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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 17:23

 

 

 

Il était une fois un p’tit bonhomme qui voyageait en train avec sa maman.


Lors, à la fenêtre du wagon, il voit un paysage familier. Un grand arbre sur la hauteur une maison en pierres blondes un tapis d’herbe quelques fleurs. Il sentit par instinct qu’il y avait vécu un jour. Il dit alors dans son langage d’enfant à la grande personne près de lui : «Je connais cet endroit !»


On était près de Montélimar, en la gente Provence du soleil, au mois de Juin. «Maman tu sais c’est notre maison d’hier». Ma mère fit l’étonnée. Elle voulait être comédienne dans sa jeunesse et me dit «oui» pour commencer. «Et comment tu as deviné ?» Je lui répondis que je le savais, même que l’on avait un petit chien blanc nommé Loulou. Et que, caché par la maison, un grand arbre avec des fruits verts. L’image était prégnante, ne me quittait pas, la bâtisse claire dans la lumière rose. J’avais vécu là, je le savais, c’est juré, et je l’ai d’ailleurs cherchée plus tard sans la retrouver…


Ma vie antérieure ne s’arrête pas là, j’ai eu comme ça des flashs lumineux, mais jamais dans les tropiques. Une autre fois, sur la pente d’une montagne je courais après des papillons, je m’asseyais sur un rocher, et je respirais la montagne, la ressentais de tous mes poumons, connaissais cette brise ces oiseaux qui me disaient «tu es chez toi ici, c’est ton pays» !


Le ciel était gris bleu avec des moutons roses, l’air frais de la liberté. Et puis j’ai glissé sur ces images mais sans les oublier, elles revenaient parfois quand je voyais la lumière qui mousse à flanc de colline. Pasque il faut l’avouer, j’ai conservé de l’enfance le songe éveillé, plus prégnant des fois que réalité.


Et quand je rêve je m’envole pour les hauts d’une montagne claire où

sans doute je suis né !

Guy

 

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 12:34

 

Passionné d’anticipation, j’étais pilier de notre Bibliothèque. On pouvait sortir plein d’ouvrages, la dame fermant les yeux. Je connaissais toutes les étagères en vieux cèdre, fouillais dans les rayons avec délices.


A la maison j’écrivais, of course, dans un cahier d’écolier le roman d’un Robinson de l’espace, qui avait fait naufrage sur une planète nouvelle. Certes l’Ïle mystérieuse de Jules Verne m’inspirait, mais comme nef un ballon : Fi ! Moi je construisais une fusée...


Pour passagers, mon copain Lily et sa jeune sœur, souvent à la maison. Sagement au début je leur contais l’aventure. Passionné, avec ma force de persuasion, vite ils vont participer à l’Odyssée.


On avait fait l’inventaire de l’armement, il ne manquait rien, je vous l’assure. Vroum vroum on décollait, dans la pénombre de la salle à manger, qui me servait de repaire. Un cosmodrome (mot lu plus tard) en vieux noyer sombre.


On se donnait la main, pour ne point se perdre, plouc on atterrissait sur une plage de sable couleur écarlate. On avait décidé en commun que les rouges étaient favorables au rêve… La mer devenait blonde. Le monde à l’envers. Quoi de plus normal ? Une végétation étrange foisonnait avec des banyans, comme sur notre promenade de Létang, tortueux à souhait atchoum, avec leurs lianes qui descendaient du ciel. Des ficus rose bleu à fleurs jolies.


Un ciel dans des nuances de vert... La musique du vent sur les feuilles sucrées… Tiens si on construisait la Cabane, pasque tout robinson nécessite cabane, n’est-ce pas ? Avec des chaises et une couverture. On était si bien dedans ! Lors on continuait l’histoire à tour de rôle, elle se tenait, je vous l’assure.


Un jour ai trouvé un vieux livre de jules Verne, «la planète rouge» : une comète frôleuse enlevait une tranche de la Terre dans son voyage, revenait ensuite relâcher la prisonnière, laissant des plantes rouges se ressemer.


