humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
aurore trouvée sur le net, mes albums ont été las abandonnés... en laponie norvégienne toutefois, ou bien dans un tiroir de ma ville
chef d'oeuvre de jacques prévert
Après exploration du petit sous-continent viking, et dormi dans une cabane oubliette en vieux béton solidement armé sur la dune, en Picardie comme dans la chanson, vu quelques oiseaux au long pied au long cou au long bec dans les marais de Somme, allons courage pour le vrai grand nord… Nous les pieds noirs curieux du changement, on voulait bien sûr voir un coucher de soleil à Narvik ! Vers minuit ! Une aurore, le must !
Une voiture brinquebalante, un bonhomme disert et gentil, des cimetières au soleil, des vaches pour le décor de cinéma, des terrils de carte postale, enfin Dunkerque, la ville encore à moitié détruite, un bistro où le bonhomme gentil voulait nous offrir une bière avec des fotos de coqs de combat dans la fumée des cigarettes, on but, lors je dis « cépaltou ifo qu’ony’aill », où donc ?, ben à La poste retirer des sous ! Entre les gravats, le bon dieu avait sauvé L’institution. On prit nos sous, dit un mot gentil à la demoiselle, vieille coutume picarde, puis nous allâmes sur la plage pasque il y avait là le camping minucipal : «Malo les bains», vite une atmosphère irréelle nous enveloppa faite -de brume bleue -de musique étouffée -de lumière étrang -d’ombre tamisée, La Plage ! Drôle de mer. Du sable gris fin farineux de l’eau même pas salée un peu verte bizarre, je fis quelque pas en titubant, lors, une main me prit, rassuré, je me laissais faire… Elle était rondelette -la propriétaire, jeunelette à la fleur de l’âge, blondelette indéfinissable, mimi dans des nuances de clair léger, nous avançâmes courageusement, je me disais mais « d’où elle sort celle-la? », lors (j’adore cette rime riche) je me retournai et vis dans la brume claire un père en casquette qui encourageait sa fille, sic, pas comme chez nous, elle portait un nom en J avec des fossettes, un filet à papillon, nous marchâmes à pas prudents, dans l’eau grise et trouble, la mer nous mouillait les pieds, bizarre elle était chaude, la mer, elle allait à l’école encore, la fille, apprendre je ne sais quoi, le père mineur de fond ou de surface en vacances d’été espérait ainsi caser sa fille qui se sentait seulette, la pauvre, nous revînmes enfin, allâmes dans un kiosque de sable manger des moules frites, mon pote était jaloux, nous nous embrassâmes et lui dis un peu triste : je pars demain, elle versa une larme, fronça le sourcil, son oreille écoutant le vent, puis disparut comme elle était venue…
Quelle fête on aurait fait si l’on s’était mariés, j’y pense encore, la brume n’est vraiment point l’amie des amoureux, le lendemain, requinqués, une auto conduite par un couple de suédois en goguette et voilette blanche nous prendra et -mais- ne voulut plus nous lâcher.
La Belgique, les Flandres, Bruges - on alla à l’auberge et les suédois au camping, une ville belle, pleine de canaux glauques mystérieux, ensorcelés, déserts, de gens lents qui tournaient la tête quand on leur parlait français avec une grimace, et, vite, le lendemain, la chaleur suédoise retrouvée dans l’auto, avec un point d’orgue : « l’anglais », mais nous les oranais, avec les mains, avec les pieds avec la langue avec les mimiques les grimaces les babouches, notre patawett universel, on communiquait, ils venaient de se marier, mon copain leur chantait des sérénades, moi des histoires drôles, on s’aimait, tellement qu’ils voulaient que l’on aille à Stockholm, que c’était beau là-bas, que les norvégiens pas gais, mais pas gais du tout, que la Laponie étaient fleurie alors, que lui étant voyageur de commerce nous aurait emmenés, moi je voulais, mon pote lui ayant laissé son grand amour à Oran ne voulait point trop tarder, la jeune dame brune et svelte aux yeux de ciel d’été semblait me sourire souvent, non ce n’était pas sérieux, quoique, non c’est pas bien, cependant, non mille fois non, nous nous quittâmes nous promettant tout, et nous voicîmes pour vers Narvik, au-nor-nor’végien, ville sans intérêt sauf un vieux parc et son cimetière, une amourette avec deux sœurs, pauvres petites lapones abandonnées aux yeux bleus, perdues dans le vieux parc solitaire et frisquet, nous étions heureux, nous étions vernis, les-nor’végiennes véritables tout comme les suédoises se trouvant en général sur la côte d’azur, puis une auberge de jeunesse sur le retour avec mille plats de poissons même en bouillie, au lait, en saucisson fumé et même en pâté, a gogo, moi j’aimais, une descente sur les quais pour manger des crevettes crues et vivantes, sur conseil des lapones, et le lendemain, dans un Fjord (mon histoire est méli -mélo temporellement parlant) un réveil inoubliable avec sortie royale de tente, dans une plage de nudistes, même des mamies d’âge variés, qui s’était peuplée la nuit, une mer violette des ruisseaux d’argent de cristal en mousseuses cascad’elles, des criques en rochers noirs, des grands arbres couverts d’écharpes blanches ouate satin brouillard, et bigoudis, terrible pour des garçons prudes couleur d’Espagne, enfin … Nous cachâmes notre honte !
Au retour nous prîmes un bâteau à voiles et à moteur (et à rames de secours), pour les touristes pauvres, qui descendait vers Oslo en faisant la navette, et les mouettes nous accompagnaient, nous chantions, nous étions jeunes, le bâteau longeant les fjords, ne tanguait pas trop, nous vîmes ainsi des baleines et ou des cachalots, cela pouvant s’inverser ! Sur mon sac, j’avais mis des cornes de rennes, et un drapeau suédois pour m’amuser.
P S. La lapone de droite portait en finlandais un nom d’étoile polaire, la seconde sa jumelle s’appelait tite fleur en suédois ! Là j’ai inventé ! Etant donné que je n’en ai rien jamais su.
Le coucher de soleil vers onze heures, jaune amende, citron vert, caramel bleu, les crevettes bouquet sautaient toute vivantes dans le gosier, ollé ! Le public applaudissait. Fais un jour cela Hélène. L'aurore boréale, pour une autre année…!