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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 08:44

https://youtu.be/4m11EI78BOQ

~~Mon aquarelle sur une petite musique en Sol mineur bien évidemment. Grand-mère Lucie m’enmenait jouer au «Petit Vichy», le jeudi. Dans ma bonne ville poussière et lumière d’Oran, c’était d’ailleurs le seul endroit fleuri. Empli d’allées en volutes Robinson, de clair obscur, où je m’inventais au milieu des abeilles et des papillons. Mon premier jardin, vous savez ? Un premier amour ? Je le voyais immense, resplendissant.

Bien plus tard juste avant l’Exil, je lui ai consacré une petite visite pour le fixer dans mon souvenir… Il avait perdu de son immensité, mais non point de son émotion … C’est drôle il était devenu mouchoir de poche, brodé certes et de grande dame des matins du monde. Combien de fois plus tard je l’ai exprimé en fumée grise et bleue d’une pipe étonnée. C’était l’âge de Brassens «le héros des adolescents qui ne voulaient grandir».

Lors la fumée du souvenir réchauffait mon imagination. Et je dessinais palpais sculptais transposant le rêve, m’en imprégnant. Lors je sentais le tabac hollandais, l’Amsterdamer au miel me disaient celles que je courtisais… Combien de jardins d’Eden ai-je ainsi modelé ? Sans oublier fleurs libélulles papillons, et tendre sourire de Lucie, à qui j’offrais des brassées roses ou blanches cueillies aux grands bougainvilliers, ou bien prises aux pourpiers bordure multicolore, en collier refuge coccinelle hanneton.

Plus tard j’ai bâti un premier jardin d’exil, à Madagascar, puis un autre dans le Pacifique… mais jamais aussi étonnant et premier que celui de mon enfance. Un jour j’ai planté ma tente, comme ça, sans nulle trompette ni bonne raison, En la verte Normandie ! Etait-ce, toute proche «La sente du bon dieu», ou bien le vieil hasard vous savez, muse au masculin des jardiniers perdus ?

Un terrain en rectangle, un chouya finissant en un T vieux paysan, par bonheur toutefois. Ce fut difficile de recréer des volutes pour poser ses sabots, alors j’ai planté replanté modelé… découvrant là une jungle épaisse, ici un massif de montagnes, là encore une pierre «dolmen» du passé !

Et ce devint ainsi un espace nouveau, où au détour d’une sente «minuscule chut» on pouvait découvrir quelque arbre de vie, quelque fleur surprenante d’Australie ou bien d’une mystique Patagonie. Et miracle, dans un coin abrité, Un Olivier. Je me promène l’admire lui parle lui contant à l’oreille avoir placé quelques figuiers pour lui tenir compagnie. Que je l’aime, qu’il est mon arbre sacré. Et surtout qu’il n’attrape pas de méchant rhume.

Voilà, c’est mon jardin près de la «Sente du bon dieu» !

Guy

http://www.google.fr/url?

 

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 16:30

~~Entouré de tulipes, mon regard fleurette avec leurs différentes couleurs, les jolies primevères… Jamais satisfait, me dis-je, tu cherches encore ailleurs Je suis sur la longue chaise à jouer au vieux lézard. Le ciel, le bleu qui se blanchit d’un voile d’argent ? Insatisfait toujours. Mais pourquoi ? Cette douce clarté du jour au gré des différents Verts et Ors, ne te suffirait-elle donc pas…

Tu penses à nouveau à d’autres hiers … Tu avais ta mère, ta maison, ta chambre, un balcon, et à deux pas botté la plage caramel sucre d’orge. Et puis la vague tiède que tu trouvais pourtant si fraîche … Enfant gâté, tu étais, le savais-tu ? Méritais-tu même ton bonheur … Lors je me souviens de l’Exode, avant de prendre l’avion, laissant ma dauphine (petite demoiselle qui portait le doux nom de Primevère) sur le parking.

J’ai fait, avant de prendre l’aéroplane, une dernière promenade sur les dunes couvertes d’ajoncs et de fleurs. Je n’arrivais pas à imaginer que c’était une dernière fois. D’ailleurs je n’y pensais pas. Je nous croyais éternel ! Un monde immuable, qui m’attendrait. Une dernière image : le sable blond que les juilletistes insouciants n’avaient guère foulé, la musique de l’eau amère et si claire cependant, le parfum entêtant de l’iode, la solitude paisible d’un début de semaine comme les autres …

Il y avait bien au lointain quelque canonnade, une explosion ou deux. Mais on en avait tellement l’habitude, qu’on l’ignorait. Peu à peu d’ailleurs une immense volupté nous envahissait, on plongeait et buvait à pleine gorgée l’insouciance gracieuse et la beauté naturelle des choses. On était tout simplement heureux !

