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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 19:32

http://youtu.be/-7gQa-RyA9Y

antananarivo

http://youtu.be/xMZiD6WOmh8

On est donc arrivé un Zuma (vendredi) jour de grand marché, lequel s’étalait sur les trottoirs de l’avenue de l’indépendance, au pied de l’hôtel choisi. On sortit dans la rue, et déjà le spectacle semblait étrange et déroutant. De délicieuses familles en chapeau de paille, minimes en taille, groupées autour d’une maman souriante toute propre, et d’une jeune fille, jolie comme un cœur, certes d’aspect rustique, et qui proposaient avec grâce leur artisanat. Tout cela, à voix basse, avec des gestes lents, menus, presque sans monnaie ! Dans une langue si musicale. Déconcertant, n’est-ce pas ?

Quelle différence avec le marché natal, méditerranéen, où chacun débordait, proposant à grands cris sa marchandise, où l’on devait s’occuper de ses arrières tout autant que de ses avants. Dans un brouhaha guerrier préparateur à toute vente de produit. Et toujours «le bien servi, n’est-ce pas», ou bien le petit plus «pour vous mon ami…», ou encore le signe de «connivence» familier inévitable dont raffole les arabes.


A Tana, l’échange restait discret, sinon timide, presque secret, sans rien de vénal, délicat, féminin. A voix basse… Lors, toute la famille remerciait le Vazaha blanc (étranger invité) le preneur, faisant régner une atmosphère d’infinie gratitude. Les mots semblaient inversés : le oui positif se disant han han, un hochement de tête négatif pour le Vazaha. Combien de fois ai-je mal compris ou bien plus tard, et ai-je joué à désarçonner le vendeur sinon l’acheteur : le grand jeu de la grimace.

 

 

J’ai aimé ce pays, le comble étant l’élève grondée voire punie, qui riait au lieu de froncer le visage de tristesse. Chez moi il elle aurait pleuré, joué à l’effondré, au condamné, puis négocié la note, nié l’évidence par principe. Là, le jeune riait, terrible gagneur final et triomphant. Les Blancs imbus de leur culture, parlaient eux de relation hypocrite… Moi, peu à peu, me suis fait à cet échange en douceur que je sentais profondément noble.

http://youtu.be/HL1wttQI5uI

 

Il m’arrivait à la fin de trouver cette Civilisation où Dieu, la musique chorale, l’ombre de l’église, la naturelle honnêteté, l’amour familial, s’exprimaient sans cesse, infiniment supérieure en courtoisie et humanité à la nôtre si bruyamment brutale. Et sûre d’elle.    

Malgaches, je vous ai aimés.

 

Guy

  

Il m’arrivait à la fin de trouver cette Civilisation où Dieu, la musique chorale, l’ombre de l’église, la naturelle honnêteté, l’amour familial, s’exprimaient sans cesse, infiniment supérieure en courtoisie et humanité à la nôtre si bruyamment brutale. Et sûre d’elle.

 

http://youtu.be/HL1wttQI5uI

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 19:22

http://youtu.be/AklM3syOvsk

18 12 14   Déjà, tout gosse, mes premières interrogations …  voguaient sur le mystère   du Divin. Je me souviens de séances de pré maternelle ; deux vieilles anglaises avaient ouvert un atelier d’éveil, elles nous fourraient les mains dans la peinture en pâte, avec  des doigts pinceaux. Elles nous énuméraient pour commencer les multiples couleurs… les bleus turquoise, les verts émeraude, l’indéfinissable caca d’oie. Et nous les artistes en herbe découvrions la Toscane italienne dont les vagues en collines’couleurs m’enchanteraient plus tard.


Terre de Sienne, brûlée de préférence, je n’avais pas trois ans, je crois, j’étais «bout de chou», déjà j’appréhendais du vivant un peu du grand mystère. Et Dieu là dedans… mais c’était la Couleur n’en doutez pas. Merci maman pour cette initiation à la beauté comme une joie, une peinture, divinité première.


Mon papa était musique : il possédait un grand meuble qui faisait du bruit, il l’appelait «Sa Tin’sef», en acajou à facettes avec des lampes cachées derrière le grand portail du Rêve. Il y passait des disques de chansons espagnoles, où l’on parlait chantait riait de «séguedilles en  castagnettes je crois », avec des voix gaies chevrotantes à l’ancienne ; les grands dansaient même…


C’est bizarre, j’associais la musique avec le mystère. Des fois je voulais savoir ce qu’il y avait d’Humain derrière le portique d’acajou : il n’y avait cependant que des fils des bobines. Alors je comprenais que le réel réel me serait difficile à décoder. Ainsi je pris l’habitude de transposer le vrai le concret en des images de sons de couleurs. Et si… Le monde n’était que figuration, du second degré.

