Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 15:35

http://youtu.be/6cDnV5c7Y3s

- «C’est quoi l’amour», demandè-je à ma’mamie-à’moi’tout’seul. Je viens de lire sur un livre d’images ce mot, j’ai trébuché un moment tout de même, puis en un éclair l’ai compris ?  


- «C’est un papa et une maman qui s’embrassent», me répond doucement Lucie. Elle ajouta, il a offert une bague et elle une boîte à gâteaux, avec sur le couvercle un bouquet de fleurs de Vie.


- «Moi je veux me marier avec toi», lui dis-je, comme cela j’aurais la clef du placard à bonnes choses trempées dans le miel. Et aussi pasque… La dame sentit son cœur frémir et, en échange de cette déclaration, lui fredonna une très ancienne chanson où l’on parlait de fleurs et d’enfants !

http://youtu.be/yzd_pCT8qY0

Plus tard devenu grand, du moins le pensait-on, il allait poser une fleur sur la dalle polie du «grand jardin». Souvent tu sais. Il y avait du soleil de la verdure des couleurs, et plein d’oiseaux en cet espace du souvenir. Dans ma ville poussiéreuse, c’était d’ailleurs un havre précieux de pure beauté.


Et puisque enfin je savais lire, je pouvais contempler les épitaphes, sourire aux choses.

Ma démarche faisait jaser dans les chaumières, pourtant j’expliquais aux non croyants que par temps clair les âmes papillonnaient. Jusque à voiler la lumière bleue. Evidemment personne, personne, sauf peut-être ma mère ne me croyait. C’était pourtant ma maman qui me l’avait enseigné : parler à celle qui n’est plus, dans le silence, avec des mots d’hier…


Depuis j’ai gardé cette coutume de me conter des histoires…

en moi-même - à voix-mi...

Et des fois encore, chut, je m’évade et disparais dans un monde différent. Ö, un simple instant, volatile fluctuant, mais suffisant pour m’envoler, me libérer, oublier sans doute, pardonner peut-être, redevenir le gâté de grand maman : tu sais, quand la vie ne nous faisait pas encore peur. Avant la guerre…


Pasque, j’ai toujours cheminé avec le souvenir de ma Lucie, attentive et gentille, qui elle au moins m’écoutait, sans même hocher la tête, contrairement aux grands qui grimaçaient du coin à m’entendre : Vous vous rendez compte, une Personne d’apparence sérieuse et distinguée, portant toutefois chapeau de paille, qui marchait souriant, marmottant, sur le chemin sérieux de vie ?


Lucie es-tu là, pigeon’vole, reviens-moi, vois-tu !

Et avec le temps je crois toujours en l’âme qui papillonne…


http://youtu.be/314Gq4x55i8

Ne vous moquez point de moi, s’il vous plaît ?

Guy

 

Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
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Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 17:41

 

 

Ayant subi quelques revers de fortune, le Rêveur se retira dans une bergerie rustique de Provence. Il voulait écrire ses mémoires, tout en se réchauffant au soleil parfumé de lavande. Sur la colline un bruit se répandit par-dessus les chaumières : un étrange chevalier, marquis sans doute, se cachait pour oublier un chagrin de vie ! D’amour romantique peut-être ?


Toutes les bergères intriguées, même les bossues, les belles comme les laides, passaient négligemment devant le hublot. Espérant retenir son attention ! Il se nourrissait frugalement de pain bis, de beurre blond, et de miel blanc de lavande, trempé dans un bol à fleur empli de lait de brebis ! Bien crémeux et parfumé aux herbes de garrigue.


 

Un jour «Elle» tapa à sa porte, en vieux sabots et jupons d’antiquaire.


 

Il ouvrit son huis, la fenêtre grinça sur ses gonds rouillés, «elle» lui sourit, c’était un rayon de lumière, demandant hospitalité, amour… qui sait ? En fait, «elle» proposait simplement ses petits fromages et son beurre frais.


Le «marquis», courtois, la fit entrer, lui acheta de ses caillés et de ses galettes dorées, lui demanda son âge : vingt ans dit-elle, il répondit le bel âge. Contrairement à ce que pensent les méchants, il apprit qu’elle avait un fiancé berger, qu’elle l’aimait, à qui elle était promise depuis ses douze ans, et que les bans étaient lancés.


