humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Dans quel but, je vous le demande, un groupe de jeunes gens de province farfelue, dans une ville africaine de lumière fade, pouvait se retrouver les soirs de spleen existentiel ? Tout simplement pour se venger et sourire au dépend -pardon bien fait- d’une marâtre ingrate, intelligente (ce ci n’est pas un compliment), lointaine, arrogante, en faux col parisien, laquelle ayant décidé que le chemin le plus court entre deux points serait la ligne droite…..
Un ‘°point, c’est tout°’ ! C’est évident !
Tout cela, dans un univers courbe tu parles, où toutes les lignes parallèles se retouchent à l’horizon ! D’ailleurs le chemin le plus rapide reste la ligne brisée puisque tout le monde sait qu’un écolier va de chez lui au lycée de garçons en s’arrêtant quelque peu à la fenêtre de l’école des filles ! L’inverse peut toutefois à la rigueur se concevoir!
Mais à l’époque les filles attendaient le prince charmant, en tricotant sagement.
Tu savais cependant, ô grand Blaise Pascal, toi l’inventeur illustre du bel ordinateur et de la brouette de jardin, que pour aller de la maison jusqu’au poulailler en bout de terrain, le chemin tracé par les sabots de l’enfant suit les règles de la ligne papillon (ou bien pétale de fleur jolie si tu préfères) ! Par la suite sur une pelouse d’octobre encore drue du vieux lycée, les élèves pour aller d’un point essentiel précis défini (le robinet par exemple)… jusqu’au massif de paradis traçaient indéfectiblement un chemin tortueux.
En effet l’enfant paresseux de naissance et de nos jours d’éducation, évite soigneusement en marchant la moindre bosse, la touffe la plus légère, le vers de terre grimaçant !
A la fin l’allée devient délicieusement sinueuse, mignonnement imprévue, poétique atchoum, et quand une sente semble enfin tracée, la force de l’habitude combat la logique la plus imperturbable, sûre d’elle et fière ! Tenace tu retraces vingt fois le chemin…..
L’écolier instinctif, hirondelle hérisson, reconstruit vingt et une fois à ses goûts l’allée première.
Tu dis, regarde : mais cette route enfin n’est pas droite ? Elle a des cornes !
L’enfant poète répond : elle est pourtant la plus simple -la plus cool -la plus jolie !
Le philosophe géomètre prend alors son décamètre en platine électro - magnétique, dessine la droite idéale. Lors le Facteur Cheval s’envole furieux de son palais de la Drôme, accourt au galop, bouscule le savant ahuri … lequel doit renoncer pour un temps à sa superbe !
Gageons tout de même qu’il recommencera.
L’enfant têtu et désobéissant, de bon sens cependant, refuse d’ailleurs *depuis toujours - depuis la nuit des temps* de s’engager sur l’autoroute des plus grands, sauf l’imbécile, le vilain, le méchant !
Vous savez tous que la terre n’est pas tout à fait ronde…
Donc comment voulez-vous qu’elle soit droite !
GUY