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Oui, mais c’est drôle l’océan s’était couvert de morceaux de glace brisée qui vagabondaient flottaient de partout en un ballet incertain, et sur les plus larges de ces radeaux des hommes en goguette chemise tahitienne béret de marin ! A pompom multicolores!
Le poète immortel que l’on a cité plus haut voulut aider l’humanité : les femmes d’abord de toute évidence pour la postériorité, les enfants si ‘bien-obéissants, les hommes ’montrant patte blanche quant à la gentillesse la propreté la courtoisie ! On attacha tous les glaçons ensemble, tchouk’tchouc’’tchouque, tous, on demanda à une famille de dauphins de tirer le radeau composé : les dauphins, les sirènes, les chiens, les tortues, les licornes, les lapins angora idolâtrent les humains, personne ne pouvant nous dire ici la raison, et - vaille que maille - mouille la vague-, nous allâmes…
Vraiment il y avait multitude de naufragés, il faudra faire une guerre pour diminuer la population ! Et aussi une foultitude d’animaux, mâle et femelle, sexe d’ailleurs difficile à déceler quand on n’est pas savant, essaye gros malin pour un vers de terre et tu déchanteras, et qui -miracle!- la moustache ni la queue ni le nez plus jamais ne se tiraient. Le problème délicat restant la langue : l’anglais is’no’goude, le français pabon, le chinoi de pekan ben’sur, l’espagnol et l’italien…pour les dames sentimentales amoureuses rêveuses seulement, le serbo-croate pour les lapins !
Pour reconstituer enfin un monde harmonieux, il fallut user des plus grands moyens, et -point à tortiller- retrouver le cri primaire de Cro’magnon ! Là, j’adore !
Lors d’un stage d’été mémorable, où il nous était interdit de parler articulé autrement que par onomatopées, où l’on devait faire le bébé qui pleure pour téter (excellent), etc, peu à peu les stagiaires « se causèrent aisément» en langue primaire de la grotte initiale, même lors des repas en commun ! Et en plus c’était marrant !
Je dis donc (je’gueu di’guy donc’goncque) essayons à force de cris, de mimiques, de gestes, de borborygmes et autres gargouillements, de bruits de vieilles portes rouillées, de hurlement de loups plus ou moins garous, de reconstituer la langue d’avant Babel ! Nous réussîmes ! Hourrharrah ! Lors commencèrent moult discours bidonnants, ou parfois de doux murmures charmants du genre : hmmem’me’mm = t’as de beaux yeux tussé, et quand enfin un paquebot affrété par Obama le grand en personne lui-même arriva, personne ne voulut quitter ce petit paradis où tous se parlaient, se comprenaient, s’aimaient, le problème de la nourriture ne s’étant jamais posé : poisson en abondance, shûshiîs japonais à gogo, baleines sans bosse donnant leur lait parfumé à la cannelle des mers du sud, sargasses spaghettis vert pomme en confiture au sel de mer! Une nourriture saine rigolote et variée !
Les enfants étaient ravis, pouvant enfin mettre librement les coudes sur la table et le dos et la bosse, alouette, de la baleine, les doigts dans le nez de l’éléphant, la bouche ouverte pour engloutir sans reproche offusqué d’un quidam quelconque à la bouche pincée, plus de télé certes ùhahhheu, ni de balle au pied youyouyou, encore moins de loto morpion…ici je n’ose, mais à la place la danse des pingouins palmés dont je vous ai déjà parlé ! Hilarant ! Llolll, hihi, meudeurreu ! Personne, oui non personne, ne quitta le grand radeau, certains pour continuer à ne plus payer d’impôts certes, d’autres se croyant en voyage de noces inespéré avec de nouveaux voisins (es) !!!
Je dois vous faire un aveu, je parle -depuis- plusieurs langues préhistoriques ou papoues et négrilles des montagnes de la lune!