humour poézie compassion, écrire au troisième degré,, parler d'Oran, et de tout
Le jardin au soleil doux
Amarrée au petit massif de marguerites blanches devenues gigantes par le biais du temps qui passe, la barque du Marinier s’est endormie. Le rameur immobile poursuit son rêve flou. Le voici adoubé architecte de Beauté. Il a découvert hier un vieux grimoire chez son libraire, l’ermite barbu inspiré, au titre mystérieux : « Le nombre d’or aux enfants raconté ».
Allongé dans la barque il rêve : si j’étais... je ferais... le grand livre... de l’Esthétique retrouvée dans le Jardin d’Eden, tu sais ! Première règle, il faudrait peindre les méandres de l’onde en ombre et lumière, puis imaginer un fil d’or rose pour ne pas s’égarer : Lors le ruisseau léger sinueux, aux courbes gracieuses élégantes dansantes murmurerait dans la mousse des notes en fa dièse.
Fa est fleur jolie, fruit de la passion, et puis dièse pure musique, n’est-ce pas ? A chaque échappée de clair obscur, des volutes parfumées flotteraient dans un tableau de nature délicate -instructif néanmoins. Les détails fouillés seraient en dentelle étonnée.
Et le chiffre d’or en tout cela direz-vous ? Il serait clef imaginaire pour dessiner la part d’amour et d’émerveillement en toute chose, à chaque méandre du Ruisseau ! Pasque quand le ciel la mousse et l’eau se fondent en harmonie, la terre se transforme en tableau vivant !
La lyre alors se métamorphose en fin pinceau, les notes deviennent mots gentils, les flaveurs caressent la langue, le nombre d’or enchante l’esprit et le marinier fouilleur de rêve ouvre enfin tout dret son regard éperdu sur l’immense beauté du monde…
Et... l’homme dans la barque se met à chanter !
GUY