humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Houille‘youye‘youille, le temps qui passe. Haille’yaye‘yaille, à dormir-batifoler-bavarder-badauder, dirr’ou’fairr n’importe quoi à n’importe qui…au hasard des choses. Lors, las las, vite vite, on devient vieux… et on se dit : hâ si j’avais su… C’est ainsi que belle Jeunesse rejette toute allusion au méchant Loup !
Des fois je me souviens des jours heureux et je pleure et je me dis : hâ si j’avais su… Pourtant, je savais, mais rien n’ai vu ni pu ! Ma maman m’avait bien averti : Guy, le temps passe, ne mets pas tes noisettes dans le même soulier. Garde quelques noix sans trop gaspiller dans le grand panier d’osier de tante Louise hérité. Pense donc au moment où tu n’auras plus d’espadrilles, garde ton vieux chapeau démodé, ravaude et sauve la gabardine usée de ta jeunesse folle au soleil quand tu allais à l’école à pieds sous la pluie, mais toi au contraire moqueur impénitent imbécile avant l’âge, tu t’es déguizé un jour en milicien affreux, et ton vieux chapeau troué t’en souviens-tu tu en as fait un déguisement de carnaval pour effrayer les hirondelles, rappelle-toi Guy-claude ta grand-mère qui te disait, je cite «ne tire pas la queue du chat noir à la voisine vilaine du dessous, ça porte malheur, ne te coupe pas les ongles sur le balcon le diable et la sorcière viendront hou hou hou les ramasser», et plein de choses bizarres encore ! Et bien depuis c’est plein de chats noirs dans le jardin qui miaulent la nuit après mon p’ti chat gris qui a peur le pauvre, de plus je voudrais bien croquer bonnes noisettes mais plus ne puis,
et’ le’ pire’ c’est’ la’ Té-lé…
Avant avant avant au moins "Elle" n’existait pas, on se couchait tôt, en pyjama de chaude flanelle en bonnet de nuit à rubans en chaussettes de bonne laine, maintenant c’est terrible : ici un commissaire ivrogne, là un inspecteur drogué, ailleurs un espion fou, partout des meurtres de policiers ripoux, des polars à gogo, à vomir, des prostituées éventrées, encore hier le diable en goguette lui-même en personne him-self qui s’était déguizé en pimpant gaston pour assassiner un type qui n’avait rien fait de mal à qui’con-que, et… le FOOT… Momon… le foot, soupir silence grimace grognement, le pognon, tout le monde en est friand bien entendu, suit ça de très près, bave de bonheur : «on a gagné !», achète en bourse qui un joueur prometteur mais véreux, un autre une équipe nulle mais à produits dérivés juteux, trouve cela normal, faut voir alors la blonde spiquerine avec son assent pointu prononcer en minaudant ces mots avec gente gourmandise componction délectation : «pour la poule (sic) finale, le Paris saint germain a très bon espoir», alors… je déprime ! Si j’aurais su, j’aurais acheté une maison sur la face cachée de la lune et là ni fisc ni foot pour m’embêter. Paisible, heureux, sous la lune, à la terre bleue, j’aurais rêvé.
Des fois le monde nous persécute, les enfants : j’ouvre à peine les yeux -tranquille souriant tout plein de rêves dorés- voilà t’y pas que ma moitié (et plus) me lance : debout paresseux cépaltou ifoqu’on’y’aille, je lui dis oui mais où et tout de même après le café, elle me dit ça urge : tous ensemble tous ensemble tous à la manif ! Je lui dis quelle manif ? Pour une fois elle ne sut que répondre, fronça son sourcil droit en accent circonflexe aigu mauvais présage, réfléchit : mais à la manif bien sûr pour sauver les retraites de ceux qui sont à la retraite, on y est allé, j’ai pris des notes sur un vieux carnet, et bien devinez les petits, devinez, c’est rigolo, y’avait plein plein plein d’escholiers de la maternelle au certificat d’estude qui défilaient avec des pancartes emplies de fautes d’orthographe : tous ensemble tous ensemble tous, nous voullons une r’tr’ète rapidde é dhorrée.
Le monde est stone décidément.
Guy