Mercredi 17 décembre 2014 3 17 /12 /Déc /2014 19:22

http://youtu.be/AklM3syOvsk

18 12 14   Déjà, tout gosse, mes premières interrogations …  voguaient sur le mystère   du Divin. Je me souviens de séances de pré maternelle ; deux vieilles anglaises avaient ouvert un atelier d’éveil, elles nous fourraient les mains dans la peinture en pâte, avec  des doigts pinceaux. Elles nous énuméraient pour commencer les multiples couleurs… les bleus turquoise, les verts émeraude, l’indéfinissable caca d’oie. Et nous les artistes en herbe découvrions la Toscane italienne dont les vagues en collines’couleurs m’enchanteraient plus tard.


Terre de Sienne, brûlée de préférence, je n’avais pas trois ans, je crois, j’étais «bout de chou», déjà j’appréhendais du vivant un peu du grand mystère. Et Dieu là dedans… mais c’était la Couleur n’en doutez pas. Merci maman pour cette initiation à la beauté comme une joie, une peinture, divinité première.


Mon papa était musique : il possédait un grand meuble qui faisait du bruit, il l’appelait «Sa Tin’sef», en acajou à facettes avec des lampes cachées derrière le grand portail du Rêve. Il y passait des disques de chansons espagnoles, où l’on parlait chantait riait de «séguedilles en  castagnettes je crois », avec des voix gaies chevrotantes à l’ancienne ; les grands dansaient même…


C’est bizarre, j’associais la musique avec le mystère. Des fois je voulais savoir ce qu’il y avait d’Humain derrière le portique d’acajou : il n’y avait cependant que des fils des bobines. Alors je comprenais que le réel réel me serait difficile à décoder. Ainsi je pris l’habitude de transposer le vrai le concret en des images de sons de couleurs. Et si… Le monde n’était que figuration, du second degré.

539B

La guerre vint, les mécanismes devenaient irréparables, mais la magie n’avait jamais disparue, elle déclenche encore d’ailleurs l’intense rayonnement du divin qui nous embarque, nous mène, nous tient la main, nous fait voguer dans notre cher hier.


Plus tard j’ai su que le divin se vêtait de sons et lumières.

Vous direz : mais toi l’enfant devenu homme, tu l’as toujours su !

 

 Guy

Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires
Dimanche 23 novembre 2014 7 23 /11 /Nov /2014 16:40

http://youtu.be/VUBGB68j5_A

Le jour où je suis entré en guerre…

…ce fut par le grand portail de la caserne, quartier d’Eckmuhl à Oran.

La sentinelle gardait l’entrée, filtrant les appelés, lesquels entraient ô combien hésitant. Colette qui m’avait accompagné, restait en extérieur. J’eus forte envie de la serrer encore une fois dans mes bras. Le soldat de garde refusa : naiive hérésie ! On entre avec un billet bleu, c’est le jeu, mais on n'sait jamais quand on sort.

 

Un mystère indispensable à la magie militaire, la ligne d’arrivée étant celle d’un non retour. *Quand je partis réellement faire la guerre, ce fut un peu plus tard. La montagne ! 


Je devais tirer au canon. On m’y prépara. Hausse, dérive, logarithme, pas d’erreurs, garde à vous, point permis. L’ennemi était de chiffres de lettres, et d’angles interdits. On chantait bien quelque chanson sur un artilleur inconnu, amoureux de son canon… Aussi ne trouvais point amusant la situation. Pas du tout  même ! Colette espaçait ses missives, elle n’aimait pas trop écrire voyez-vous…


Lors de nos longues canonnades, par les longues nuits romantiques étoilées, j’entreprenais quelque poème pour chanter mon ennui : car, j’avoue, je croyais bien être malheureux. J’en ai retrouvé un, voyez-vous. Faut-il être bête quand on a vingt quatre ans. De toute façon, gente dame, *normale, mon amie m’avait vite quitté, oublié je ne sais.

Car vous comprenez, la guerre c'n’est guerre sérieux.


Pourquoi je vous en parle ? Mais pasque les nouvelles ne sont pas bonnes aux infos.

 

         Guy vingt-quatre ans dans le Djebel Algérien             le spleen de l’aimée perdue...

           Voici donc le texte retrouvé, cinquante ans d’âge ! 

                                 

                       « En pensant à toi Colette »


     Dans la nuit du soldat sans armes   

         le canon jette sa haine,                          il rallume soudain la détresse

                                                                           puis de la guerre toute la       tristesse                                                                                                                                                         

          Dans la brume lourde de l’automne

          qui pèse, qui tonne,                                           d’un alcool sombre est noyé ton verre. 

