Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 16:54
Quand je me trouve dans un lieu nouveau, lors de mes quelques voyages qui parfois perduraient... mon premier pas était d’aller au marché. A Nouméa j’en ai découvert un de vraiment délicieux, avec de p’tits étals colorés et des tas de bonnes choses, toute vivantes sous les gouttes d’eau et bien appétissantes.
Alors j’ai composé un pastel sans doute léger sur le thème little is beautiful - sous les tropiques.
 
   Il y a dans la grande ville
   un tout petit marché
   avec des petits tas
   de légumes de racines et de feuilles                    
   et des petites dames
   toutes drôles et jolies
 
   qui vendent de menus riens
   pleins d’odeur et de goût
 
  qui parlent si tu le sais
   de tas de petites choses
 
   des saisons et des fleurs
   du bonheur et des fruits                          
   ... du bonheur et de Dieu
    le petit marché
 
Je fréquentais quelques «boutiques» bâties de planches peinturlurées, de bric et de broc confectionnées, aux parfums puissants, dont une des plus affriolantes : condiments ails ciboules variées.
Le maître des lieux bon géant Wallisien, sa petite épouse en chapeau de paille, une jeune fille timide affolée.  
   
   Un jour il me sourit... me dit alors tout de go sans même un humm préparatoire : «voulez-vous marier ma fille» ? Je regardais machinalement mon alliance, ne sachant que faire ni où me mettre, alors il enchaîne pour me rassurer «nous sommes Mormons, voyez-vous». Stupéfait je regardais la fille rougissante, seize ans à peine déjà grande comme le papa, je réponds par un sourire...
Et, ils continuèrent c’est étonnant de bien me servir, ce avec particulière attention ?
De toutes façons mon épouze qui se méfiait des diverses sectes, les Mormons en particulier, aurait refusé désormais la bonne ciboulette.
Alors ne lui ai rien dit !
 
Guy
Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 11:00
j’ai vécu une vie
 
et puis une parenthèse
 
où l’horloge du temps
 
semblait s’être arrêtée
                                               
j’ai repris le chemin
 
fermé la parenthèse
 
et l’horloge du temps
s’est remise à tourner
     âge de raison
                                   au fond de l’homme
 
il y a une solitude
 
une peur vagabonde
       
                                   minerale et profonde
    
au fond de l’âme
 
il y a une certitude
 
une foi païenne
    
viscérale et mystique
    
 
vie ancestrale  
communication immémoriale 
Mais... Je cherche encore ! Toujours insatisfait... A un moment je croyais avoir touché le but. Non. Me trouver, me retrouver, savoir qui je suis, qui j’aurais du être, ce avant qu’il ne soit trop tard, une recherche qui reprend en continu. L’horloge peut-elle tourner en sens contraire, repartir dans le passé en sachant cependant que ce serait impossible, être avoir été, le monde est pourtant inversé, tu sais.
Tiens, le divin que me contait grand-mère, le bon dieu tout simplement, avec sa barbe blanche niché dans un nuage bleu, vous devez vous en souvenir, serait devenu «Le big bang»... Quelle dérision ! Mais avant cette explosion ? Et pourquoi celle-ci ?  Quel est son sens ?
Alors, là, j’entrouvre à tâtons le voile, c’était sans doute pour créer la terre et l’homme. Le jardin et l’humain. Mais l’homme qu’a-t-il fait de ce jardin ? Il y a paraît-il dans le Pacifique un nouveau continent de déchets flottants, amené par des courants tourbillonnants, immense, désespérant. Lors l’homme serait-t-il devenu grand horloger, impossible, le créé pourrait-il prendre la place du créateur? Qu’est-ce que l’homme en fin, un mortel qui veut jouer dans la cour des grands ! Quel orgueil ?
Le jardin d'Eden
Non, l’horloge du temps m’importune, elle est trop pessimiste, trop humaine finalement, plus noire que grise... Je vais de ce pas tenter de l’arrêter, ou bien donner du retard au mécanisme. Revenir au vieil hier, au moins dans un rêve de survie. Merci Monsieur l’imaginaire, tu restes notre seul espoir, notre dernier, avec le Divin qui me prend à la gorge, mais que partout l’on s’efforce d’effacer.
Popo 
 
