humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Nous popo’tâmes de chozes et d’autres, de couçi de couça ! Nous nous tapâmes la paume, «cinq fois» à la mode à la mode d'hier ! Selon vieille coutume carthaginoise. Grand signe de connivence que la télé nous a emprunté sans payer de droits d’auteur. Que nenni tous des voleurs ! Tape cinq, tu connais?
Il me dit des mots révigorants, que seul lui pouvait trouver : Pleure pas popo, pleure pas, la France est dans le schlimblic, certes, c’est sûr, quoique, cependant, et même tu ne sais pas tout. Mais demain on rasera gratis, tu verras, bis ! On vaincra la décadence. Comment lui dis-je ? Pasque nous sommes tous des immigrés clandestins de diverses z’époques, et ce depuis les romains vois-tu ! Pas toujours nés dans l’hexagone... mais cependant ce ne sera pas si difficile de retrouver notre filiation ! Les mormons à Salt lake city tiennent sur ceci une comptabilité mondiale minutieuse irréversible !
Le droit du sol par contre c’est clair, oui, sauf que la patrie a changé de frontières hier à peine ! Reste enfin le sang … Je lui dis encore : le plus plus dur c’est quand tu es né à l’étranger… Un savoyard avant avant était italien, comme un niçois, devenu français par conquête il y a peu, un alsacien idem, allemand puis français, etc. Les Corses, chut ! Un oranais lui était français, depuis longue lurette, mais son pays est devenu courtement indépendant !
Donc il n’est plus français, et toi aussi disent certains fonctionnaires avisés! « Faut le prouver », ricanent-ils entre les dents ! «Bien fait, tous des colons !»
Ah ! la frenchitude jalouse et mesquinement burlesque ! Coluche opina du chef, en italien capito capito longo margo, parla d’imbroglio chientlio’popophile, juridico-maboulinesque !
Pour m’en sortir, j’ai fait analyser une goutte d’adn… Mon génome est le même que celui des gorilles de montagne, avec quelques gênes de Cro magnon, un chouya d’Hannibal, une larme de Bordeaux rouge, un epsilon de vieux poète Apatride ! Sans oublier la bolée de chouchen Breton ! Je demandais alors à un alba'oratoire grec indépendant, une copie de cela en chiffres arabes s’il vous plaît. Le directeur commercial ne voulut rien savoir, pas de dépenses inutiles, on ne laisse pas entrer les poètes ni les étrangers dans cette enceinte scientifique ! Sinon l’OMS périrait !
La France était fracturée : d’un côté les uns, de l’autre les autres, chacun croyant que l’on lui prendrait le Schlimblic maternel nourrissier ! Se méfiant du voisin ! Les premiers donc pour St Germain, les seconds pour Marseille ! La guerre des chouans pouvait recommencer, les haies d’ailleurs posent encore problème en Normandie !
C’est alors que nous fulminâmes : On va inventer une carte d’identité infalsifiable ! Eternelle. Incontournable. Energiquement durable.
La comédie dell Arte se termina alors en un éclat de rire…et en chanson ! Un président judéo hongrois, une épouse italo parisienne, popo naturalizé par filiation d’Oran d’ailleurs et même de partout, un peuple maboulisé, marabouté, télénulizé, qui se promène dans la neige au lieu d’économiser sou par sou, pour les prochaines vacances… Aux dernières nouvelles une bourka d’honneur, devait être offerte à Marianne, et une couronne royale à qui de droit !
Coluche et moi, nous embrassâmes, en se tapant dans le dos, en se disant : tu te rappelles l’Algérie, là bas on croyait être français et on ne l’était pas, m’a dit hier encore à peine la préposée minucipale pincée issue du droit du sol ! Arrogante et fière. Bureaucrate atchoum ! Mais on était heureux.
Sans doute par génétique ou par habitude. Coluche me dit alors : Il nous reste à mourir ensemble de rire bien entendu … pour la patrie tout de même !
GUY