Il se mit dans son fauteuil à bascule en osier de pays, afin de méditer sur l’amour et la condition humaine. Les lignes de ses mémoires en furent toute imprégnées. Et dès la deux centième page, il sut que le sujet ne serait pas épuisé, avant le coucher du soleil pour le moins.


Lors il s’endormit dans son fauteuil, et rêva… De quoi donc ? Mais…


Mais du cadre de sa jeunesse évidemment : Le balcon au soleil, les hirondelles sous le toit, le sourire de la voisine, la Mer de Lumière. Alors il s’envola dans un ciel bleu si clair, parsemé de moutons blancs, dans toute la beauté du tableau, et redevint l’enfant qui lançait sur la toile un souffle de tendresse.


Guy

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 18:27

Musique de la guerre de sécession - Dixie - Vidéo Dailymotion

 http://youtu.be/__kQX12S9YI

J’avais seize ans, et me nourrissais d’idéal, d’eau fraîche et de Science fiction.
Allongé dans le grand lit, je m’étais plongé dans «la guerre des mondes» du merveilleux Wells ! H G pour les intimes. Boum boum de tous côtés, rayons lazer (lors on disait radar violet), des bruits d’engin mécano-electro-biotoniques, de sales gueules vertes de soldats cruels ricanants et laids, de pauvres humains qui fuyaient dans les canalisations de la ville, la fumée bleue, les éclairs rouge flamme, tout y était. 


Et moi me régalais. Je voulais d’ailleurs sauver une jeune personne du quartier abandonnée par ses parents qui couraient plus vite. Je fermais les yeux sur le livre, imaginais, j’étais le dernier à résister, un héro fatigué qui ne s’en rendait nullement compte… L’air étouffait. Je sentais de plus en plus l’odeur de la guerre, je me levais péniblement, ouvris la fenêtre, dehors c’était irrespirable, je refermais vite les volets et me recouchais ! A l’abri.


Ma sonnette mécanique tinta, un coup, deux coups, trois… Je me réveillai alors en titubant,  j’ouvris la porte. C’était ma voisine, la grande Simonette, laquelle inquiète me demanda : ça sent une drôle d’odeur, tu ne fais pas une de tes expériences au moins ? Simonette m’était destinée comme épouse par sa grand-mère depuis toujours ; c’était ainsi dans le temps.


Je sentis alors l’air épais, mais j’étais si bien.

 En trébuchant j’ouvris la fenêtre et tombait sur le balcon. Au bout d’un long moment, me réveillai, alla à la porte de la salle d’eau, et sentis le gaz qui remontait par le conduit. Je réalisai, descendis un étage, mis une pancarte à la porte du voisin d’en dessous qui était absent, Fuite de gaz, aérai tout l’appartement, et me recouchai finir mon livre.


Le lendemain dis à Simonette : pourquoi tu m’as laissé sur la dalle couché immobile ? Si longtemps.

Tu comprends, "Guy, tu me sembles parfois si drôle".

Lui ai tout de même dit merci, mais ne l’ai pas épousé, elle était trop grande et avait de grands pieds !


La vie s’arrête à de bien petits détails, vous savez.

Guy

 

 

 

 

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Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 16:35

http://youtu.be/N-McjIMeC9I

 

http://www.ac-grenoble.fr/action.culturelle/DAAC/champs/patrimoine/files/oph00e9lie-pour-siteinternet.jpg

 

Imprégné (à jamais) par la beauté du Grand Nord Calédonien, sauvage et vrai, à la nature âpre sonore rythmée comme une ancienne tragédie grecque, et ce avant de m’exiler, je me devais de rendre hommage aux paysages, aux aventures humaines uniques étranges vécues par moi comme un don du destin.

http://www.tour-du-monde.nc/photos-nouvelle-caledonie/paysage1.jpg

Le titre et le thème seraient «du bout du monde» !

Dès les premières lignes, j’ai su que j'en serais prisonnier. Vous comprenez, j’ai aimé cet endroit perdu : Les cyclones y contant sans cesse exprimant la saga mystérieuse de la création des choses du monde !


Sur la plage de Poum en désordre, dans les algues et les coraux brisés, les coquillages laissés sur le sable par les vagues folles, gisaient au gré des algues. Certains si rares, si beaux, si nouveaux, si délicats, si précieux… comme cela abandonnés à la solitude humaine. Il me fallait vous les présenter !


