humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
« …J’ai aimé avec passion cette terre où je suis né.
J’y ai puisé tout ce que je suis.
Bien que j'aie connu
et partagé les misères qui ne lui manquaient pas,
elle est restée pour moi la terre du bonheur,
de l’énergie, de la création. »
C’était une terre immense…
toute de lumière bleue.
Longues plages solitaires,
falaises blanches de rochers,
les hommes y étaient rudes
sans aucune richesse
mais chaleureux,
la porte restait ouverte
au voisin du malheur touché
à l’ami de passage
à l’inconnu du port,
sur le chambranle des portes
un signe était posé
le même tu sais dans chacune de nos maisons,
coutume ancienne d’Andalousie,
simple croix, mezousah, main gravée.
Même misérable et sans culture,
on y aimait sa mère, on y craignait dieu,
les êtres étaient tendres au fond de l’âme claire
et se contaient leurs rares secrets
à voix haute en écho répété,
le vocatif des romains tu sais.
Plus tard vois-tu, dans un bout du monde
bien différent, j’ai poursuivi
tout de même le chemin entamé,
la marche de l’homme vers le grand silence,
voulant approfondir le cœur blessé de l’enfance.
En un hasard vois-tu, dans un endroit sauvage,
j’ai vu ô miracle se perpétuer l’essentiel d’un hier,
de l’inconnu familier que je pensais perdu,
avec la guerre l’exil l’horizon qui s’estompe…
…Le don gratuit naturel et humble
d’une portion des choses des fruits du gibier,
«la part du bon dieu», disaient-ils…
J’ai pleuré, et violemment aimé mon pays retrouvé.
Ma grand mère hier laissait toujours sur la table
l’assiette du passant ou de l’ange, je ne sais.
GUY