humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
matisse
Cet automne, la nature revêt ses vieux habits de deuil,
velours sombre et gris, tout de sang taché.
Le soir qui tombe recouvre les feuilles de l’arbre dernier,
puni au fond de la cour, tu sais dans la bâtisse des pauvres,
et le touche de sang rouge cramoisi
en souvenir heureux de son passé d’érable,
hier, à peine tu sais, avant que l’on ne construise …
Le ciel est de basalte sombre qui coule en laves durcies,
comme brasier qui meurt à gros bouillons soufrés
clapotant projetant gribouillant
des formes étranges en ombre de Chine.
Un vieil homme à son balcon s’efforce
de retenir la lumière timide,
son pinceau tremble, le tableau pleure,
la flamme de cendre est nuit.
Un peintre fou solitaire qui refuse de mourir ?
Un violoneux amnésique ayant perdu son passé ?
Les flaques d’eau semblent figées dans du métal rouillé.
A la fenêtre une demoiselle en retrait
semble observer le paysage ?
Une cage vide sur le bord laissée, en souvenir de l’oiseau,
la grande bâtisse inquiète ouvre des yeux sans paupières,
entre fermés,
vers le fond de la cour, pourtant
il n’y a rien à voir, rien à penser,
l’arbre seul resté, survivant oublié de l’antique foret
a revêtu cependant son beau costume carnavaleux
par habitude lassitude ennui ou rêve de vie,
personne ne le sait,
face à des murs sans âme de béton cru,
de graffitis peinturlurés,affreux,
sans imagination aucune et qui ne veulent rien dire
Le monde est stone à l’automne
GUY