humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
la psychanalyse le dit mais la descente n'a pu me guérir tout à fait de mes blessures, peut-etre, mais point de celles de l'autre
la prière, que je me passe souvent
Neuf dixièmes de notre moi se cacheraient sous la glace et la lave des grands volcans d’Islande !
Un soir sur la plage, dans le sable mouillé, je découvre un vieux flacon, roulé par la vague. Dedans un bout de parchemin terni… «Homme, n’aie crainte, plonge à la recherche du passé, ainsi ton angoisse pourra guérir : une écriture enfantine qui tremblait.
Au fond de l’océan, une lourde porte entre fermée, je pousse... Un vieil ascenseur s’ouvrait ! Il semble avoir encore un peu de verdeur, explorons donc le mystère du moi profond, il le faut ; sur le panneau lumière ô combien combien d’étages en boutons indiqués… Chaque pallier découvrait de plus un inquiétant labyrinthe, ma bonne étoile me guidait, l’ascenseur hoqueta, s’arrêta, comme ça, me laissant admirer sur le bord de la grève un voilier qui semblait en attente, je partis au vent cosmique, glissais glissais, comme dans un rêve réussi, sans voir les dangers, ma mère dans la barque me souriait, elle portait un fanal, à un moment me dit : «Guy, il te faudra plonger encore plus profond pour comprendre ton être blessé !» Je le ferais maman… «Le monde souterrain est à peine moins cruel que celui dont tu viens... Prends garde !»
L’ascenseur accélérait, tressautait, balançait au vent mauvais, j’entendais des voix, une plainte étouffée qui me disait : «pourquoi… pourquoi… m’as-tu laissée ?» Un autre pallier, j’ouvre le hublot, des ruines du sang, de la cendre, l’ascenseur repartait sans pouvoir me laisser faire, moins anxieux toutefois car je reconnaissais les lieux, et des personnes retrouvées la misère.
Je ne voulus pas m’enfoncer plus loin, je remontais sans même un stade de décompression, longtemps encore les fantasmes vont me poursuivre, comme des harpies, des chimères maléfiques, voulant mais ne pouvant percer mon armure pourtant de pacotille, inexorablement je montais, un point bleu, tout en haut, de lumière grise voilée, des rires des mots inconnus des pleurs m’entouraient, pourquoi, pourquoi. Je ne savais que répondre, je me souviens alors du dernier pourquoi désespéré prononcé par le gardien du garage, qui croyait que je saurais lui donner la raison du carnage, je ne savais que dire, «dieu seul vous savez, mektoub, il nous faut espérer», son regard s’étonna, puis dans un éclair je finis ma pensée dictée par la compassion de l’homme à l’homme sans doute, «dieu est toujours avec les pauvres les petits les souffrants, je crois», il me sourit rassuré !
Un vieux kabyle ouvrier en chéchia de feutre rouge, qui, comme moi, avait peur du monde qui venait!
EN FRANCE L'HOMME ASSISTé