Dimanche 15 novembre 2009

  
   Un lambeau de forêt, un arroyo d’algues de fougères, un sentier perdu, voilà c’est tout ! Trop fier de mes talents d’explorateur, vois-tu, j’étais tombé dans un buisson labyrinthe de fruits dorés au parfum si suave que les guêpes m’avaient forcé d’abandonner mon panier … Des goyaves, confites de soleil !
Une voix étouffée en langue absurde, sauvage, inconnue, se faisait entendre entre les branches ! Sourde lente basse, une musique de chaman frissonnante étonnée.
C’est drôle, se trouvait là blotti dans l’ombre verte désordonnées un fouillis de lianes en forme de grotte ! Je tapai à la porte, vieille habitude d’hier, vis un vieillard assis dans une futaille    de rhum ancien.
Que fais-tu là, lui dis-je, tout nu juste vêtu d’une blanche barbe, dans ce clair-obscur mystérieux ? Je me nomme Diogène, je vivais dans un vaisseau royal, en Grèce antique, rien ne me reste depuis mon naufrage ! Sauf ce tonneau de vieux chêne solide.
Je suis mort, ne le vois-tu ? Cela ne paraissait toutefois point évident.
Pourquoi as-tu choisi ce refuge étrange, ô toi l’inconnu ? Mon vaisseau s’est échoué sur une plage in'’temporelle, je me cache depuis des anthropophages attardés et des touristes civilisés afin de vivre tranquillement heureux ! Au soleil voilé des tropiques.
Nous méditâmes ensemble sur l’in'’utilité du monde sa cruauté sa suffisance, le temps qui passe, et décidâmes néanmoins de chercher -pardon- une servante sachant servir !
Un philosophe se nourrit certes de fruits frais de bon miel de pain sec, mais servis sur un plateau de feuilles de bourgeons et de fleurs par une charmante et gracieuse personne ! Le sais-tu ? Diogène sourit dans sa barbe de cinéma et me dit derechef : je l’ai trouvée cette merveille, une dame-oiselle, stylée, naturelle, idéale compagne, qui connaît le langage des mains, la gestuelle du corps, pousse volontiers le cri primaire, et nous annonce que le repas est servi en dansant et chantant la musique de l’ange ! D’ailleurs, les enfants les sages les poètes les fous la comprennent bien mieux que le latin, l’hébreu ou le grec ancien !
Lors nous nous nourrîmes, frugalement mais finement, en vrais philosophes des îles !
Hélas le monde avide impitoyable nous rattrapa, je dus retourner dans la civilisation des factures malvenues et des voitures malodorantes ! Mais depuis je parle parfois en cachette cette langue primaire au matin levant, sous les draps, mais ma moqueuse moitié n’écoute que d’une oreille !
Le cri primaire, tu parles…
Ce qui me console les soirs d’hiver, c’est qu’il existe quelque part sur la Terre un Diogène heureux dans un tonneau baba-vide parfumé de vieux baba-rhum, qui connaît la langue des anges, le papou, la patagon et le grec d’homère!
Et que moi seul saurais le trouver, un jour prochain, qui sait ?
 



Par popopopo
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Vendredi 6 novembre 2009


  


  
  
 

            Dans quel but, je vous le demande, un groupe de jeunes gens de province farfelue, dans une ville africaine de lumière fade, pouvait se retrouver les soirs de spleen existentiel ? Tout simplement pour se venger et sourire au dépend -pardon bien fait- d’une marâtre ingrate, intelligente (ce ci n’est pas un compliment), lointaine, arrogante, en faux col parisien, laquelle ayant décidé que le chemin le plus court entre deux points serait la ligne droite…..

Un ‘°point, c’est tout°’ !  C’est évident !