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 15:47
.....mains dans les poches, c'est-à-dire sans armes ni boussole, vivre un instant de découverte bonheur sur une île déserte.
En l’occurrence l’îlot Moak près de Poum. J’y avais entraîné ma famille, une épouse qui aimait ce que j’aimais, il le fallait... et deux enfants d‘âge différent, de caractère aussi. Avec pour tout véhicule un zodiac ancien et un moteur poussif. Arrivés au grand matin sur la plage de sable corallifère tout blanc, par jeune lumière, mon fils attache l’embarcation à une grosse pierre et nous voilà en exploration. Je mets tout d’abord la seyne pour la grillade de midi, sur la plage une tôle laissée exprès, sous laquelle on ferait un feu de palmes sèches... Parti au milieu des patates de corail jetées en cafar’naoum par les vagues, mon fils cherchait des coquillages. Ma fille se bronzait la poitrine en terrible demoiselle qu’elle devenait, et mon épouse admirait la mer.
C'est vrai que celle-ci était belle(s), dans cette solitude de début du monde, dans la mélodie légère du vent et les effluves iodés.
J’entendis soudain un cri qui glaça le silence paisible. «Papa-a-a ! Le zodiac dérive, le bout de chanvre a lâché», mon fils se sentait coupable. Oh, le youyou n’était pas loin, pris dans le corail vif, mais en eau profonde, on y voyait des ailerons inquiétants. Etait-ce notre imaginaire, mais oui il y avait bien des triangles noirs en mouvement.
Avec une perche et un coup de nage prudente... Impossible de ramener l’embarcation ! Alors on fit feu de palmes sèches, dont une mouillée pour la fumée comme dans les «livres»... Rien ne venait. La seyne était emplie de poissons variés comme d’habitude, même une petite carangue appétissante. On fit la grillade, le cœur serré, sans doute un dernier repas complet ? Ah, j’oubliais le poisson s’écaille à la fourchette et puis le reste des écailles se grille, et la peau se détache d’elle-même. Délicieux.
On entretenait le feu...
La nuit allait tomber, madame fit l’inventaire de nos provisions et moi en cachette une prière à la providence, pour ne pas citer le bon dieu !
Voilà qu’une goélette miracle approche...
Nous embarquant avec le zodiac à la traîne, pour le rivage de Poum, trois kilomètres par petit vent. L’équipage de pirates basanés, sic, était pêcheur de trocas, il ricanait. Le capitaine en vieux françouais, sic, se moqua de nous pauvres naufragés et du professeur Océan, nous laissa et disparut dans le crépuscule.
Par la suite une saga légende des mers du Sud nous décrivit comme des idiots ne méritant point la Baraka ! Ouf, ouf... Vous ne me croirez pas mais au village, personne ne s’était aperçu de notre mésaventure.
 
 GUY
 
       
 
 
 
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 18:07
 
…dans l’or du monde le parfum de la vague, dans une bosse creusée par l’eau montante, et me roulais, riais, rêvais, près de grand-mère et de maman, j’avais deux ans, tout est encore présent en moi, l’odeur, la lumière, la texture précieuse, la quiétude familiale, la musique des clapotis, la magie des bulles. J’explorais le monde tu sais, c’est flou mais prenant, je roulais dans mon trou d’eau, j’étais heureux, entouré, rassuré, aimé, consolé, jamais seul. Le soleil brillait. La chaleur rayonnait. La paix régnait sur le monde.
Mon second souvenir, plus précis, est une voiture à pédales, un bolide vert-métal pointu, gagné par ma Lucie à une tombola des enfants, même que l’on ne voulait y croire, j’avais trois quatre ans, je roulais dans le jardin du «Petit Vichy» au milieu des sentes, des pourpiers, faisant exprès de me perdre pour me retrouver, pour découvrir alors le sourire heureux de grand mère (la phobie de ma maman était que l’on ne volât son bébé), et en impertinent petit bonhomme je trichais déjà avec le cœur des dames, je jouais à avoir peur, à prendre des risques pour effrayer, à me retrouver vivant, à exister en la vie, tu sais.
Mon troisième beau vrai grand souvenir, non que les autres ne fussent point vécus mais ils se perdent dans une pénombre romantique, non le seul terrible et tendre souvenir, ce fut le débarquement des Américains. Plusieurs jours de bombardement, nous allions dans la cave du grand immeuble d’à côté, là des miliciens tentaient de nous rassurer, je m’en souviens ils disaient «les américains sont des cow-boys on les aura». Alors j’avais peur, et j’étais en même temps impatient de voir de près cette police montée du canada telle que l’on la voyait au cinéma, ben ce fut presque la même chose, sauf que les gamins pouvaient la suivre en chantant : «Johnny, donne-moi un chewing gum». Certains ayant un goût de menthe ou bien pouah de médicament.
Ce fut la révolution des enfants et depuis pour moi l’Amérique reste une fête, que dis-je un carnaval de gentillesse de générosité.
Guy
 