Extraordinaire, diriez-vous ?

Cependant  tout le monde peut les voir !

Le ruban écarlate, huile sur toile de Theo Van Rysselberghe (1862-1926, Belgium)

Guy

 

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 13:45

 

Toumodi est en côte d’Ivoire, en son juste milieu. Nous sommes dans les années 70. Il y avait là-bas deux marchés, celui des hommes avec les artisans et les outils, celui des femmes pour les tomates et autres légumes à soupe. Aimant l’ambiance des marchés, ne sachant pas, j’ai acheté un jour des tomates chez les dames et lors me suis fait enguirlander vertement, en langue Baoulé, par les matrones.

Un autre jour voulant faire une tenue africaine à ma jeune fille de neuf ans, suis allé of course au marché des hommes acheter une pièce de tissus. Mon épouse fut charmée par un beau soleil rouge sur fond forestier. Teint à la main ma foi. On nous avait dit que se trouvait tout près un couturier renommé…

Nous allâmes vers lui, lui avons demandé de nous faire jolie parure, à l’Africaine on le devait. Il voulut bien, prit les mesures, les marqua au bic sur sa main, rendez-vous le lendemain. A l’heure exacte nous voici, personne ! Un collègue alla chercher le tailleur, une autre personne arriva, son neveu : le couturier étant en voyage pour l’enterrement de son oncle. On reprit les mesures, le neveu se mit derechef au travail.

     

Au troisième essayage, ce fut son cousin qui nous présenta l’objet… Le Soleil resplendissait juste au milieu des fesses. On lui demanda de le déplacer sur le côté, il ne le pouvait plus. Il me dit étonné : mais c’est plus joli comme cela… Les femmes ici sont fières de leur fessier ! Il me regardait d’un air perplexe, ces blancs tout de même !

Une femme est une femme, c’est ainsi.

Ma fille était toute heureuse, les garçons de l’école des bonnes sœurs l’admiraient. Plus tard ayant bien réfléchi, vers le tard, j’eus une révélation : si au lieu de la lune ou du soleil, j’avais choisi une jolie motocyclette, son destin aurait-il été changé ? Les théoriciens du genre pensant que le choix parental influence le sexe futur ? Vaste domaine de méditation !

Ma fille serait-elle finalement un garçon manqué…contrarié. Jeune, elle grimpait cependant dans les cocotiers. Au grand damne de ses parents.

Mais depuis elle en perdu l’habitude juré-craché.

Guy

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 14:27

 

 

Un bruit à l'entrée... Je pousse la moustiquaire et vois un long bonhomme qui m'interpelle : "On m'a dit que vous seriez écolo, je produis des légumes naturels et vrais".

Histoire de la pastèque - Légende vietnamienne dans Croyances & Légendes watermelon-island

J'ignorais qu'il existât un producteur à Koumac, me dis-je... Il avait un vieux pick up Peugeot, empli de marchandises. Merveille en ce lieu où tout venait de Nouméa, desséché fané fripé, apres un voyage de colportage.


Je lui pris de ses tomates un peu biscornues, de ses salades à hâcher, de ses pastèques par contre énormes. Dans les tropiques on s'adapte voyez-vous. Je l'invitai pour une bière, il demanda un simple verre d'eau... pas trop fraîche si possible. On papota, il me donna une demi-heure de sa vie, déclina ses coordonnées. Un courant de sympathie irrésistible nous emporta. Il vivait à Voh, assez près, village rendu plus tard célèbre par son coeur végétal !


Quand nous descendions voir la Fille pensionnaire à Nouméa, on s'arrêtait, achetions ses produits de saison, puis on s'asseyait (avec précaution) sur le vieil escalier termité qui brinqueballait. Très vite je sus qu'il était adventiste pur et dur, de l'Eglise du septième jour, mais oui ! Montré du doigt par les voisins, abandonné de son épouse enfuie à la grnd'ville écoeurée de son regime végétarien pur et dur comme il se doit.


