bella ciao ciao ciao
Un halo festif, inédit, musical, bon enfant, précédait entourait la petite place…
Mon fils aux anges, ma fille point de mire des marchands de poivrons et moi adoubé grand connaisseur en pomodors variés, tout cela au milieu d’une cacophonie sonore et gentille ; mon Elyane nous avait délégué ses pouvoirs pour bronzer sur la plage ! J’achetais donc en urgence de quoi nourrir la tribu affamée ! Devant le sourire ambigu et complice d’une jeune paysanne nez en l’air mouchoir à carreaux sur la tête, je demandais grâcieusement le motif de son émotion : «Je ressemblerais à Papa - ou même à Néron - ou bien encore à un aristocrate Romain» - que sais-je… On me dirigea alors vers un étal mozarella buffala véritablé de ferme ! La ricotta, nenni, finita. C’n’est pas pour les touristes du Nord.
Une méga bamboula-tarentelle sur la terrasse, autour d’un compotier géant empli de légumes fromages jambon, olives cassées ou pas cassées de moult couleurs sur tranches citrons confits en morceaux pré-découpés, oignons zet aulx variés, œufs fermiers (cuits bien sûr), parfumé d’herbes ensorceleuses du maquis ! Puis une énorme pastèque de aqua que l’on nomme ici coco melon. Ou bien l’inverse. Un mètre de diamètre au moins. Du miel ! Du bonheur. Et puis de gros raisins noirs gros, gros comme des pruneaux.
Le lendemain nous voicîmes à Grossetto où il y avait fête effectivement, comme nous l’avait dit le vendeur aux colliers de piments violets, secs ! Vite à la plage… sauf votre serviteur assis sur un vieux banc au royal écusson. Oui. Lors un bonhomme en béret me parla, devinez, en vieil espagnol antique : en effet El Rey Carlo Quinto de Todas las Espanias en personne y aurait construit lui-même le fort de guerre, il y a déjà quatre siècles. Le parler local en avait conservé, miracle Italien, des mots savoureux : par exemple «fou» se disait «loco mayor» comme chez moi.
La preuve !
Vers quatorze heures nous allâmes visiter les tréteaux, l’estrade, les chanteurs, c’était la fête du journal l’Unita, tout le monde mangeait des spaghettis prolétaires avec une tranche sauvage de pain de campagne bise sur coco melon rosso et un verre de vino rosso, toto rosso, on entendait des chants de guerre, accompagnés de cris à l’italienne, c'est-à-dire prononcés toujours en harmonie avec élégance : «mort au capitalisme», etc… On n’a pas eu peur !
Il nous fallut rentrer à Rome, voir tout de même l’Urbs, la Reine du Monde, et ses voleurs de rues. Notre premier repas latin : tranches de ‘’porchetta rôties’’ vendues froides en ville, pour la Feria d’Agosto qui approchait. C’était bon, bon, bon, farci d’ail et de laurier sauce !
Roma... ce sera demain.
NERON