humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
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Depuis l’enfance, je cherchais une porte temporelle.
Oh je ne la nommais pas ainsi, j’étais si jeune ! Mais j’adorais ouvrir les vieilles valises fermées, forcer les serrures rouillées, crever le ventre des poupées mortes, m’imaginer -comme plus tard je l’ai lu chez Wells lequel m’en a volé l’idée- en une machine à explorer le temps, cet outil merveilleux permettant de passer à travers les murailles défendues.
Et puis un jour que je voyageais, devenu enfant grand, dans un pays de contes de fée et de géants, de masques grimaçants, de requins cannibales, la Calédonie vous savez, je suis allé en son grand Nord, à Poum la sauvage la si bien nommée. A peine arrivé, une angoisse m’envahit au plus profond. Il est vrai que le ciel se couvrait d’une manière étrange, comme si un cyclone se préparait.
Poum les attire, il est d’ailleurs réputé pour cela…
Alors je fis un poème sur ce bout du monde pas comme les autres. Vous pouvez penser que j’aurais du en connaître d’autres : que nenni, c’était le premier seulement… mais combien il m’a envoûté !
Le voici :
Il est un point perdu nombril d’un monde cosmique
où le fil du temps… parfois peut s’arrêter
une plainte sourde un feulement feutré
un univers aigu acoustique et verdu
Si tu sais accrocher avec un cœur d’enfant
la soie qui se déchire en un délire d’argent
si tu sais approcher avec un corps d’amant
le cyclone mauvais poignard tourbillonnaire
Tu peux alors toucher même s’il te faut passer
la porte unique et sombre de la fracture du temps
Poum
J’en ai discuté avec le père Winchester, un vieux calédonien basané, bizarre, respecté de toute la tribu (le village), original vendeur de papaye confite et autre fruit suspendu mis à sécher sur une corde à linge, lequel m’a assuré recevoir des confidences à l’oreille, les nuits de grand cyclone. Et j’ai été tenté de le croire tellement le bonhomme était étrange. Il était d’ailleurs descendant lointain d’un cuisinier anglais assassin de capitaine, déserteur bon teint.
Et si… j’avais effleuré sinon même entr’ouvert le portail que je cherchais depuis que j’étais petit bout de garçon ? Et si le passage était possible ? Et si…
Guy