On papotait, on le devait, du jugement dernier et autres péripéties bibliques. Le grand Racine et lui avait le même faible pour la belle Esther. Je reprenais la route pensif et lourd d'images sacrées.


Au retour de la capitale, nouvelle halte. Et la discussion sur l'escalier reprenait au même point. Il ressemblait à Don Quichotte et Brice Lalonde à la fois. Un jour où il m'avait semblé particulièrement écrasé par le destin de l'humanité, il n'avait pas bougé de sa place semble-t-il, ce durant les deux journées de notre aller-retour.


Unn échange digne d'une tragédie grecque. Devant passer des vacances en France, on lui confia notre petit chien.


Au retour, trois mois s'étaient écoulés... Camille ne venait pas. On la chercha partout. Nous l'avions retrouvée blottie sous les pilotis, tremblante squelettique toute craintive. Il l'avait nourrie de betteraves et de carottes coupées.

C'était notre ami.


Nous n'avons pas visité le coeur inconnu de Arthus Bertrand, qui n'était pas devenu célèbre encore.


Guy

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 18:14

 

 

 

... Il y a des hommes étranges

amoureux de la terre

de la mer et des hommes

que la solitude et le rêve

ont rapproché des hommes

qui savent parler à l'âme

de la mort et de dieu

 

Dans la région du Nord

il y a des hommes étranges

 

Le western est à portée des chemins

"Poèmes du bout du monde"


Sur la plage de Tiabet près de Poum un Caldoche solitaire... Il ramasse les racines, amenées par l'océan et en décore sa case. On allait parfois le visiter et il était heureux de présenter ses objets, ses personnages, son musée sur le sable blanc....


Mon épouse lui offrait quelque biscuit à sa manière. Un jour la plage était toute propre, balayée avec des feuilles de cocotiers, sans rien qui ne pointe ou ne dépasse. Je lui demandais  la raison, il me répondit qu'il attendait "sa fiancée". Il l'avait trouvée sur le "chasseur français" magasine feuilleté dans les campagnes. Et elle lui avait promis de le rencontrer incessament. Il espérait...


Elle n'est pas venue, prétextant la distance. Le célibataire resta solitaire et ne balayait plus la plage, même son coin près de la case, où il recevait les visiteurs amis. Nous eûmes de la peine, et mon épouse lui amena un grand gâteau. Une Mouna je crois. On la partagea sur le sable de la plage infinie, dans la brise légère, sur fond musical, tout en devisant et patati et patata, de l'inconstance des dames, du dernier cyclone, des méduses bizarres qui dansaient sur les vagues.


Nous le revîmes à chaque zéro un, deux, trois (grandes marées), le recommandâmes au chef de la tribu pour lui trouver une femme... Sic. Il avait une petite retraite de gendarme, et semblait un bon parti ! Et puis nous dûmes partir pour Nouméa.


Mais je suis resté sous la magie de l'immense grève de sable coralifère?

TABLEAU PEINTURE pêcheurs iles mer Nouvelle-Calédonie Marine Peinture a l'huile - Voyage à Lifou

Si vous êtes sages, je vous conterais un autre personnage Monsieur Dufour de Voh, vous savez le village près du coeur végétal renommé dans le monde entier, photographié par Arthus Bertrand, lui-même, personnage(s) des plus étonnants.


  Guy



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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 17:41

 

 

 

 

 

 

 

Toujours en Calédonie, on devait aller en vacances en la doulce France. Où laisser petite Camille chienne de la SPA sauvée des tiques, par nous adoptée et chérie ? Chez Monsieur Dufour à VOH bien sûr, l'écologiste devenu notre grand ami. Vous savez le prêcheur philosophe légumier. 

On la lui laisse avec peine et moult recommandations. A pas de loup on s'éloigne....Trois mois passés, de retour, on passe dans son château en ruine mais si chaleureux. Bla bla bla bis ter. Puis, où est Camille ? Personne ne répond, on insiste... Une bonne heure se passe ! 

