaient à la conquête des nouveaux mondes ou bien à la découverte du calamar géant de Cipango.
La dame exquise astiquait les marmites, élevait donc seule les enfants en leur chantant des berceuses, nourrissant pigeons poisson’rouge vieux’chat … soignant les choux du potager. Et surtout ne disant rien. C’est juré. Même au marché.
Mais cette fois-ci, il avait tardi (j’eûs préféré tardât) … à revenir.
La dame fidèle ayant vécu quelques guerres et révolutions, prit goût à l’indépendance ! Et, un matin mémorable fit la valise de l’oiseau à plumes qu’elle déposa (la valise) sur le seuil sec à l’abri de la pluie, en parfaite ménagère qu’elle avait toujours été.

Un jour beau cependant le volage revint, à l’entrée se posa, valise vit, sourcil plissa, porte en grognant poussa. Comme excuse, pourtant, il envisageait d’offrir galamment un bouquet d’hibiscus d’Amazonie dans un panier de mangues du Pérou en bon osier du Chili, mais elle n’en voulut pas ! Et même pour le punir lui refusa son chocolat matinal qu’elle lui apportait ci-devant les matins d’hier avec grâce au lit. Il eut beau faire, beau dire, sinon crier pleurer supplier, rien n’y fit : plus de chocolat servi dans l’amour de la vanille en un bol chinois …

Moralité, quand un homme s’envole, l’épouse apprend à nager.
GUY