Lors pour rendre plus musicale mon écriture, je me parlais à mi voix, disant et redisant des vers imparfaits, afin de mieux les corriger. Une voix… me répondait, intérieure extérieure, je ne sais. Inaudible sans doute pour l’un, étouffée pour l’autre. Et puis progressivement un changement se produisait, la voix devenait plus forte tout en restant toutefois sourde. Elle anticipait, trouvant le son, la mélodie que je voulais exprimer, me les soufflant à l’oreille, murmurant le juste mot.


Je sentais qu’une Personne d’Ailleurs, L'Autre, me guidait, sans doute pour réaliser une œuvre commencée et qu’elle devait terminer ? A deux, nous avancions…

Nourri de culture classique, je me souvenais que chaque homme avait une Muse à son écoute, lui tenant le doigt, le protégeant, le chérissant et l’aimant d’amour peut-être. Une Muse épouse fidèle, chantant en son écho l’œuvre poétique!


Ayant un ami savant, lui ai avoué tout cela, incertain, un peu intimidé, effrayé même de sa réaction : après un court silence, il m’exprima une pensée qui me parut étrange et qui sur le moment m’a étonné : «C’est le propre de la création, me dit-il sans même hésiter…».

Il me faut vous dévoiler maintenant un des poèmes doubles…   


Guy

 


 

                un matin     

                sur  la plage

                le vent du large

                soufflait

          un matin     

          sur la plage

          le vent du large

          pleurait

                un matin     

                sur la plage

                un coquillage

                mourait

         un matin     

         sur la plage

         un coquillage

         très beau

               un matin      

               sur la plage

               le vent du large

               parlait

 

                        un matin sur la plage

                        poème musical à deux voix-(île des Pins)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/63/Mousai_Helikon_Staatliche_Antikensammlungen_Schoen80_n1.jpg/640px-Mousai_Helikon_Staatliche_Antikensammlungen_Schoen80_n1.jpg

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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 20:09

 

http://2.bp.blogspot.com/-OdFznJQuWPg/T1Kx_KitDQI/AAAAAAAAAGg/vfkSJ-CXZ-8/s1600/Bernard%2BBrauchli%2B-%2BMozart-%2BThe%2BNanner%2527l%2BNotebook.jpg

Lors nous vivions à Madagascar dans une villa un peu isolée du collège, entourée de verdure.


La véranda ouverte sur le back ground baignait d’une lumière bleutée, le soleil filtrait entre les grands lilas de Perse, au feuillage clair foncé. J’affectionnais ce moment de l’après midi où j’admirais ces arbres, dont les troncs réguliers frémissaient de rayons. La concession n’était pas grande, mais pour moi qui arrivais d’une ville crispée de chaleur, où l’eau était presque mirage, mon bel Oran que nous venions de fuir, ce jardin lumineux était forêt légère.


Un peu comme le chantait Baudelaire dans «correspondance» où l’arbre est un vivant symbole, un temple, une prière même … Et mon regard vagabondait entre les fûts réguliers, caressant ému leur frondaison tachetée de bleu ou de vert, et parfois de gris noir. Nous avions un tourne disque assez performant d’une vieille marque disparue, Teppaz je crois. Un disque vinyle de Mozart berçait lentement le silence, sans le rompre ni le gêner.


Un requiem si je m’en souviens.

Imprégné d’inconnu et de rêve, je songeais…


J’étais heureux vous savez, quelque chose prenait possession de mon âme, quelque chose de très fort et d’heureux, et de doux à la fois, une communion paiienne me semble-t-il, avec un peu du grand univers. Mon sentiment était mêlé, la musique me traversait. Mon épouse me prit la main. Plus tard elle m’a dit que je l’avais tenue sans fin…


Une plénitude m’envahit, je frissonnais, ma pensée tremblait, je n’apercevais plus le mur de clôture, les troncs semblaient piliers et le rêve était réel vous savez. Une impression de protection, de chaleur, presque d’envoûtement en même temps que de liberté. Alors j’ai su que ce moment d’extase me rapprochait du divin…


Pardon, j’ai remercié Dieu de sa création, de cet ineffable instant de bonheur vécu, de la musique venue d’en travers cette nature, qui permettaient cela sans pour autant peser.


J’ai ressenti cela une autre fois sur la route du Sud, ou plutôt c’est mon épouse qui me l’a tout simplement à l’oreille murmuré. Je vous le dirais…

 

Guy

 

 

 

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