humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Je n’avais point porté attention au papier dansant, descendu du toit la veille, qui volait comme papillon. Tellement et tellement de billets pour nous convaincre que l’Algérie était française, ce depuis et pour la nuit des temps ! Alors celui-ci, ne l’avions point cueilli sur le devant de la maison.
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Il fallait, à minuit, sortir et faire du bruit, avec un instrument de musique, n’importe lequel, sachez-le. En musique donc je me répète et, par-dessus le marché, selon un rythme de mélodie guerrière : Algérie française ! Ta ta ta ‘ tata.
Répondait alors, des quartiers arabes, la même musique inversée : Ta ta ‘ tatata. Ya’hia Benbella.

En pays méditerranéen, le bruit et la danse accompagnent toute festivité. Il s’agissait ici de conjurer le mauvais sort, là d’appuyer la victoire. Et dans l’ombre noctambule et le rêve fantasmatique, ce charivari bien orchestré s’en donnait à cœur joie ou à cœur pleur pardon !
Alors pour ne pas nous différencier des voisins qui n’avaient plus que cela pour faire entendre leur peine -plus ou moins déguisée en ultime espérance, nous sommes sortis, l’un avec une poile à frire, l’autre une casserole, et nous nous sommes manifestés avec insistance.
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Et l’on tapait en rythme, sur le métal, sous les regards admiratifs des voisins plus ou moins bien attentionnés, qui pensaient : ceusses-là au moins ils obéissent au papier volant. Et l’on tapait avec conviction, pour se bien faire remarquer, pasque… on craignait tous quelque représaille possible du signataire de l’ordre donné à la nation. Les murs ayant des oreilles, d’ailleurs dessinées sur les parpaings…

Même que un grand journal humoristique du mercredi avait affiché la photo du même Général décoré de l’ordre de la batterie complète de cuisine. Le grand charivari, le plus terrible, prit date la veille de l’indépendance, il sanglotait désespéré et les voisins se regardaient, les derniers restants… en grimaçant et en pleurant.
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Une histoire si vraie que l’on pourrait ne pas la croire !
Guy