humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Baudelaire imaginait l’enfant du riche, jaloux de celui du pauvre lequel jouait avec un animal vivant, un «rat» gentil je crois, qu’il avait trouvé tout seul. Bien amusant ! En lisant ce poème, j’eus un pincement au cœur...

Lors je me suis envolé pour l’Afrique noire, qui est notre univers d’outre miroir, vous savez. Là où on s’exprime librement dans les cours et les rues, pasque ouvertes à la vie, sans murailles ni barricades pour enfermer le génie. L’enfant invente un cerceau ancien avec une baguette et une roue de vélocipède perdu. Et tu l’entends rire, applaudir, conter l’univers. Clown de lui-même.

Un marmot qui joue est toujours sérieux, on le sait.
Il s’en donne de tout cœur, et les voisins à l’écoute de la joie, ouvrent grand leur porte en bois. Tiens, j’ai une idée, dit-l'enfant… Il va au dépotoir, fouille dans le fatras, à haute voix, avec les gestes du bonheur, appelant ses amis interpellant ses frères. Il trouve une Chose. Oh une télévision casséc... Il l’emporte dans un endroit couvert, la pluie est fréquente là-bas, vois-tu. Et commence à le désosser, à en faire des Objets !
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Dans ces pays d’outre océan, les objets ont une deuxième vie, ils sont ustensiles, rêves, choses enfin -inutiles parfois pour celui qui ne peut pénétrer l’âme des autres, ou bien des jouets peut-être ? La caisse en faux acajou devient coffre à outils, réservoir à boutons à bobines ou attrape chimères. Car l’ultime côtoie toujours le mystère pour un pauvre ! L’espoir, l’utile, l’entre aide "maman voici pour toi", toujours sous jacents…
En Madagascar, où j’ai vécu dix ans, une bonne sœur une fois m’a expliqué la pensée des humbles. Les conserves sont récipients, voyez-vous, avec des trous pour devenir semoir, sculptures pour mieux planter une bouture, pour la donner ensuite afin de créer du bonheur, ou simplement pour mesurer le riz… Quant au pot de verre, un don du ciel vous savez. J’ai entendu la sœur, aménagé un débarras à objets dans un endroit discret mais néanmoins proche, troué des boîtes avec des clous, ceci cela, pour y planter quelque pépin de mandarine ou de graine variée. Et puis ai conservé le linge démodé, resté digne encore. Il y avait toujours preneur.

De retour en Métropole, j’ai tenté de maintenir la tradition, n’ai point réussi. C’est avec regret que bien vite la chemise devenait chiffon… Il y a pourtant des gens qui cherchent, mais ils ne se manifestent guère. Quant aux choses toujours belles, à faire rêver, les jouets d’hier, la robe première de princesse de ma fille… je les pose avec soin dans une grande boîte près de la porte, les laisse aux passants. Un jour, merveille, une dame a sonné pour me dire merci.
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J’étais heureux comme un gosse, lui ai conté l’objet, sa valeur sentimentale, son histoire, la joie qu’il nous avait donnée ; un objet possède une âme tu sais, c’est un peu une personne. On transmet quelque part, l’héritage de l’amour.
L’essentiel, n’est-ce pas ?
Guy