Il voulut explorer la Papouasie pour un prix modique proposé par Orange Pacific operator $* !
L’avion de Nouméa se posa, une foule de papous de toutes tailles accourut ! Le guide était vraiment là avec un écriteau : «Dear sirs of Orange, Welcome». Nous montâmes dans un 4 x 4 à 6 roues à la conquête du Paradise. Après trois heures de route mal goudronnée, deux de piste en terre crue, dans un décor de montagnes chaotiques inquiétantes caverniculaires, toutes de jungle épaisse touffue mal peignée, le véhicule s’arrêta : il le fallait, nous descendîmes, '''toujours’serrés'''bien’ensemble'''c’est'plus’sûr,''' nous dûmes marcher longtemps, puis nous bivouâquâmes ! Un repas sauvage à la diable, comme promis, des bruits étranges qui flottaient, une fumée étonnamment rose dans le décor vert sombre…
Tout à coup, une tête noire en lozange carré barbue, apparut dans les lianes échevelées. Elle nous sourit-nous lui sourîmes : Popo le moins peureux ou le plus fou sans doute entama les salamalecs ! Le guide qui était de la tribu ennemie se faisant tout petit …
Popo, donc, dit : « Good day my pot’s » ! «Who is you’s» ? Le lozange barbu lui répondit : «I know very gooudly english, and you ?», et il nous avoua très vite : «A vos chapeaux de Tartarin, je reconnais des français, j’ai fait des études supérieures de cuisine à la Sorbonne». Un lourd malaise nous saisit. Il reprit : "Mon papa, le dernier cannibale de la montagne, m’avait demandé de copier les recettes des blancs " !
D’ailleurs chez mon cher papa, à quelques pas à peine... dans la brousse jolie, on a toujours un chaudron sur le feu, pour nos rares visiteurs, en ce moment du cochon noir -nourri de lait humain- qui cuit à la «barigoule», vous savez le petit cochon que les femmes du village font têter à l'ancienne : le sein droit pour le petit homme et le gauche pour le cochonnet ! Les boules !! Pardon la peur nous envahit gla gla gla !!! Ce doit être le fils d’un cannibale maboule, en plus il sait la grammaire ! «Sir", dis-je, n’en menant pas large, "nous devons go away au camp’s»! En vieux gaulois, «cépaltou ifoq’ji’aille».
Lors nous nous sauvâmes à petit pas légers, puis nous trottâmes tagala tagala, galopâmes sur des jambes flageolantes tagouli tagoulantes, nous arrivâmes saufs mais affamés, af faf ouf ouf ! C’était le soir ! Chacun dut conter son histoire à la veillée, en regardant mal rassuré la Nature sombre qui nous entourait et la nuit étoilée !