539B

La guerre vint, les mécanismes devenaient irréparables, mais la magie n’avait jamais disparue, elle déclenche encore d’ailleurs l’intense rayonnement du divin qui nous embarque, nous mène, nous tient la main, nous fait voguer dans notre cher hier.


Plus tard j’ai su que le divin se vêtait de sons et lumières.

Vous direz : mais toi l’enfant devenu homme, tu l’as toujours su !

 

 Guy

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 16:40

http://youtu.be/VUBGB68j5_A

Le jour où je suis entré en guerre…

…ce fut par le grand portail de la caserne, quartier d’Eckmuhl à Oran.

La sentinelle gardait l’entrée, filtrant les appelés, lesquels entraient ô combien hésitant. Colette qui m’avait accompagné, restait en extérieur. J’eus forte envie de la serrer encore une fois dans mes bras. Le soldat de garde refusa : naiive hérésie ! On entre avec un billet bleu, c’est le jeu, mais on n'sait jamais quand on sort.

 

Un mystère indispensable à la magie militaire, la ligne d’arrivée étant celle d’un non retour. *Quand je partis réellement faire la guerre, ce fut un peu plus tard. La montagne ! 


Je devais tirer au canon. On m’y prépara. Hausse, dérive, logarithme, pas d’erreurs, garde à vous, point permis. L’ennemi était de chiffres de lettres, et d’angles interdits. On chantait bien quelque chanson sur un artilleur inconnu, amoureux de son canon… Aussi ne trouvais point amusant la situation. Pas du tout  même ! Colette espaçait ses missives, elle n’aimait pas trop écrire voyez-vous…


Lors de nos longues canonnades, par les longues nuits romantiques étoilées, j’entreprenais quelque poème pour chanter mon ennui : car, j’avoue, je croyais bien être malheureux. J’en ai retrouvé un, voyez-vous. Faut-il être bête quand on a vingt quatre ans. De toute façon, gente dame, *normale, mon amie m’avait vite quitté, oublié je ne sais.

Car vous comprenez, la guerre c'n’est guerre sérieux.


Pourquoi je vous en parle ? Mais pasque les nouvelles ne sont pas bonnes aux infos.

 

         Guy vingt-quatre ans dans le Djebel Algérien             le spleen de l’aimée perdue...

           Voici donc le texte retrouvé, cinquante ans d’âge ! 

                                 

                       « En pensant à toi Colette »


     Dans la nuit du soldat sans armes   

         le canon jette sa haine,                          il rallume soudain la détresse

                                                                           puis de la guerre toute la       tristesse                                                                                                                                                         

          Dans la brume lourde de l’automne

          qui pèse, qui tonne,                                           d’un alcool sombre est noyé ton verre. 

                                                                                       petite lueur de la nuit, ta cigarette   

          est loin par terre, comme mégot

          qui brûle  que tu jettes                                     puis tu t’en vas tu fais la guerre                                                         

          Le canon  jette toute sa haine  ?                                                                             

          Pourquoi le brouillard pesant,                      la nuit lourde de ceux qui veillent

                           Sont-ils plus fluides quand le canon en longs sanglots jette sa peine.

                                               D’un alcool sombre est noyé ton verre...

 

                                                                Il tonne, tu écoutes sa voix grave

                               qui n’a ni cœur ni patrie ni amie, tu le supplies de se taire.

                                                   Mais voilà  tu fais la guerre

                                                                     GUY

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 13:12

http://youtu.be/6wmntW6Uqpg

Un coup de baguette, l’aéroplane s’envole pour le Pacifique ! Comme les nuages sont beaux au travers des hublots… Le Décalage Horaire : On dort le jour au comptoir, déambule à minuit sur la plage, etc. Nous voiçi dans la bourgade déliçieuse de Koumac. Pour la Toussaint, le capitaine du collège nous annonce une grande bamboula à l’aéroclub de Hien-Ghène, bourgade inconnue.