             Tout cela, dans un univers courbe tu parles, où toutes les lignes parallèles se retouchent à l’horizon ! D’ailleurs le chemin le plus rapide reste la ligne brisée puisque tout le monde sait qu’un écolier va de chez lui au lycée de garçons en s’arrêtant quelque peu à la fenêtre de l’école des filles ! L’inverse peut toutefois à la rigueur se concevoir!

Mais à l’époque les filles attendaient le prince charmant, en tricotant sagement.

             Tu savais cependant, ô grand Blaise Pascal, toi l’inventeur illustre du bel ordinateur et de la brouette de jardin, que pour aller de la maison jusqu’au poulailler en bout de terrain, le chemin tracé par les sabots de l’enfant suit les règles de la ligne papillon (ou bien pétale de fleur jolie si tu préfères) ! Par la suite sur une pelouse d’octobre encore drue du vieux lycée, les élèves pour aller d’un point essentiel précis défini (le robinet par exemple)… jusqu’au massif de paradis traçaient indéfectiblement un chemin tortueux.

En effet l’enfant paresseux de naissance et de nos jours d’éducation, évite soigneusement en marchant la moindre bosse, la touffe la plus légère, le vers de terre grimaçant !

            A la fin l’allée devient délicieusement sinueuse, mignonnement imprévue, poétique atchoum, et quand une sente semble enfin tracée, la force de l’habitude combat la logique la plus imperturbable, sûre d’elle et fière ! Tenace tu retraces vingt fois le chemin…..

L’écolier instinctif, hirondelle hérisson, reconstruit vingt et une fois à ses goûts l’allée première.

Tu dis, regarde : mais cette route enfin n’est pas droite ? Elle a des cornes !

L’enfant poète répond : elle est pourtant la plus simple -la plus cool -la plus jolie !

Le philosophe géomètre prend alors son décamètre en platine électro - magnétique, dessine la droite idéale. Lors le Facteur Cheval s’envole furieux de son palais de la Drôme, accourt au galop, bouscule le savant ahuri … lequel doit renoncer pour un temps à sa superbe !

Gageons tout de même qu’il recommencera.

             L’enfant têtu et désobéissant, de bon sens cependant, refuse d’ailleurs *depuis toujours -   depuis la nuit des temps* de s’engager sur l’autoroute des plus grands, sauf l’imbécile, le vilain, le méchant !

              Vous savez tous que la terre n’est pas tout à fait ronde…

              Donc comment voulez-vous qu’elle soit droite !

                                                                          

                                                                      GUY



Par popopopo
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Vendredi 30 octobre 2009
 
       Il y a comme cela des rencontres qui nous marquent le long du chemin de vie, dans la lumière retrouvée. Une fois, je marchais lentement à mon habitude sans bien regarder, pensif, lointain, bercé par le silence profond qui entoure le voyageur d’exil. Un halo de poussière irisée accompagnait mon pas. Les arbres sur le côté semblaient apaisés, l’homme enfant aimait la frondaison fraîche des branches, il ne leur ferait aucun mal. La nature le savait !
       A voix basse le marcheur parlait, oh à qui je ne sais, sifflant quelque musique par lui seul connue, toujours étonné d’une verdure si dense, lui qui venait d’une vieille légende où la lumière immense pesait, asséchant la source du ruisseau. Une atmosphère étrange  étouffée, pacifique cependant…
La lumière en vert et bleu jouait à cache-cache entre le clair et l’ombre, l’enfant ressentait ces rayons.
L’homme oubliait son hier perdu!
       Au détour du sentier, au travers du vieux grillage troué, une maison de pierres blanches et grises s’entrevoyait blottie dans le feuillage épais protecteur du monde !
Un portail fendu en bois de chêne noueux, une cloche sourde. Une serrure cassée. Le voyageur poussa doucement la porte immobile. Un pas hésitant semblait répondre au visiteur comme en écho étonné ! Que cherchez-vous demanda le vieil homme ? Mon enfance volée dans un décor de lumière froide,  mon hier envolé, dis-je avec une pointe d’agressivité inutile. Le vieux monsieur sourit reconnut      mon accent. Timidement il offrit au marcheur du temps un moment d’hospitalité. Il venait de Tunis vois-tu, moi d’Oran, sous son bras il avait emmené avec lui comme un objet rare une partition antique un jeune figuier de sa maison. Il me proposa des fruits sur un plateau de métal terni, me conseilla sur l’achat d’un bout de terrain, me donna dans un pot de grès un surgeon de l’arbre précieux devenu tutélaire. Nous nous quittâmes. Il mourut. Un jour.
Comme ça. Sans jamais nous revoir. Sans faire exprès.
       Alors quand je marche courbé dans la « Sente du bon dieu », je voyage dans le temps vois-tu,       je revois cet homme usé, son sourire ridé un peu moqueur même, retrouve le don simple de l’amour…
Témoin de la fin heureuse de mon long voyage.
Lors j’aperçois mon arbre qui sourit, le salue, le touche, caresse son écorce lisse, jeune rejet à son tour devenu grand, de belle allure, dans le terrain par le vieil homme conseillé, tout près d’ici d’ailleurs.
Mon jardin tu sais ! Tu vois pourquoi j’aime tant les fruits du figuier.
La sente du bon dieu est toujours là, barrée par la municipalité.
La maison ancienne est tombée.
Et moi j’ai de la peine pour les hommes si bêtes qui détruisent les rêves du passé.