M. Dufour : enfin, cherchons là sous le lit, il y a là un trou à termites qu'elle affectionne. Effectivement une petite voix presque inaudible... elle sort enfin toute tremblante, son petit appendice devenu queue de rat, atchoum timide ô combien, racornie que dis-je, rabougrie même, sans force pour nous faire fête, devenue zéphir canin.

On lui dit mais qu'a-t-elle ? Pourtant je l'ai gâtée, bien nourrie mes meilleures betteraves et carottes...Répond-il . Je comprends : il l'avait nourrie de légumes écolos certes, mais... On le remercie et, vite fuyons !  Les chiens ne se nourrissent point de légumes, ni les chats d'ailleurs, c'est bien connu ! D'ailleurs un voisin me le dit : elle est d'une race qui attrape les bécasses dans les marais !

Remplumée, elle refit particulièrement des ravages dans les poulaillers des voisins, qui sonnaient à ma porte avec pintades ou canards sous les bras...

Rancuniers, on espaça nos visites chez Maître Dufour prêcheur du jugement dernier

GUY, qui vous donnera si vous êtes gentils sa recette de betteraves crues râpées au vinaigre balsamique.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:46

 

Baudelaire imaginait l’enfant du riche, jaloux de celui du pauvre lequel jouait avec un animal vivant, un «rat» gentil je crois, qu’il avait trouvé tout seul. Bien amusant ! En lisant ce poème, j’eus  un pincement au cœur...


Lors je me suis envolé pour l’Afrique noire, qui est notre univers d’outre miroir, vous savez. Là où on s’exprime librement dans les cours et les rues, pasque ouvertes à la vie, sans murailles ni barricades pour enfermer le génie. L’enfant invente un cerceau ancien avec une baguette et une roue de vélocipède perdu. Et tu l’entends rire, applaudir, conter l’univers. Clown de lui-même.


Un marmot qui joue est toujours sérieux, on le sait.

Il s’en donne de tout cœur, et les voisins à l’écoute de la joie, ouvrent grand leur porte en bois. Tiens, j’ai une idée, dit-l'enfant… Il va au dépotoir, fouille dans le fatras, à haute voix, avec les gestes du bonheur, appelant ses amis interpellant ses frères. Il trouve une Chose. Oh une télévision casséc... Il l’emporte dans un endroit couvert, la pluie est fréquente là-bas, vois-tu. Et commence à le désosser, à en faire des Objets !


Dans ces pays d’outre océan, les objets ont une deuxième vie, ils sont ustensiles, rêves, choses enfin -inutiles parfois pour celui qui ne peut pénétrer l’âme des autres, ou bien des jouets peut-être ? La caisse en faux acajou devient coffre à outils, réservoir à boutons à bobines ou attrape chimères. Car l’ultime côtoie toujours le mystère pour un pauvre ! L’espoir, l’utile, l’entre aide "maman voici pour toi", toujours sous jacents…


En Madagascar, où j’ai vécu dix ans, une bonne sœur une fois m’a expliqué la pensée des humbles. Les conserves sont récipients, voyez-vous, avec des trous pour devenir semoir, sculptures pour mieux planter une bouture, pour la donner ensuite afin de créer du bonheur, ou simplement pour mesurer le riz… Quant au pot de verre, un don du ciel vous savez. J’ai entendu la sœur, aménagé un débarras à objets dans un endroit discret mais néanmoins proche, troué des boîtes avec des clous, ceci cela, pour y planter quelque pépin de mandarine ou de graine variée. Et puis ai conservé le linge démodé, resté digne encore. Il y avait toujours preneur.


De retour en Métropole, j’ai tenté de maintenir la tradition, n’ai point réussi. C’est avec regret que bien vite la chemise devenait chiffon… Il y a pourtant des gens qui cherchent, mais ils ne se manifestent guère. Quant aux choses toujours belles, à faire rêver, les jouets d’hier, la robe première de princesse de ma fille… je les pose avec soin dans une grande boîte près de la porte, les laisse aux passants. Un jour, merveille, une dame a sonné pour me dire merci.