Alors vous savez ma longue chaise sur la pelouse, mon bonheur présent de vivre sur la bonne herbe de France, ne faisaient pas le poids. De si rares bouffées de chaleur verte … comparées à celles en volutes épaisses charnelles du grand bleu ! Cette seconde maman qui m’a donné le sein...

Un demi siècle plus tard, vous voyez, la nostalgie me prend toujours, encore … Mais m’a-t-elle un simple instant quitté ? Aujourd’hui, les fleurs du jardin mien ne gomment pas la nostalgie.

L’exil tu sais ?

GUY

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 17:34

Je pleurais, n'ayant pas reçu le prix de géographie attendu. Ma mère m'amena dans l'antre d"ALI BABA du livre d'occasion, et choisit à la couverture "le Maelstrom d'Edgar Poé." Une couverture à l'ancienne, à la Jules Verne. Elle m'expliqua qu'il s'agissait d'un capitaine fou aventureux qui voulait explorer l'oeil magique d'un tourbillon marin en Norvège.

Je humais d'abord le livre, l'admirais, m'enfermais dans mon lit pour goûter les illustrations. Et commençais la lecture -en gros caractères. Assez vite j'étais prisonnier de la lecture. Je m'abonnais, alors, à la bibliothèque municipale et dévorais l'Anticipation, mot bien plus joli que S F. Puis je glissais vers les merveilleux Robinsons.

Ma maman lisait elle Madame Bovary de Flaubert, même que plus tard je dis à un prof : c'est d'un ennuyeux.... Donc, je décidai de devenir auteur de roman de Sience fiction sur papier d'écolier. Mon premier titre s'intitulant Robinson des étoiles. Mer orangée, ciel vert, champignon géant nourrissier, baleine vache à lait...

Comme mon père travaillait dans une usine, réquisitionnée par les américains, lors d'une visite je découvris dans une poubelle une grande Tinsef-Radio, au rebut. Je l'amenais sur mon balcon, justement celui où ma mamie juste hier me contait la lune et les étoiles filantes. Vite on sut dans le quartier que je voulais construire une machine à explorer l'espace. Et plein de petits gars montaient pour visser et dévisser l'engin.

Las un jour en revenant de l'école, plus de machine, ma maman comme excuse dit que ça sentait mauvais et l'a jeté aux encombrants. Plus de copains, de tourne vis (le régal des garçons), de bobines...

Ainsi stoppa ma vocation !

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:35

10 03 2015 comédie humaine… Dans la salle de Réveil

www.youtube.com/watch?v=pzOncJG4w64

Rapidement j’ai perdu mon acuité visuelle, le Docteur me dit : Cataracte ! Me voici donc dans la salle d’Endormissement et de Réveil, à la clinique Sainte Y de Rouen. Pôvre popo, couché dans un lit des plus sérieux, à la mercy des infirmières… Des seringues, des pilules… Tout cela dans un environnement pour le moins étrange ! Et en plus dans la « mi ombre ».

Encore conscient, je m’adresse à une infirmière des plus chouette, petit format, la bonne cinquantaine, chut, les joues rondes mettant en valeur des yeux bleu-tendresse. Je lui murmurais dans un dernier souffle, « j’ai peur, tenez moi la main, please ». La dame me prit la main, je lui serrais les doigts, elle ne refusa pas.

La voyant bien disposée, je poussais l’avantage, et lui demandais de me chanter une chanson, comme le faisait hier ma grand-mère quand j’étais angoissé. Je n’en connais pas, répond-elle… Alors je lui soufflais : « La Femme Chocolat ! » Elle trébucha, puis aidée d’une collègue, toutes deux me la chantèrent. J’adore cette chanson d’Olivia Ruiz, il s’agit d’une demoiselle qui se laisse manger par morceau en You tube ! Ce n’est ni érotique, ni…, je vous assure, mais simplement coquin. Ravi, je m’endormis.

Au réveil, la même personne qui, me voyant ouvrir les yeux, se met à chanter la même chanson, et toute la salle suivait cette fois en Cœur. L’avait-elle entonnée en continu (la salle), ou seulement pour moi ? Je n’éclaircis pas la situation.

Pourtant un point me tracassait : je crois bien avoir entendu le chirurgien rouspéter, dire que malgré ses nombreuses interventions, le personnel ne lui donnait pas le bon bistouri. J’en ai parlé au patricien, qui se mit à sourire, et m’assura que tout allait pour le mieux « dans le meilleur des mondes ».

