Les siècles ne semblent que chiffres et lettres ou encore simples marques sur le cadran de l'horloge. Mais les grandes cassures ne s’accordent jamais avec la mathématique.
Notre cycle actuel vingt et un, quand donc a-t-il commencé à changer l’univers et transformer les cœurs, je cherche en aveugle ? Le vingtième siècle hier a pris son envol, dans les charniers de la grande guerre, et non pas en 1900. Il y a ainsi des mouvements intemporels sang brouillard exil, et misère qui bouleversent profondément l’humanité.
L’expulsion des juifs et des morisques d’Espagne en 1492 et, dans le même port, le bateau de Colomb partant pour la future Amérique. Mon dieu faudra-t-il toujours enfanter dans la douleur et la douleur serait-elle sœur de la rédemption ?
Mon article est sombre, pardon, tout se produirait sur la terre comme si l’homme à l’orgueil immense et dérisoire voulait s’approprier les choses en oubliant le temps qui passe irréversible, intolérable, incontournable. Pourtant le premier n’est nullement propriétaire du monde, il est seulement gardien d’un jardin.
Il le sait, on le lui a dit dans des poèmes, des prières, des chansons, des confidences.
Un jour d’hiver on l’exila d’Eden, demain le sera-il de "son" œuvre bien mal gardée ?
Je vois cependant cet instant s’approcher, je ne suis pas le seul à le ressentir, c’est drôle dans la solitude des vacances on se souvient davantage, on réfléchit… On a peur.
On compte les heures plus facilement tu sais. On revit le passé.
"Fais le vide en toi" nous disent les anciens, chasse la douleur mais je ne puis, j’ai pourtant souvent essayé, trop d’images de poèmes de musique de souffrances, je n’arrive pas à me calmer, retrouver une humilité nécessaire, tenter l’Oubli des Vacances.
Alors, pour me donner l’impression que ce siècle ne puisse s’écrouler sans avoir pris son envol, à ma mesure je plante encore des arbres, mon dernier est un plaqueminier, il a fleuri, et puis je sème des mots, merci de parfois les aimer, mais cela suffira-il à infléchir le destin…J’en doute ! Et pourtant la terre est si belle d’amour de lumière et de bonté…
Regarde mon ami le sentier !
GUY