J’étais heureux comme un gosse, lui ai conté l’objet, sa valeur sentimentale, son histoire, la joie qu’il nous avait donnée ; un objet possède une âme tu sais, c’est un peu une personne. On transmet quelque part, l’héritage de l’amour.

L’essentiel, n’est-ce pas ?

 

Guy

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 13:59

 

   

 

 

 

 

La nuit semblait plus calme. Le matin étonné nous protège encore…

 

 

Nous sommes tous endormis. Les cloches vont sonner

 

comme si tout marchait pour le mieux. Le monde devenu sage

 

souriait dans ses habits de fête tissés de lumière,

 

afin d’estomper le destin qui nous laisse en sursis !

 

Où la terre reprendrait son chemin à l’envers

 

mais en toupie musique porte-bonheur d’espérance.

 

 

     

 

Vrombit l’ustensile qui tourne qui tourne sur lui-même !

 

 

Mon jouet de quand j’étais petit, insouciant d’univers,

 

puisque j’avais grand-mère, d’amour tu sais ma cuisinière

 

qui de petits gâteaux au miel emplissait le placard

 

sur une étagère de main à portée de marmot !

 

La guerre au loin advenait encore … Plus jamais ça disait mon père,

 

impossible, … la der des ders ? Et d’ailleurs,

et pourquoi …

 

   

 

Comme si des imprécations pouvaient arrêter le destin !      

 

Les veilleurs s’inquiétaient. Eux voyaient à l’endroit

 

les murailles translucides et brouillées de nos cités de verre ;

 

les gens ici dansaient tandis qu’au lointain des mamans

 

berçaient leurs poupées molles de cendre ou de sang !

 

Chantant des airs de minuits anciens, tu sais ceux des épousailles

 

Où l’on se courtisait, où l’on se promettait encore des bébés charmants.

 

 

 

Dors mon enfant, dors je ferme la fenêtre au mal !      

 

La terre tournait de travers mais ne le savait pas,

 

tout était si calme… Sauf… de ci de là…

 

dans des endroits perdus, bien celés des médias,

 

où les veilleurs percevait les signes avant coureurs !

 

Des ombres inquiétantes erraient dans la nuit

 

le crime se banalisait, la mort partout prenait ses droits.

 

 

 

Les gens disaient, elle est bien loin de mon portail ...

 

Des trompettes sonnaient, à petits cris discordants,

 

le monde tournait à l’envers, mais ne le voyait pas.

 

Mon dieu mon dieu sauve ta création,

 

celle-ci  ne le mérite pas, tu le sais. Prends pitié... je t’en prie,

 

   ...te le demande humblement.

 

 

Guy

 

 

 

 

 

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 16:16

 

 

J’avais presque sept ans quand mamie Lucie nous a laissé.

La guerre commençait, simple coincidence sans doute… Pour les fêtes, je m’en souviens, grand-mère mettait une nappe blanche ajourée, les couverts du service. Sur chaque assiette, différents gâteaux délicieux, un petit pain enveloppé dans une serviette brodée de son trousseau. Et un chandelier avec des bougies de couleurs.


Je me souviens aussi qu’au bout de la table elle plaçait une assiette solitaire mais toute aussi coquettement garnie. Je demandais souvent : pour qui l’assiette, en espérant récupérer les friandises perdues ?  Elle me répondait «chut ! Mystère !» J’insistais, alors en réponse : «le Voyageur». Mais qui était ce personnage ? Invariablement, elle me murmurait de sa voix basse à l’oreille, la même que pour ses contes et chansons, le Pauvre !!


Une variante, l’étranger. L’ange…

Comme j’aimais cela… Avec mon imagination d’enfant, je le voyais entrer dans de vieux habits qui cachaient quelque peu ses ailes repliées. Mais jamais il ne venait ; ainsi avec ma sœur on se partageait sa part de gâteaux et de bonnes choses. Lucie est partie, la guerre a sévi. Nous a frappé comme beaucoup. Ma maman faisait une dépression, elle adorait sa mère. Et plus jamais la belle table avec l’Assiette blanche de porcelaine.