Au retour dans le taxi, les perruches caquetaient sur l’élection récente de Sarkozy. Il n’est pas grand disaient les commères, etc… J’avais un bandeau noir sur le visage !

Guy

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:02

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 10:01

~http://galeriegraal.com/artiste
-peintre/sauzet/sauzet-clown.jpg

23 02 15 Comédie humaine. Suite : dans l’Hypermarché Après les agrumes, nous allâmes aux bons vins, bio s’il vous plaît ! On chargea quelques bouteilles, j’étais si content de la permission de ma moitié ; je chantonnais dans mon caddy-fauteuil, pas très fort je vous rassure. Car vous savez le vin me met en joie avant, pendant, et après. Puis on se dirigea vers les balais brosse, sic, on en choisit un fluo, sic. En promo, pas cher.

Comme ce était la saint Valentin, un clown faisait la réclame, et je le saluais d’un panache imaginaire.

Il jouait au petit soldat. Il nous fallait passer à la caisse ; j’appréhendais, je n’aime pas ça mais pas du tout. Non pas payer, suis Grand seigneur, mais l’attente, et tout défile et la dame ne se trompe jamais, et on n’ose pas quand c’est fini vérifier ticket et notes imprimées. Par contre pleins de bons de réduction que j’offre autour de moi. Mon épouse devant Charger le caddy. Mais il y avait à l’Habitude des gensses qui resquillaient à la caisse des handicapés. Il nous fallait coupe-circuiter les parasites qui avaient déjà placé tous leurs achats sur le tapis de caoutchouc… Je sortis un beau sourire et dit : «Pardon, je désire passer». Contrairement à l’habitude, le couple provincial concerné, me dit : «Mais c’est Normal»… J’en étais estomaqué !

Puis le gars en casquette sortit : «Au moins vous, vous êtes poli, c’est pas comme la dame qui est passée devant, d’autorité, avec son gros ventre». La caissière ne se mêlait de rien, elle écoutait. Je passais donc, le remerciais de son amabilité, dit à la dame outragée, qu’elle allait avoir un beau bébé. Parlais quelque peu doucement du Grand Jacques Chirac qui avait fait une loi pour donner place aux handicapés et aux femmes enceintes en premier.

Le Haut Parleur en casquette racontait lui que sa grand-mère n’avait eu que trois semaines pour son accouchement. La vieille caissière, blasée, opinait du chef, et n’en pensait sans doute pas moins, ou bien était usée par le travail… Nous finîmes, sortîmes, nous libérâmes, et au portail j’étais, moi, toujours en joie du mic mac vécu, surtout qu’on m’avait complimenté pour ma bonne éducation, je gambadais virtuellement ; mais mon épouse, elle n’était pas contente du temps perdu. Le tout sans avoir vérifié le Ticket !

Et encore je trouve que les mœurs intimes «des français» s’améliorent… ? Quant aux burkas, ayayaye ! D’un noir…

http://youtu.be/SX2HAxXIysg

Guy

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 15:57

A l’entrée des pousse-poussettes en plastique bleu-saphir translucides pour les personnes qui auraient (encore) mal au pied. Au «carrosse» un petit chariot était accolé, et derrière une charmante Dame donc qui me poussait ! N’ayant pas l’habitude, mais emplie de si bonne volonté, celle-ci avançait tant bien que mal dans les allées en zigzagant charmeusement. On naviguait donc à l’aventure contrairement à l’habitude de Ma dame.

La direction préparait la Saint Valentin et offrait quelque fleur aux carrefours stratégiques nombreux de l’hypermarché. Vous me croirez sans doute mais je n’y avais jamais mis les pieds avant d’être éclopé. Je m’étonnais de tout comme un enfant. Elyane patiemment me réprimandait : «c’est pas l’tout il me faut aller vite fait à la Bonneterie». Et avant que je ne m’exclamasse elle m’avait abandonné au milieu de l’allée des fromages ! Et puis disparut.

Il me fallut composer, je m’excusais auprès des dames en gros chariot qui tentaient de passer. Invariablement elles me souriaient. J’ai encore du charme, pensè-je… Et puis les bambins dans les chariots ouvraient de grands yeux étonnés, en voyant un papy dans un semblable véhicule. On se saluait, moi par ma plus belle grimace, le bambin par son plus délicieux sourire. Et si le propre chariot du petit stationnait aux fromages, j’en profitais pour mimer des coups de pistolet, et l’enfant fermait les yeux de plaisir jouant à mourir. Oui, Sic ! Et tout cela derrière le dos des grands. Les gosses ont plus le sens de l’humour que les vieux adultes dadais du beau super marché.

