…..son premier geste, entré at home, est de se regarder librement dans la glace de la chambre à coucher de sa mère ! La coupe de cheveux militaire est vraiment disgracieuse, se dit-il. Aussi notre guerrier, en permission définitive, court chez son coiffeur ancien, au coin de la rue.
J’entre donc, je m’assoies, réponds aux salamalecs de bienvenue, «ça fait bien longtemps…» Je vais vous arranger ça, me dit l’homme d’art. Refaire de vous un beau garçon ! En attente sage, je consulte les revues…
Chaque Figaro a son magasine, ici c’était Paris Match ! J’ouvre le dernier magasine, trouve un article de fond sur les Horoscopes. Plusieurs pages par signe, mes chers ! Je remonte en arrière, trouve un numéro précédant, tombe alors devinez sur les Gémeaux : les natifs de Juin dont petit Guy. Les meilleurs.
Signe d’Air, d’intelligence, de malice, de goût exploratoire, insaisissable, voyageur, curieux, que de compliments.
Il y avait cependant un seul petit bémol : Double personnalité ! Ce qui donnait à réflexion toutefois, mais je passais outre…
Couleur le bleu turquoise décidément, métier artiste ou professeur redécidément, charmeur ou charlatan, beau parleur qui parle parfois comme ça, pour rien, pour rire. Je m’y voyais comme un gant ! Lors je sortais avec une étudiante Vierge, tout coiincidait : métier commerçante ou pharmacienne, justement c’était encore ça ! Le vert sa couleur… Rereça. Alors je reçus un choc : et si les horoscopes disaient vrai ?
J’entamais un sondage, mis au pied du mur beaucoup avouaient y croire. Ma maman disait du bien des Balances… Ma sœur… Alors me suis attaché à la divination, jusque à tenter de faire tourner les tables. Et surtout à la transmission de pensée : je consacrais mon énergie à persuader mes partenaires de jouer la couleur de cartes qui convenait et, bien souvent (je n’ose) je gagnais. Ce fut ma période tripot, où l’on jouait au bridge dans des fonds de brasseries enfumées, avec des potes cigarette au bec.
Je développais le don, et sans en faire mon gagne pain, j’en tirais quelques avantages, par exemple impressionner et rendre ma partenaire de boum ou de bal vaporeuse… Sic. En cas d’acceptation. Pasque alors les bals se faisaient encore, sauf grand changement : l’on invitait maintenant sa danseuse d’un geste lointain! Avant mon service militaire, c’était un monde différent, il nous fallait aller le cœur battant à la table de la belle, traverser la salle parfois dans la lumière, lui exprimer son plus beau sourire, lui dire d’un ton persuasif : vous « dansez mademoiselle ?»
Certaines boudaient, se reculaient même, d’autres acceptaient du bout des pieds, d’autres encore refusaient niet, pour faire sans doute les intéressantes.
Combien de Niets ai-je reçu, si vous savez ?
Malgré les horoscopes les tables tournantes et la divination.
Une fois....
GUY