Une vision politique bien courte cependant il faut l’avouer, une légère ouverture musicale toutefois en domiré, un rien d’âme romantique à la Verlaine sorti tout de même de prison, un esprit boîtilleux de pauvre jardinier de rez de jardin, un ti’qq’chose de courtois moyen’âgeux certes pourtant bien ridicule par les temps qui courent, un rêve enfin un tantinet don’quichot’ien de philosophe amoureux à la Jacques Brel… Conscient de sa petitesse sinon de sa médiocrité, Guy décida un jour de se taire… pour un temps, bien fait diront les jaloux, et d’écouter parler le vent. Voici donc les aventures d’un petit homme en vieux chapeau de paille sur la grand’plage…
un soir d’Octobre indien. Tout a débuté par une petite bouteille à la mer bien fermée curieusement échouée sur le sable du bel automne mouillé ! Incrusté de coquillages gourmands, de graffitis ciselés, le verre épais avait cependant résisté à l’océan ! Muni d’un tire bouchon à manivelle de son invention, le jardinier têtu ouvrit méticuleusement la chose, appela son ami musicien lequel mit des galets pour en faire un maracas des îles normal, le noble chevalier qui passait par là trouva miracle hosanna ô’ciel ô ma tendre dulcinée un mot en parchemin ancien tout au fond très froissé, d’une écriture ronde doucement féminine il semblait, mais hélas illisible. Le poète bouleversé imagina sans preuve aucune un message d’hier désespéré de sa belle amie disparue un jour sans laisser d’adieu ni de larme ni d’adresse. Alors le philosophe inspiré rédigea un traité ardu sur les mystères de l’amour en mer. Le politique bien sûr ne dit rien qui puisse l’engager tout en sachant -ne le dirais. Donc popoguy pensif posa la bouteille ouverte dans la vitrine du salon et lors le monde ahuri étonné jamais content qui venait voir l’objet lui demandait pourquoi un ustensile aussi laid se trouvait si près de coquillages inconnus, de cristaux précieux, de poissons volants si joliment empaillés… Guy écrivit alors une pensée mûrement réfléchie pour arrêter toute polémique: « De tous mes objets précieux c’est le billet fané que je préfère… » Un grongnon lui dit encore : il n’y a pourtant rien d’écrit de lisible ou d’intéressant…
Guy méditatif répondit,
«c’est je crois le parfum fragile d’un amour perdu que je protège ainsi.»