Voilà mon épouse qui revient, et dit : «on va s’acheter des oranges !»

Nous voici aux agrumes, mais la balance, d’un compliqué d’ailleurs, était bien éloignée. Dans l’attente, j’ai commencé une alerte conversation en espagnol avec deux jeunes filles qui se parlaient dans cette langue. C’était palpitant, l’une venait de Cuba, par Madrid, et l’autre aux yeux bleus de Barcelone avec un papa anglais. Et l’on papotait, et l’on riait, de mon espagnol je crois… Elles partirent.

Elyane revint : «j’attendais que tu finisses me dit-elle mi figue mi raisin».          Bientôt la suite. Guy

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 18:32

http://youtu.be/-7gQa-RyA9Y

antananarivo

http://youtu.be/xMZiD6WOmh8

On est donc arrivé un Zuma (vendredi) jour de grand marché, lequel s’étalait sur les trottoirs de l’avenue de l’indépendance, au pied de l’hôtel choisi. On sortit dans la rue, et déjà le spectacle semblait étrange et déroutant. De délicieuses familles en chapeau de paille, minimes en taille, groupées autour d’une maman souriante toute propre, et d’une jeune fille, jolie comme un cœur, certes d’aspect rustique, et qui proposaient avec grâce leur artisanat. Tout cela, à voix basse, avec des gestes lents, menus, presque sans monnaie ! Dans une langue si musicale. Déconcertant, n’est-ce pas ?

Quelle différence avec le marché natal, méditerranéen, où chacun débordait, proposant à grands cris sa marchandise, où l’on devait s’occuper de ses arrières tout autant que de ses avants. Dans un brouhaha guerrier préparateur à toute vente de produit. Et toujours «le bien servi, n’est-ce pas», ou bien le petit plus «pour vous mon ami…», ou encore le signe de «connivence» familier inévitable dont raffole les arabes.


A Tana, l’échange restait discret, sinon timide, presque secret, sans rien de vénal, délicat, féminin. A voix basse… Lors, toute la famille remerciait le Vazaha blanc (étranger invité) le preneur, faisant régner une atmosphère d’infinie gratitude. Les mots semblaient inversés : le oui positif se disant han han, un hochement de tête négatif pour le Vazaha. Combien de fois ai-je mal compris ou bien plus tard, et ai-je joué à désarçonner le vendeur sinon l’acheteur : le grand jeu de la grimace.

 

 

J’ai aimé ce pays, le comble étant l’élève grondée voire punie, qui riait au lieu de froncer le visage de tristesse. Chez moi il elle aurait pleuré, joué à l’effondré, au condamné, puis négocié la note, nié l’évidence par principe. Là, le jeune riait, terrible gagneur final et triomphant. Les Blancs imbus de leur culture, parlaient eux de relation hypocrite… Moi, peu à peu, me suis fait à cet échange en douceur que je sentais profondément noble.

http://youtu.be/HL1wttQI5uI

 

Il m’arrivait à la fin de trouver cette Civilisation où Dieu, la musique chorale, l’ombre de l’église, la naturelle honnêteté, l’amour familial, s’exprimaient sans cesse, infiniment supérieure en courtoisie et humanité à la nôtre si bruyamment brutale. Et sûre d’elle.    

Malgaches, je vous ai aimés.

 

Guy

  

Il m’arrivait à la fin de trouver cette Civilisation où Dieu, la musique chorale, l’ombre de l’église, la naturelle honnêteté, l’amour familial, s’exprimaient sans cesse, infiniment supérieure en courtoisie et humanité à la nôtre si bruyamment brutale. Et sûre d’elle.

 

http://youtu.be/HL1wttQI5uI

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 18:22

http://youtu.be/AklM3syOvsk

18 12 14   Déjà, tout gosse, mes premières interrogations …  voguaient sur le mystère   du Divin. Je me souviens de séances de pré maternelle ; deux vieilles anglaises avaient ouvert un atelier d’éveil, elles nous fourraient les mains dans la peinture en pâte, avec  des doigts pinceaux. Elles nous énuméraient pour commencer les multiples couleurs… les bleus turquoise, les verts émeraude, l’indéfinissable caca d’oie. Et nous les artistes en herbe découvrions la Toscane italienne dont les vagues en collines’couleurs m’enchanteraient plus tard.