Mais cette part du «pôvre» m’est restée, las assez vite occultée par la vie. Un jour à Nessadiou en Calédonie, où je passais quelque vacance chez Noré… un homme de haute taille, cuissot de cerf dépouillé sur l’épaule, tapa à la porte, «la part du bon dieu» dit-il. On m’expliqua que c’était une coutume venant des déportés arabes : entre voisins le Partage.


Etonné je me suis alors souvenu de cette part du pauvre, du solitaire, de l’autre. Et j’ai écrit un bouquin qui en parlait… «J’étais un égaré, je cherchais en vain un logis ancien dans une sente bizarre la sente du bon dieu, laquelle existe d’ailleurs vous savez près de chez moi !»


Lors un jour j’ai voulu rétablir manu militari cette coutume at home, mais n’ai pas trouvé de pauvre disponible dans mon coin. Et l’ai reperdue…

Guy

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:22

 

Guy

 

http://www.fond-ecran-image.com/fete,fond-ecran-noel,051.jpghttp://francaisdefrance.files.wordpress.com/2009/12/emeutes.jpg?w=256&h=256http://www.berlol.net/jlr20070707.jpghttp://marsac24430.blogs.sudouest.fr/media/02/02/856775341.JPGhttp://ccfa.unblog.fr/files/2011/11/enginesmoteuretcitronscartonbornbad.jpghttp://static-openask-com.s3.amazonaws.com/content/images/tests/medium/2387_test.jpg

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f6/BrueghelLand_of_Cockaignedetail.jpg/300px-BrueghelLand_of_Cockaignedetail.jpg

Chiffres fatidiques, nombres porte bonheur…

On a tous besoin d’un petit coup de pouce du destin, étant donné la morosité actuelle du monde des humains. Il le faut tu le sais. Lors, je vais lancer ma fusée vers un monde parallèle. Ecoutez donc comme le moteur vrombit déjà tout heureux de sa neuve liberté. Il partirait tout seul si on recule encore le lancement.

La machine piaffe des milles fers de ses chevaux moteur : bruitage à volonté, s v p cher lecteur.

Embarquons les enfants, les amis, la famille, élargie, pour la planète Cythère. Enfin ! Regardez comme elle brille dans la nuit. De milliers de feux elle étincelle… Elle nous promet ripaille de foie bien gras et d’huîtres perlières, de marcassin rôti aux marrons déglacés ; et de flacon fin de vin précieux et rare. Cela pouvant s’inverser d’ailleurs. Mais toutes ces douces choses coûteront si cher ? Fi, rien n’est assez bon ni beau pour fêter du siècle la Nono dernière!

Quant aux pôvres, il leur faudrait plus encore de primes de primes de primes, ô gogo mon chéri ? Chut, ils pourront toujours contempler les vitrines des grands magasins, délicieusement décorées de poupées charming en sucre rose ! Le peuple bedonnant rêvera en admirant les mannequins si minces si minces, et s’envolera plus léger pour le grand bal de la télé.

Le meneur millionnaire fera chanter les gens sur des airs d’antan ou à la mode, et ses invités éclateront de rire sur commande -pour rien- comme ça. Essai à réussir d’imitation par le lecteur ? Tous seront heureux (ou feront semblant), entonneront la marseillaise de l’abondance. Et dans les chaumières en étages, des feux de joie brûleront, des voitures en flammes fumeront sur les parkings…

Ceci relancera l’économie, enchantera les enfants de la pluie. On les verra danser dans les lucarnes, ils auront droit enfin à la notoriété, et sur toute la terre la guerre cessera par ordre de la maréchaussée et de l’archevêché. Les humains pourront un moment respirer en paix, faire l’amour en toute tranquillité ! Comme ce devrait.

Il nous fallait bien parler d’Amour… puisque nous sommes sur la planète Cythère.


…C’était un Noêl sur la Terre

Guy

 

 

 

 

 

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