On traverse la chaîne, on s’attable, la terrasse est emplie d’aventuriers, pilotes de piper, de ballons, de voiliers, de planeurs à terre. Du poisson au menu, l’avait belle gueule l’aspect appétissant. Une loche à pois bleus, grillée vivante, tordue de fraîcheur comme disait maman, qui contait aussi des histoires de mérou à l’aiioli, de rouget à l’œil brillant, l’ouie pourpre, le poil mirobolant.

 

Gorgé de soleil, d’aventures, bercé de charme d’une serveuse fleurie, nous croquâmes à pleines dents la chair parfumée de la grosse bête… Rassasiés de bonnes choses, reprîmes la route sauvage, dans les pins colonnaires, les rochers déchiquetés de basalte noir.


A la maison, fifille et moi sentîmes des douleurs étranges. Mon épouse elle n’ayant grignoté que la queue à son habitude, avait laissé le charnu (avec la tête) à son seigneur et maître. Quant au garçon il n’était pas amateur de poisson. Donc, Jeannie et moi nous nous sentions partir vers l’au-delà. Mais quel au-delà ? Un qui nous grattait de partout…


Vite à l’hôpital.


Le colonel, nous dit d’une voix grave, vous avez attrapé la «Gratte», on n’a pas de remèdes, empoisonnement du foie. Je nous voyais embarqués pour … quand le grand toubib nous dit «à moins que…» «Quoi ?» «Que vous alliez chez maître Saint Eloy qui vit sur la plage, sorcier rebouteux, à vos risques et périls». Nous allâmes. Dans sa case des fétiches variés des mâchoires de requins des bouquets secs avec des ex votos de remerciement…


On but une potion magique à base de bourgeons de papayers au goût d’artichaut, nous nous  mîmes un emplâtre bizarre, nous baignâmes avec des mots d’exorcisme et rentrâmes nous coucher. Le lendemain ça allait mieux. Nous reprîmes goût à la vie, gambadions à nouveau comme des sous neufs, aurait dit grand-mère.


Le capitaine Cook parlait déjà dans ses mémoires d’une énorme loche noire hideuse qui l’avait empoisonné…

Guy

 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 14:42

 

Par ces temps voilés de gris… je me  dois de nous conter l’anecdote ensoleillée.

http://youtu.be/UoR0cuRfnKA

Nous étions à Toumodi Côte d’Ivoire, avions embauché un boy aux deux prénoms, Joseph et Youssoufo. C’était un Lobi, qui laissait toutefois sa lance à l’entrée. Il était coquet. Avec sa première paye, il s’était offert des lunettes d’intellectuel en verre blanc et une paire d’empeignes de soulier chic, avec des élastiques par en dessous. Il portait beau, surtout avec ses chemises bariolées, colorées atchoum, qui disaient des histoires.


Impressionné, je lui demandais où il les trouvait : il me répondit au marché ! 


«Patron» tu vas à gauche puis à droite puis au milieu y’a la pancarte : Grand tailleur de Paris» ! J’y vais derechef et trouve le maître de l’art, barbiche au vent, assis en tailleur évidemment, sur un tapis sans doute volant. Il me reçoit courtoisement, agrée ma demande : «Amène le tissus» me dit-il sur un ton de vieille noblesse Baoulé!


Je trouve l’éventaire d’étoffe, à droite puis à gauche puis au milieu, choisis une merveille, fond bleu et vert, avec un gros soleil rouge au centre. Un coupon pour bibi, un pour mon épouse intéressée par la mode africaine. Lors on retourne au tailleur, il prend nos mesures et, politesse exige, commence par la robe boubou de mon épouse ; deux heures après (!) elle était prête.


Bizarre il avait placé le soleil juste sur les fesses… Il nous dit, c’est comme ça ici. Le lendemain je vais prendre la chemise, le tailleur était parti au mariage de son neveu.


Je retourne le surlendemain, point de tailleur toujours en voyage nouveau ; cette fois un grand hurluberlu, son apprenti, qui nous assure savoir coudre extra. Il reprend les mesures, s’engage à finir, finis ô miracle, mais la chemise est cousue de fil blanc en relief. Devant faire broder (c’était la mode) l’ouverture en U, je demandais au brodeur d’à côté, mettez du fil bien blanc pour assortir. 


Cette fois le soleil était dans le dos. Seulement, au premier lavage, tout à déteint et Youssoufo me dit alors : «fallait mettre du vinaigre, patron». J’ai gardé longtemps ces objets en garde robe souvenir….

http://youtu.be/3EYNl8-rZCY

Et ai médité depuis sur les expressions : «cousu main» et «cousu de fil blanc» !