Terre de Sienne, brûlée de préférence, je n’avais pas trois ans, je crois, j’étais «bout de chou», déjà j’appréhendais du vivant un peu du grand mystère. Et Dieu là dedans… mais c’était la Couleur n’en doutez pas. Merci maman pour cette initiation à la beauté comme une joie, une peinture, divinité première.


Mon papa était musique : il possédait un grand meuble qui faisait du bruit, il l’appelait «Sa Tin’sef», en acajou à facettes avec des lampes cachées derrière le grand portail du Rêve. Il y passait des disques de chansons espagnoles, où l’on parlait chantait riait de «séguedilles en  castagnettes je crois », avec des voix gaies chevrotantes à l’ancienne ; les grands dansaient même…


C’est bizarre, j’associais la musique avec le mystère. Des fois je voulais savoir ce qu’il y avait d’Humain derrière le portique d’acajou : il n’y avait cependant que des fils des bobines. Alors je comprenais que le réel réel me serait difficile à décoder. Ainsi je pris l’habitude de transposer le vrai le concret en des images de sons de couleurs. Et si… Le monde n’était que figuration, du second degré.

539B

La guerre vint, les mécanismes devenaient irréparables, mais la magie n’avait jamais disparue, elle déclenche encore d’ailleurs l’intense rayonnement du divin qui nous embarque, nous mène, nous tient la main, nous fait voguer dans notre cher hier.


Plus tard j’ai su que le divin se vêtait de sons et lumières.

Vous direz : mais toi l’enfant devenu homme, tu l’as toujours su !

 

 Guy

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 15:40

http://youtu.be/VUBGB68j5_A

Le jour où je suis entré en guerre…

…ce fut par le grand portail de la caserne, quartier d’Eckmuhl à Oran.

La sentinelle gardait l’entrée, filtrant les appelés, lesquels entraient ô combien hésitant. Colette qui m’avait accompagné, restait en extérieur. J’eus forte envie de la serrer encore une fois dans mes bras. Le soldat de garde refusa : naiive hérésie ! On entre avec un billet bleu, c’est le jeu, mais on n'sait jamais quand on sort.

 

Un mystère indispensable à la magie militaire, la ligne d’arrivée étant celle d’un non retour. *Quand je partis réellement faire la guerre, ce fut un peu plus tard. La montagne ! 


Je devais tirer au canon. On m’y prépara. Hausse, dérive, logarithme, pas d’erreurs, garde à vous, point permis. L’ennemi était de chiffres de lettres, et d’angles interdits. On chantait bien quelque chanson sur un artilleur inconnu, amoureux de son canon… Aussi ne trouvais point amusant la situation. Pas du tout  même ! Colette espaçait ses missives, elle n’aimait pas trop écrire voyez-vous…


Lors de nos longues canonnades, par les longues nuits romantiques étoilées, j’entreprenais quelque poème pour chanter mon ennui : car, j’avoue, je croyais bien être malheureux. J’en ai retrouvé un, voyez-vous. Faut-il être bête quand on a vingt quatre ans. De toute façon, gente dame, *normale, mon amie m’avait vite quitté, oublié je ne sais.

Car vous comprenez, la guerre c'n’est guerre sérieux.


Pourquoi je vous en parle ? Mais pasque les nouvelles ne sont pas bonnes aux infos.

 

         Guy vingt-quatre ans dans le Djebel Algérien             le spleen de l’aimée perdue...

           Voici donc le texte retrouvé, cinquante ans d’âge ! 

                                 

                       « En pensant à toi Colette »


     Dans la nuit du soldat sans armes   

         le canon jette sa haine,                          il rallume soudain la détresse

                                                                           puis de la guerre toute la       tristesse                                                                                                                                                         

          Dans la brume lourde de l’automne

          qui pèse, qui tonne,                                           d’un alcool sombre est noyé ton verre. 

                                                                                       petite lueur de la nuit, ta cigarette   

          est loin par terre, comme mégot

          qui brûle  que tu jettes                                     puis tu t’en vas tu fais la guerre                                                         

          Le canon  jette toute sa haine  ?                                                                             

          Pourquoi le brouillard pesant,                      la nuit lourde de ceux qui veillent

                           Sont-ils plus fluides quand le canon en longs sanglots jette sa peine.

                                               D’un alcool sombre est noyé ton verre...

 

                                                                Il tonne, tu écoutes sa voix grave

                               qui n’a ni cœur ni patrie ni amie, tu le supplies de se taire.

                                                   Mais voilà  tu fais la guerre

                                                                     GUY

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