j’ai vécu une vie
et puis une parenthèse
où l’horloge du temps
semblait s’être arrêtée
j’ai repris le chemin
fermé la parenthèse
et l’horloge du temps
s’est remise à tourner
âge de raison
au fond de l’homme
il y a une solitude
une peur vagabonde
minerale et profonde
au fond de l’âme
il y a une certitude
une foi païenne
viscérale et mystique
vie ancestrale
communication immémoriale
Mais... Je cherche encore ! Toujours insatisfait... A un moment je croyais avoir touché le but. Non. Me trouver, me retrouver, savoir qui je suis, qui j’aurais du être, ce avant qu’il ne soit trop tard, une recherche qui reprend en continu. L’horloge peut-elle tourner en sens contraire, repartir dans le passé en sachant cependant que ce serait impossible, être avoir été, le monde est pourtant inversé, tu sais.
Tiens, le divin que me contait grand-mère, le bon dieu tout simplement, avec sa barbe blanche niché dans un nuage bleu, vous devez vous en souvenir, serait devenu «Le big bang»... Quelle dérision ! Mais avant cette explosion ? Et pourquoi celle-ci ? Quel est son sens ?
Alors, là, j’entrouvre à tâtons le voile, c’était sans doute pour créer la terre et l’homme. Le jardin et l’humain. Mais l’homme qu’a-t-il fait de ce jardin ? Il y a paraît-il dans le Pacifique un nouveau continent de déchets flottants, amené par des courants tourbillonnants, immense, désespérant. Lors l’homme serait-t-il devenu grand horloger, impossible, le créé pourrait-il prendre la place du créateur? Qu’est-ce que l’homme en fin, un mortel qui veut jouer dans la cour des grands ! Quel orgueil ?
Non, l’horloge du temps m’importune, elle est trop pessimiste, trop humaine finalement, plus noire que grise... Je vais de ce pas tenter de l’arrêter, ou bien donner du retard au mécanisme. Revenir au vieil hier, au moins dans un rêve de survie. Merci Monsieur l’imaginaire, tu restes notre seul espoir, notre dernier, avec le Divin qui me prend à la gorge, mais que partout l’on s’efforce d’effacer.
Popo