                                                                                       petite lueur de la nuit, ta cigarette   

          est loin par terre, comme mégot

          qui brûle  que tu jettes                                     puis tu t’en vas tu fais la guerre                                                         

          Le canon  jette toute sa haine  ?                                                                             

          Pourquoi le brouillard pesant,                      la nuit lourde de ceux qui veillent

                           Sont-ils plus fluides quand le canon en longs sanglots jette sa peine.

                                               D’un alcool sombre est noyé ton verre...

 

                                                                Il tonne, tu écoutes sa voix grave

                               qui n’a ni cœur ni patrie ni amie, tu le supplies de se taire.

                                                   Mais voilà  tu fais la guerre

                                                                     GUY

Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
Ecrire un commentaire - Voir les 89 commentaires
Samedi 1 novembre 2014 6 01 /11 /Nov /2014 13:12

http://youtu.be/6wmntW6Uqpg

Un coup de baguette, l’aéroplane s’envole pour le Pacifique ! Comme les nuages sont beaux au travers des hublots… Le Décalage Horaire : On dort le jour au comptoir, déambule à minuit sur la plage, etc. Nous voiçi dans la bourgade déliçieuse de Koumac. Pour la Toussaint, le capitaine du collège nous annonce une grande bamboula à l’aéroclub de Hien-Ghène, bourgade inconnue.


On traverse la chaîne, on s’attable, la terrasse est emplie d’aventuriers, pilotes de piper, de ballons, de voiliers, de planeurs à terre. Du poisson au menu, l’avait belle gueule l’aspect appétissant. Une loche à pois bleus, grillée vivante, tordue de fraîcheur comme disait maman, qui contait aussi des histoires de mérou à l’aiioli, de rouget à l’œil brillant, l’ouie pourpre, le poil mirobolant.

 

Gorgé de soleil, d’aventures, bercé de charme d’une serveuse fleurie, nous croquâmes à pleines dents la chair parfumée de la grosse bête… Rassasiés de bonnes choses, reprîmes la route sauvage, dans les pins colonnaires, les rochers déchiquetés de basalte noir.


A la maison, fifille et moi sentîmes des douleurs étranges. Mon épouse elle n’ayant grignoté que la queue à son habitude, avait laissé le charnu (avec la tête) à son seigneur et maître. Quant au garçon il n’était pas amateur de poisson. Donc, Jeannie et moi nous nous sentions partir vers l’au-delà. Mais quel au-delà ? Un qui nous grattait de partout…


Vite à l’hôpital.


Le colonel, nous dit d’une voix grave, vous avez attrapé la «Gratte», on n’a pas de remèdes, empoisonnement du foie. Je nous voyais embarqués pour … quand le grand toubib nous dit «à moins que…» «Quoi ?» «Que vous alliez chez maître Saint Eloy qui vit sur la plage, sorcier rebouteux, à vos risques et périls». Nous allâmes. Dans sa case des fétiches variés des mâchoires de requins des bouquets secs avec des ex votos de remerciement…


On but une potion magique à base de bourgeons de papayers au goût d’artichaut, nous nous  mîmes un emplâtre bizarre, nous baignâmes avec des mots d’exorcisme et rentrâmes nous coucher. Le lendemain ça allait mieux. Nous reprîmes goût à la vie, gambadions à nouveau comme des sous neufs, aurait dit grand-mère.


Le capitaine Cook parlait déjà dans ses mémoires d’une énorme loche noire hideuse qui l’avait empoisonné…

Guy

 

Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
Ecrire un commentaire - Voir les 80 commentaires
Dimanche 28 septembre 2014 7 28 /09 /Sep /2014 14:42

 

Par ces temps voilés de gris… je me  dois de nous conter l’anecdote ensoleillée.

http://youtu.be/UoR0cuRfnKA

Nous étions à Toumodi Côte d’Ivoire, avions embauché un boy aux deux prénoms, Joseph et Youssoufo. C’était un Lobi, qui laissait toutefois sa lance à l’entrée. Il était coquet. Avec sa première paye, il s’était offert des lunettes d’intellectuel en verre blanc et une paire d’empeignes de soulier chic, avec des élastiques par en dessous. Il portait beau, surtout avec ses chemises bariolées, colorées atchoum, qui disaient des histoires.


Impressionné, je lui demandais où il les trouvait : il me répondit au marché ! 


«Patron» tu vas à gauche puis à droite puis au milieu y’a la pancarte : Grand tailleur de Paris» ! J’y vais derechef et trouve le maître de l’art, barbiche au vent, assis en tailleur évidemment, sur un tapis sans doute volant. Il me reçoit courtoisement, agrée ma demande : «Amène le tissus» me dit-il sur un ton de vieille noblesse Baoulé!