GUY ALIAS SUR ORANGE POPOPOPO




Par guy
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Jeudi 29 octobre 2009



Il y a comme cela des rencontres qui nous marquent le long du chemin de vie, dans la lumière retrouvée. Une fois, je marchais lentement à mon habitude sans bien regarder, pensif, lointain, bercé par le silence profond qui entoure le voyageur d’exil. Un halo de poussière irisée accompagnait mon pas. Les arbres sur le côté semblaient apaisés, l’homme enfant aimait la frondaison fraîche des branches, il ne leur ferait aucun mal.
La nature le savait !
       A voix basse le marcheur parlait, oh à qui je ne sais, sifflant quelque musique par lui seul connue, toujours étonné d’une verdure si dense, lui qui venait d’une vieille légende où la lumière immense pesait, asséchant la source du ruisseau. Une atmosphère étrange  étouffée, pacifique cependant…
La lumière en vert et bleu jouait à cache-cache entre le clair et l’ombre, l’enfant ressentait ces rayons.
L’homme oubliait son hier perdu!
       Au détour du sentier, au travers du vieux grillage troué, une maison de pierres blanches et grises s’entrevoyait blottie dans le feuillage épais protecteur du monde !
Un portail fendu en bois de chêne noueux, une cloche sourde. Une serrure cassée.
Le voyageur poussa doucement la porte immobile. Un pas hésitant semblait répondre au visiteur comme en écho étonné ! Que cherchez-vous demanda le vieil homme ? Mon enfance volée dans un décor de lumière froide,  mon hier envolé, dis-je avec une pointe d’agressivité inutile. Le vieux monsieur sourit reconnut mon accent. Timidement il offrit au marcheur du temps un moment d’hospitalité. Il venait de Tunis vois-tu, moi d’Oran, sous son bras il avait emmené avec lui comme un objet rare une partition antique un jeune figuier de sa maison. Il me proposa des fruits sur un plateau de métal terni, me conseilla sur l’achat d’un bout de terrain, me donna dans un pot de grès un surgeon de l’arbre précieux devenu tutélaire. Nous nous quittâmes. Il mourut. Un jour.

Comme ça. Sans jamais nous revoir. Sans faire exprès.
       Alors quand je marche penché courbé dans la « Sente du bon dieu », je voyage dans le temps vois-tu, je revois cet homme usé, son sourire ridé un peu moqueur même, retrouve le don simple de l’amour… Toujours présent en moi.
Témoin de la fin heureuse de mon long voyage.
Lors j’aperçois mon arbre qui sourit, le salue, le touche, caresse son écorce lisse, jeune rejet à son tour  devenu grand, de belle allure, dans le terrain par le vieil homme conseillé, tout près d’ici d’ailleurs. Mon jardin tu sais ! Tu vois pourquoi j’aime tant les fruits du figuier.

