humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
... Les élèves venaient sans taper au portail, dessinaient au tableau blanc des mots qui étaient images ou musique, je changeais une virgule et hop cela devenait opéra. De quatre petits sous, sans doute, mais quelle fraîcheur, quelle spontanéité, la maladresse d’enfant devenant miraculeuse clef d’argent ! Certain(e)s mettaient en chanson, ô combien légère, d’autres esquissaient un pas de danse d’accompagnement. Puis on sortait un Livre, on cherchait pour le titre, des parents tapaient le texte, en dessin ils elles l’illustraient, et un sponsor agrafait la couverture.
Voici quelques titres, «La plume et l’oiseau» «Sans titre» «Les enfant du village» «chansons à dire à lire et à danser»... Les poètes étaient surtout féminines -allez savoir pourquoi- et en fin d’année une petite fête «comme çi comme ça».
Parmi les écriveuses, telle se disait en correspondance avec Anne Franck, oui. Elle nous avait suivi cinq années. Elle entrait le front plissé, comme pénétrée par son sujet, et d’un jet chantait un peu de son âme à voix mi, à qui voulait.
Cet état de grâce je l’ai ressenti un soir quand l’immense Ferré nous a quitté, les medias ne l’avaient pas annoncé pourtant. Lors nous faisions une veillée poésie, une amie chantait ses airs et un frisson semblait flotter dans le salon. Il était là tout près, je l’ai compris plus tard, la grâce vous comprenez ne s’entend que longtemps longtemps après. Pudeur, étonnement, frein culturel ?
Voici un des petits textes créés, au club...
«L’enfant et la mal aimance.»
* touché de la malaimance
il repose sur un lit d'étoiles
qui dansent qui dansent
son regard source des larmes
son regard miroir de vérité
et de souffrance et de souffrance
étrangère moi qui l'ai vu
étrangère ne l'ai oublié
larme sève de la rose
larme lumière de l'étoile
Fabienne, elle avait moins de onze ans
GUY