humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Chut, je dois nous vous faire un aveu : Quoi donc répondit mon alter égo toujours curieux des choses de la vie. Quand je remonte vers mes plus anciens souvenirs, ô toi mon vieux gémeaux, tu te trouvais déjà présent à mes côtés. Dans notre hier, avant le passage du marchand de sable, je me contais des histoires amusantes, à voix mi au fond du lit. Tu me donnais la réplique en me tenant la main..
Je n’ai jamais sucé mon pouce, ni rongé mes bouts de doigts ! Pourtant un jour tu es parti, je ne sais trop pourquoi.
Alors j’ai commencé à fumer moult et moult pipées de tabac au miel de Hollande. Tu sais *ô mon vieil ami que cela me donnait une contenance de jeune capitaine. Puis tu es revenu, un jour, sans doute par l’odeur de l’Amsterdamer alléché. Jeu de mots facile, certes, mais on ne gronde pas un petit garçon. On se regarda dans le miroir, c’est dôle tu souriais à l’envers. Nos cravates aussi. A l’époque je portais belle cravate, en soie peinte, ma seule coquetterie. Elle offrait un coucher de soleil sur la colline sainte Victoire.
Un jour tu m’as dit : Bonjour Guy-Claude, sur un ton plus moqueur que tragique... Quand on m’interpelle ainsi, j’ai le cœur serré. C’est mon vrai nom cependant, mais Claude n’a jamais marché ! Un jour, j’ai dit à l’oreille de mon autre dans le miroir magique où l’envers devenait l’endroit : tu sais, Claude c’est beau aussi. Ne sois pas jaloux ! Mon double m’a lancé : mais c’est moi Claude puisque que tu es Guy.
Ainsi nous grandîmes ensemble, il était le confident du Roy. Dans un jeu de cartes ce personnage n’existe pas, je le sais, mais si on croyait tout ce qui est vrai, Archimède dans sa baignoire n’aurait jamais dit Euréka à sa fidèle demoiselle de compagnie qui s’appelait ainsi paraît-il, ou bien était-ce l’inverse ? A-t-elle même existé ? En effet, comme Claudius Octavius Caesarus son ancêtre, Claude était plein de qualités : honnête, gentil, travailleur ; ainsi Guy pouvait chercher tranquille les œufs de pâques dans le bois d’à côté.
Nous eûmes vingt ans... ensemble... en Algérie... puis dans des îles...
Il est toujours là, à jamais, me tenant fermement par ma mèche de chéchia, et se moque comme avant en lisant par-dessus mon épaule. En fin nous nous sommes attachés l’un à l’autre. On se ressemble tellement...
ET JE TENTE UNE VIDEO