laissait passer la lumière du soleil rose ! Vivait en ces lieux un prince exilé de France par le bon roi Louis.
Il épousa en premières noces une marquise d’aventure, bien dotée, laquelle disparut un jour dans les bois où elle musardait ! Floûch ! Il épousa en secondes noces une belle iroquoise, qui l’abandonna de même, on ne sait pourquoi ! Floâch ! En troisièmes noces, ce fut une bergère, qui gardait ses moutons aux pieds du château en cristal devenu bleu, il voulut son bonheur, elle aimait cependant d'amour tendre son ami Pierre parti au loin chasser le castor, l’ours et le saumon sauvage ! Pour lui faire oublier son coureur des bois vagabond, enchanter sa solitude romantique, il se mit en recherche d’un poète platonique un peu vieux, comme cela il garderait plus aisément sa belle, et pourrait manger en paix ses agneaux blancs sans qu’elle ne pleure ni ne boude ! Ouf ‘ch!
Il ramena donc du Québec ou de Gaspésie un poète troubadour qui contait des histoires étranges, tristes atchoum, de sorcières musiciennes, de baleines aux yeux bleux !
Il n’était guère beau, avait les poches vides, une guitare trouée, il portait un nom étrange popo, tu sais, c’n’est pas commun. Même chez les sauvages.
La bergère écheulée, car son prince officiel chassait souvent l’élan, tomba amoureuse du poète, normal, mais -ciel- elle aimait aussi son mari, et toujours son ami pierre ; un dilemme cornouillien ! Un jour un fils naquit -ô miracle -ô merveille -ô château !
Mais qui donc est le père se demandait la reine mère affolée!
Le nez certes du petit Pierre, les yeux verts de Popo, les oreilles de sa Mère, le teint rouge d’un Iroquois… Tout de même, une fossette princière - un regard narquois…
On le prénomma : Marcel, pourquoi ? pasque marcel c’est plus joli n’est-ce pas !
Un jour l’ami Pierrot revint, guilleret, avec un collier de plumes bariolées, voulut garder l’enfant -que ' pour lui- le bandit. Personne, personne ne céda, personne !
Moralité : un enfant n’appartient qu’à lui-même, aime celle (celui) qui l’aime ; dans le Pacifique Sud le Papou, bien plus civilisé qu’on ne le croie, donne volontiers son enfant au voisin si celui-ci le lui demande popoliment !
Il n’y a jamais d’orphelins là-bas ! Ni de bossu, ni de vilain, de plus les méchants disent -chut- que l’on les mange en vinaigrette comme tit’agneau blanc !
Guy, en l’honneur de Prima enfermée pauvre petite dans un donjon médicalisé, avec une lucarne gothique d’où l’on voit passer -ô ciel -ô merveille -ô mon dieu, goélettes et moélands.