 
Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 11:33
 
     

 

Le jardin pour la première fois déborde de muguets !  Je ne puis les cueillir tous.

Certes j’en avais planté un peu partout, en bel ami, pour me surprendre, au hasard, à l’aventure, mais jusqu’à présent rares étaient les fleurs, alors cette explosion inattendue me désarçonne ! Cependant je n’ai guère le goût d’en ramasser.

Le climat a décidément changé. Ici des clochettes -des primevères -des coucous, des lilas… à foison. Et là des arbres gelés ! Oui mes chers figuiers si beaux, si chouchoutés, si nourriciers, si humains, sont desséchés. Un début d’hiver tièdeur douce, la nature rieuse qui commençait juste à pointer son bout de nez, et voici que Mars l’hibernal est arrivé. Neige, verglas, giboulées.      

Mon espérance est qu’ils repartent par le pied, mais n’en verrais sans doute pas les prémices sucrées. J’étais si fier d’en offrir dans un panier, de ces figues presque inconnues pourtant si onéreuses au marché. A mes connaissances étonnées. On est en Normandie, n’est-ce pas, «incroyable» me disaient-elles ? Soupçonneuses amusées.
Tu as vu d’ailleurs comme les fruits achetés de ci de là ont "un goût de vieux", pire de rance. D’eau bien vieille, sans doute croupie, de «dégueulasse» chut... Certes on regrette toujours la madeleine de son enfance, mais là le monde exagère.
Une fois j’ai vu le Maire, pour une rue nouvelle qui passait par là, qui allait écraser hérissons et papillons. Lesquels vivaient paisibles. Alors j’ai dit au maire : «Monsieur, plantez au moins des cerisiers juteux», bigarreaux-ci bigarreaux-là, «sur les bords de la route, en place de vos tilleuls tailladés boudinés et ou de vos chers platanes bosselés boulimées». ll eut l’air étonné, prit un air pensif, me sourit, et planta des poiriers d’ornement, pire du Japon, pyramidaux irréguliers, même pas jolis ! Fruits immangeables bien entendu.
Certes les enfants des pauvres des déracinés, confondraient une cerise avec une je ne sais quoi, et de toutes façons ne grimperaient pas aux arbres, ils en ont perdu l’habitude, vois-tu ? Aussi je désespère, il faudra bientôt tout acheter au supermarché, et, le plus terrible, même... la baguette, oui. Là, la France est définitivement fichue !
Le vendeur de la boulangerie industrielle du coin avait bien fait dernièrement quelques efforts, un béret bleu un foulard rouge, acceptant les centimes oui merci, disant bonjour oui da, et puis il emballait si soigneusement le pain mollasson serpentyforme en suivant avec tendresse les directives européennes : dans des pochons en papier recyclé d’origine estampillée oui bis.
Lors, je pense à mon hier et je pleure !
Et ces festivités laiiques obligatoires et pas gratuites, ça me dépasse. C’est comme Halloween, je hurle. Je trépigne !
Pire je blogue.
      Guy
Par popopopo - Publié dans : litterature et poesie - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
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