Je trouve l’éventaire d’étoffe, à droite puis à gauche puis au milieu, choisis une merveille, fond bleu et vert, avec un gros soleil rouge au centre. Un coupon pour bibi, un pour mon épouse intéressée par la mode africaine. Lors on retourne au tailleur, il prend nos mesures et, politesse exige, commence par la robe boubou de mon épouse ; deux heures après (!) elle était prête.


Bizarre il avait placé le soleil juste sur les fesses… Il nous dit, c’est comme ça ici. Le lendemain je vais prendre la chemise, le tailleur était parti au mariage de son neveu.


Je retourne le surlendemain, point de tailleur toujours en voyage nouveau ; cette fois un grand hurluberlu, son apprenti, qui nous assure savoir coudre extra. Il reprend les mesures, s’engage à finir, finis ô miracle, mais la chemise est cousue de fil blanc en relief. Devant faire broder (c’était la mode) l’ouverture en U, je demandais au brodeur d’à côté, mettez du fil bien blanc pour assortir. 


Cette fois le soleil était dans le dos. Seulement, au premier lavage, tout à déteint et Youssoufo me dit alors : «fallait mettre du vinaigre, patron». J’ai gardé longtemps ces objets en garde robe souvenir….

http://youtu.be/3EYNl8-rZCY

Et ai médité depuis sur les expressions : «cousu main» et «cousu de fil blanc» !


Goûteux n’est-ce pas ?

http://youtu.be/3dq-AHf7r3M

 

Guy

Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
Ecrire un commentaire - Voir les 118 commentaires
Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 15:35

http://youtu.be/6cDnV5c7Y3s

- «C’est quoi l’amour», demandè-je à ma’mamie-à’moi’tout’seul. Je viens de lire sur un livre d’images ce mot, j’ai trébuché un moment tout de même, puis en un éclair l’ai compris ?  


- «C’est un papa et une maman qui s’embrassent», me répond doucement Lucie. Elle ajouta, il a offert une bague et elle une boîte à gâteaux, avec sur le couvercle un bouquet de fleurs de Vie.


- «Moi je veux me marier avec toi», lui dis-je, comme cela j’aurais la clef du placard à bonnes choses trempées dans le miel. Et aussi pasque… La dame sentit son cœur frémir et, en échange de cette déclaration, lui fredonna une très ancienne chanson où l’on parlait de fleurs et d’enfants !

http://youtu.be/yzd_pCT8qY0

Plus tard devenu grand, du moins le pensait-on, il allait poser une fleur sur la dalle polie du «grand jardin». Souvent tu sais. Il y avait du soleil de la verdure des couleurs, et plein d’oiseaux en cet espace du souvenir. Dans ma ville poussiéreuse, c’était d’ailleurs un havre précieux de pure beauté.


Et puisque enfin je savais lire, je pouvais contempler les épitaphes, sourire aux choses.

Ma démarche faisait jaser dans les chaumières, pourtant j’expliquais aux non croyants que par temps clair les âmes papillonnaient. Jusque à voiler la lumière bleue. Evidemment personne, personne, sauf peut-être ma mère ne me croyait. C’était pourtant ma maman qui me l’avait enseigné : parler à celle qui n’est plus, dans le silence, avec des mots d’hier…


Depuis j’ai gardé cette coutume de me conter des histoires…

en moi-même - à voix-mi...

Et des fois encore, chut, je m’évade et disparais dans un monde différent. Ö, un simple instant, volatile fluctuant, mais suffisant pour m’envoler, me libérer, oublier sans doute, pardonner peut-être, redevenir le gâté de grand maman : tu sais, quand la vie ne nous faisait pas encore peur. Avant la guerre…


Pasque, j’ai toujours cheminé avec le souvenir de ma Lucie, attentive et gentille, qui elle au moins m’écoutait, sans même hocher la tête, contrairement aux grands qui grimaçaient du coin à m’entendre : Vous vous rendez compte, une Personne d’apparence sérieuse et distinguée, portant toutefois chapeau de paille, qui marchait souriant, marmottant, sur le chemin sérieux de vie ?


Lucie es-tu là, pigeon’vole, reviens-moi, vois-tu !

Et avec le temps je crois toujours en l’âme qui papillonne…


http://youtu.be/314Gq4x55i8

Ne vous moquez point de moi, s’il vous plaît ?

Guy

 

Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
Ecrire un commentaire - Voir les 35 commentaires

Texte Libre

ai tapé trois coups

sur le marteau et

 

Texte Libre

Présentation

Créer un Blog

Calendrier

Décembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés