Pour les longues vacances, nous décidâmes de visiter le Grand Sud de l’Ïle. Aussitôt dit, aussitôt presque fait, on embarque dans la petite auto, tout le monde même la nénène. Bébé jacques en premier ! Jeanie battant des mains. En route pour l’aventure… Car toute piste à Madagascar est un pied de nez au sort.
Après Fianarantsoa, je redoublais encore de douceur, conduisant en très bon père de famille (qui plus est nombreuse, fragile), bien doucement tout doucement, «amour amour» disait-on alors dans l’île rouge… j’eus envie de m’arrêter. Toute la chambrée dormait, paisible, confiante, ron ron flante même quant à Jacques pour le moins.
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Je pris délicatement une tangente dans la jungle de cactus, et m’arrêtais dans une clairière bien anodine au premier regard. Quand j’eus fini de mouiller le sable rouge… ne voulant point réveiller la Famille, je me mis à observer…

Peu à peu une vision enchanteresse, j’ose le mot merveilleux d’Alibabesque, m’enveloppa. Des plantes dites «xérophiles», toutes plus étranges les unes que les autres, avec des bras échevelés, déjantés oui c’est cela, qui gigotaient armés d’épines et de fleurs, de parfums de papillons et d’oiseaux ! Bizarre n’est-ce pas, tout en embaumant envoûtant cocoonant le pauvre voyageur.
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Un ballet d’insectes inconnus, de mille formes de mille couleurs, la nature voulant sans doute surprendre séduire par sa munificence. Et puis un maki facétieux à queue blanche semblant glisser entre les branches, sautait sur les cimes des grands buissons gardiens de la clairière…

Lors mon épouse descendit, lentement à son habitude, puis elle me dit : «merci Guy de m’avoir amené au paradis». Je réalisais alors qu’elle restait endormie, caressée dans un édredon de beauté; elle se réveilla enfin tout à fait et me prit la main. Et me redit alors «merci Guy», m’offrant une bouffée de bonheur vous savez ? Toute la famille sortit alors, sauf Jacques bébé joufflu qui continuait de bailler aux anges, par évidence, poing fermé, paisible.
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Nous reprîmes le chemin, encore plus lentement, bercés d’un silence délicieux, afin de ne pas déranger belle nature ? Moment de paradis sans doute qui nous avait été proposé ! Tiens quand je m’en souviens, il me semble que les feuilles et les plantes laissaient entendre une musique légère. Il n’y avait pas de vent, mais les ailes des oiseaux sans doute…

Ah, j’oubliais le papillon vert si rare si rare n’est-ce pas qui frôlait avec insistance les joues roses de mon épouse.
Guy