La sente du bon dieu est toujours là, barrée par la municipalité.
La maison ancienne est tombée.
Et moi j’ai de la peine pour les hommes si bêtes qui détruisent les rêves du passé.

                                                                        GUY


 
Par guy
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Vendredi 23 octobre 2009
 



 
 
Le médium par lequel passe le message d’information codée a semble-t-il le devoir de «dés’enchanter le groupe pour mieux l’en’charmer ensuite» ! Sans le savoir souvent il est gardien par l’Oral d’une mémoire lointaine perdue… Certains diront qu’il radote qu’il triche qu’il ment que «oui tout cela c’est de vieilles légendes absurdes pour enfant» ! Pire on entendra que le passé est mort ! Et dieu avec !  Bien fait. Quel mépris d’ailleurs pour l’enfance !  Pour l’inconscient sans fin des êtres !  Pour le divin que le groupe réinvente en premier dans la grotte. Pour ces images d’Epinal amusantes et jolies qui ont fait la France.
Pour ces humbles chapelles des petits chemins des pauvres.
Et si c’était la seule façon crédible de retrouver la longue histoire du monde… Quand la terre sombrera les vieilles légendes seront toujours là pour en’sauver l’homme du naufrage que nous sentons tout près.
Ici, on scandera à la harpe un vague récit dansé sur la ville d’Ys ou celui d’une Atlantide engloutie dans les flots, ailleurs un clown mimera en boitant la tour infernale de Babel ou la science orgueilleuse d’Icare voulant toucher les cieux.
Là, on contera frissonnant le paradis perdu et le jardin des Hespérides dans lequel poussaient les pommes d’or, ou bien encore on dira en tremblant la fable des Titans et celle des Elohims venus de nulle part ni’ange‘’ni’bête séduisant les femmes des hommes. Alors dans des coins perdus de l’immense solitude que deviendrait sans doute la terre, l’humanité reprendra lentement sa marche éveillée, ponctuée de légendes nouvelles pourtant similaires et si proches.
       Puis naîtra quelque part un poète attentif à la souffrance humaine pleurant l’hier perdu, qui immortalisera pour un temps à jamais le passé ressenti ! Orphée David Virgile, nous les orphelins de la magie des fées partout crierons votre nom, venez s’il vous plaît nous bercer, nous avons froid, c’est l’hiver des cendres qui approche tu sais !
       Certes des dissonances entre les contes peuvent troubler le savant imbu de fausses certitudes, mais si tu veux bien faire le mixage humble patient sans préjugé de tous ces récits d’apparence confuse enfouis de ci de là, résurgents sans cesse cependant, tu trouveras enfin je le pense je le crois l’histoire inspirée, entêtée, d’une humanité à la recherche constante d’absolu ! Le chaman lui sait que le vrai n’est point vérité, que dieu n’est point justice, que liberté est de sang de sueur de larmes mêlés, mais aussi que la vie doit sans cesse perdurer, qu’il doit transmettre le Savoir du Souvenir ! Pour permettre de résister encore à l’hiver à la nuit, à la mort du loup, au vent qui hurle dehors, à l’appel de l’enfant de l’épouse par l’ivrogne battue, il sait que le remède au mal est un air de musique, une musique intemporelle apaisante ô combien, jouée secrètement à la flûte dans le bois comme l’on cache une prière, une œuvre d’art précieuse.
Alors miracle… le corps et l’âme pourront se réconcilier !  Dans la vie et non dans la mort.
Le rêve l’espoir le mythe en fin semblent les uniques remèdes aux blessures de l’âme !

GUY
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Par guy
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