Goûteux n’est-ce pas ?

http://youtu.be/3dq-AHf7r3M

 

Guy

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 15:35

http://youtu.be/6cDnV5c7Y3s

- «C’est quoi l’amour», demandè-je à ma’mamie-à’moi’tout’seul. Je viens de lire sur un livre d’images ce mot, j’ai trébuché un moment tout de même, puis en un éclair l’ai compris ?  


- «C’est un papa et une maman qui s’embrassent», me répond doucement Lucie. Elle ajouta, il a offert une bague et elle une boîte à gâteaux, avec sur le couvercle un bouquet de fleurs de Vie.


- «Moi je veux me marier avec toi», lui dis-je, comme cela j’aurais la clef du placard à bonnes choses trempées dans le miel. Et aussi pasque… La dame sentit son cœur frémir et, en échange de cette déclaration, lui fredonna une très ancienne chanson où l’on parlait de fleurs et d’enfants !

http://youtu.be/yzd_pCT8qY0

Plus tard devenu grand, du moins le pensait-on, il allait poser une fleur sur la dalle polie du «grand jardin». Souvent tu sais. Il y avait du soleil de la verdure des couleurs, et plein d’oiseaux en cet espace du souvenir. Dans ma ville poussiéreuse, c’était d’ailleurs un havre précieux de pure beauté.


Et puisque enfin je savais lire, je pouvais contempler les épitaphes, sourire aux choses.

Ma démarche faisait jaser dans les chaumières, pourtant j’expliquais aux non croyants que par temps clair les âmes papillonnaient. Jusque à voiler la lumière bleue. Evidemment personne, personne, sauf peut-être ma mère ne me croyait. C’était pourtant ma maman qui me l’avait enseigné : parler à celle qui n’est plus, dans le silence, avec des mots d’hier…


Depuis j’ai gardé cette coutume de me conter des histoires…

en moi-même - à voix-mi...

Et des fois encore, chut, je m’évade et disparais dans un monde différent. Ö, un simple instant, volatile fluctuant, mais suffisant pour m’envoler, me libérer, oublier sans doute, pardonner peut-être, redevenir le gâté de grand maman : tu sais, quand la vie ne nous faisait pas encore peur. Avant la guerre…


Pasque, j’ai toujours cheminé avec le souvenir de ma Lucie, attentive et gentille, qui elle au moins m’écoutait, sans même hocher la tête, contrairement aux grands qui grimaçaient du coin à m’entendre : Vous vous rendez compte, une Personne d’apparence sérieuse et distinguée, portant toutefois chapeau de paille, qui marchait souriant, marmottant, sur le chemin sérieux de vie ?


Lucie es-tu là, pigeon’vole, reviens-moi, vois-tu !

Et avec le temps je crois toujours en l’âme qui papillonne…


http://youtu.be/314Gq4x55i8

Ne vous moquez point de moi, s’il vous plaît ?

Guy

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 17:41

 

 

Ayant subi quelques revers de fortune, le Rêveur se retira dans une bergerie rustique de Provence. Il voulait écrire ses mémoires, tout en se réchauffant au soleil parfumé de lavande. Sur la colline un bruit se répandit par-dessus les chaumières : un étrange chevalier, marquis sans doute, se cachait pour oublier un chagrin de vie ! D’amour romantique peut-être ?


Toutes les bergères intriguées, même les bossues, les belles comme les laides, passaient négligemment devant le hublot. Espérant retenir son attention ! Il se nourrissait frugalement de pain bis, de beurre blond, et de miel blanc de lavande, trempé dans un bol à fleur empli de lait de brebis ! Bien crémeux et parfumé aux herbes de garrigue.


 

Un jour «Elle» tapa à sa porte, en vieux sabots et jupons d’antiquaire.


 

Il ouvrit son huis, la fenêtre grinça sur ses gonds rouillés, «elle» lui sourit, c’était un rayon de lumière, demandant hospitalité, amour… qui sait ? En fait, «elle» proposait simplement ses petits fromages et son beurre frais.


Le «marquis», courtois, la fit entrer, lui acheta de ses caillés et de ses galettes dorées, lui demanda son âge : vingt ans dit-elle, il répondit le bel âge. Contrairement à ce que pensent les méchants, il apprit qu’elle avait un fiancé berger, qu’elle l’aimait, à qui elle était promise depuis ses douze ans, et que les bans étaient lancés.


Il se mit dans son fauteuil à bascule en osier de pays, afin de méditer sur l’amour et la condition humaine. Les lignes de ses mémoires en furent toute imprégnées. Et dès la deux centième page, il sut que le sujet ne serait pas épuisé, avant le coucher du soleil pour le moins.


Lors il s’endormit dans son fauteuil, et rêva… De quoi donc ? Mais…


Mais du cadre de sa jeunesse évidemment : Le balcon au soleil, les hirondelles sous le toit, le sourire de la voisine, la Mer de Lumière. Alors il s’envola dans un ciel bleu si clair, parsemé de moutons blancs, dans toute la beauté du tableau, et redevint l’enfant qui lançait sur la toile un souffle de tendresse.


Guy

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 18:27

Musique de la guerre de sécession - Dixie - Vidéo Dailymotion

 http://youtu.be/__kQX12S9YI

J’avais seize ans, et me nourrissais d’idéal, d’eau fraîche et de Science fiction.
Allongé dans le grand lit, je m’étais plongé dans «la guerre des mondes» du merveilleux Wells ! H G pour les intimes. Boum boum de tous côtés, rayons lazer (lors on disait radar violet), des bruits d’engin mécano-electro-biotoniques, de sales gueules vertes de soldats cruels ricanants et laids, de pauvres humains qui fuyaient dans les canalisations de la ville, la fumée bleue, les éclairs rouge flamme, tout y était. 


Et moi me régalais. Je voulais d’ailleurs sauver une jeune personne du quartier abandonnée par ses parents qui couraient plus vite. Je fermais les yeux sur le livre, imaginais, j’étais le dernier à résister, un héro fatigué qui ne s’en rendait nullement compte… L’air étouffait. Je sentais de plus en plus l’odeur de la guerre, je me levais péniblement, ouvris la fenêtre, dehors c’était irrespirable, je refermais vite les volets et me recouchais ! A l’abri.


Ma sonnette mécanique tinta, un coup, deux coups, trois… Je me réveillai alors en titubant,  j’ouvris la porte. C’était ma voisine, la grande Simonette, laquelle inquiète me demanda : ça sent une drôle d’odeur, tu ne fais pas une de tes expériences au moins ? Simonette m’était destinée comme épouse par sa grand-mère depuis toujours ; c’était ainsi dans le temps.


Je sentis alors l’air épais, mais j’étais si bien.

 En trébuchant j’ouvris la fenêtre et tombait sur le balcon. Au bout d’un long moment, me réveillai, alla à la porte de la salle d’eau, et sentis le gaz qui remontait par le conduit. Je réalisai, descendis un étage, mis une pancarte à la porte du voisin d’en dessous qui était absent, Fuite de gaz, aérai tout l’appartement, et me recouchai finir mon livre.


Le lendemain dis à Simonette : pourquoi tu m’as laissé sur la dalle couché immobile ? Si longtemps.

Tu comprends, "Guy, tu me sembles parfois si drôle".

Lui ai tout de même dit merci, mais ne l’ai pas épousé, elle était trop grande et avait de grands pieds !


La vie s’arrête à de bien petits détails, vous savez.

Guy

 

 

 

 

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 16:35

http://youtu.be/N-McjIMeC9I

 

http://www.ac-grenoble.fr/action.culturelle/DAAC/champs/patrimoine/files/oph00e9lie-pour-siteinternet.jpg

 

Imprégné (à jamais) par la beauté du Grand Nord Calédonien, sauvage et vrai, à la nature âpre sonore rythmée comme une ancienne tragédie grecque, et ce avant de m’exiler, je me devais de rendre hommage aux paysages, aux aventures humaines uniques étranges vécues par moi comme un don du destin.

http://www.tour-du-monde.nc/photos-nouvelle-caledonie/paysage1.jpg

Le titre et le thème seraient «du bout du monde» !

Dès les premières lignes, j’ai su que j'en serais prisonnier. Vous comprenez, j’ai aimé cet endroit perdu : Les cyclones y contant sans cesse exprimant la saga mystérieuse de la création des choses du monde !


Sur la plage de Poum en désordre, dans les algues et les coraux brisés, les coquillages laissés sur le sable par les vagues folles, gisaient au gré des algues. Certains si rares, si beaux, si nouveaux, si délicats, si précieux… comme cela abandonnés à la solitude humaine. Il me fallait vous les présenter !


Lors pour rendre plus musicale mon écriture, je me parlais à mi voix, disant et redisant des vers imparfaits, afin de mieux les corriger. Une voix… me répondait, intérieure extérieure, je ne sais. Inaudible sans doute pour l’un, étouffée pour l’autre. Et puis progressivement un changement se produisait, la voix devenait plus forte tout en restant toutefois sourde. Elle anticipait, trouvant le son, la mélodie que je voulais exprimer, me les soufflant à l’oreille, murmurant le juste mot.


Je sentais qu’une Personne d’Ailleurs, L'Autre, me guidait, sans doute pour réaliser une œuvre commencée et qu’elle devait terminer ? A deux, nous avancions…

Nourri de culture classique, je me souvenais que chaque homme avait une Muse à son écoute, lui tenant le doigt, le protégeant, le chérissant et l’aimant d’amour peut-être. Une Muse épouse fidèle, chantant en son écho l’œuvre poétique!


Ayant un ami savant, lui ai avoué tout cela, incertain, un peu intimidé, effrayé même de sa réaction : après un court silence, il m’exprima une pensée qui me parut étrange et qui sur le moment m’a étonné : «C’est le propre de la création, me dit-il sans même hésiter…».

Il me faut vous dévoiler maintenant un des poèmes doubles…   


Guy

 


 

                un matin     

                sur  la plage

                le vent du large

                soufflait

          un matin     

          sur la plage

          le vent du large

          pleurait

                un matin     

                sur la plage

                un coquillage

                mourait

         un matin     

         sur la plage

         un coquillage

         très beau

               un matin      

               sur la plage

               le vent du large

               parlait

 

                        un matin sur la plage

                        poème musical à deux voix-(île des Pins)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/63/Mousai_Helikon_Staatliche_Antikensammlungen_Schoen80_n1.jpg/640px-Mousai_Helikon_Staatliche_Antikensammlungen_Schoen80_n1.jpg

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 20:09

 

http://2.bp.blogspot.com/-OdFznJQuWPg/T1Kx_KitDQI/AAAAAAAAAGg/vfkSJ-CXZ-8/s1600/Bernard%2BBrauchli%2B-%2BMozart-%2BThe%2BNanner%2527l%2BNotebook.jpg

Lors nous vivions à Madagascar dans une villa un peu isolée du collège, entourée de verdure.


La véranda ouverte sur le back ground baignait d’une lumière bleutée, le soleil filtrait entre les grands lilas de Perse, au feuillage clair foncé. J’affectionnais ce moment de l’après midi où j’admirais ces arbres, dont les troncs réguliers frémissaient de rayons. La concession n’était pas grande, mais pour moi qui arrivais d’une ville crispée de chaleur, où l’eau était presque mirage, mon bel Oran que nous venions de fuir, ce jardin lumineux était forêt légère.


Un peu comme le chantait Baudelaire dans «correspondance» où l’arbre est un vivant symbole, un temple, une prière même … Et mon regard vagabondait entre les fûts réguliers, caressant ému leur frondaison tachetée de bleu ou de vert, et parfois de gris noir. Nous avions un tourne disque assez performant d’une vieille marque disparue, Teppaz je crois. Un disque vinyle de Mozart berçait lentement le silence, sans le rompre ni le gêner.


Un requiem si je m’en souviens.

Imprégné d’inconnu et de rêve, je songeais…


J’étais heureux vous savez, quelque chose prenait possession de mon âme, quelque chose de très fort et d’heureux, et de doux à la fois, une communion paiienne me semble-t-il, avec un peu du grand univers. Mon sentiment était mêlé, la musique me traversait. Mon épouse me prit la main. Plus tard elle m’a dit que je l’avais tenue sans fin…


Une plénitude m’envahit, je frissonnais, ma pensée tremblait, je n’apercevais plus le mur de clôture, les troncs semblaient piliers et le rêve était réel vous savez. Une impression de protection, de chaleur, presque d’envoûtement en même temps que de liberté. Alors j’ai su que ce moment d’extase me rapprochait du divin…


Pardon, j’ai remercié Dieu de sa création, de cet ineffable instant de bonheur vécu, de la musique venue d’en travers cette nature, qui permettaient cela sans pour autant peser.


J’ai ressenti cela une autre fois sur la route du Sud, ou plutôt c’est mon épouse qui me l’a tout simplement à l’oreille murmuré. Je vous le dirais…

 

Guy

 

 

 

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